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Problèmes de santé et classes de plus de 15 élèves : des réponses à vos questions

Une petite fille avec un sac à dos vue de dos alors qu'elle entre dans la cafétéria d'une école.

Le déconfinement scolaire présente plusieurs défis.

Photo : Getty Images / SDI Productions

Les plans de retour à l’école primaire et de réouverture des garderies ont été présentés lundi par le gouvernement Legault, ce qui a suscité de nombreuses questions. Voici des réponses à quelques-unes d’entre elles soumises à l’adresse temoin@radio-canada.ca (Nouvelle fenêtre).


Il a été mentionné à plusieurs reprises que les enfants, ou leurs parents, qui ont des problèmes de santé devraient pour le moment s’abstenir de retourner à l’école ou à la garderie lors de la réouverture. Que considère-t-on comme des problèmes de santé mettant à risque?

Carole Gesseney, Myriam Ariey-Jouglard, Jennifer Robillard et autres

Plusieurs cas de figure sur l'état de santé d'enfants, de parents ou de membres du personnel de l'éducation nous ont été soumis.

Pour ce qui est de l’état de santé des enfants, le ministère de la Santé précise qu’il n’existe pas de liste de maladies chroniques à laquelle se référer. Le ministère se fie aux recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) qui cible les patients ayant un état morbide "non contrôlé" ou "compliqué", et donc assez grave pour nécessiter un suivi médical régulier ou des soins hospitaliers comme étant plus à risques face à la COVID-19.

Les troubles cardiaques ou pulmonaires chroniques, le diabète non contrôlé ou compliqué, les troubles hépatiques (y compris une cirrhose) et maladies rénales chroniques compliquées, l’hypertension artérielle non contrôlée ou compliquée et une obésité importante (IMC plus grand que 40) sont également des facteurs de risque face à la COVID-19.

Dans tous les cas, il est conseillé de consulter son médecin de famille si l'état de santé de son enfant en lien avec la COVID-19 suscite des préoccupations.

Du côté du ministère de l’Éducation, on précise que toute personne, élève ou membre du personnel, qui présente une vulnérabilité sur le plan de la santé (maladie chronique, déficit immunitaire grave, grossesse ou allaitement, personne âgée de 60 ans ou plus) ne devrait pas retourner à l’école jusqu’à nouvel ordre.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) ajoute, en ce qui a trait aux membres du personnel scolaire, qu’il appartient à l'employeur d'évaluer si leur présence au travail est nécessaire.

Dans le cas des parents ou des proches d’enfants, si toute personne vivant au [même] domicile présente une vulnérabilité sur le plan de la santé, il est suggéré que l'enfant ne retourne pas à l’école.

Pourquoi risquer de briser la stabilité si le virus se propage à nouveau pour le peu de bénéfices réels d'une telle réouverture?

Anonyme

Le premier ministre François Legault a énuméré cinq raisons motivant la décision du gouvernement de rouvrir les écoles primaires et les garderies au Québec :

  • La volonté d'assurer un bon développement cognitif aux enfants, particulièrement à ceux ayant des difficultés d’apprentissage;
  • Les enfants courent peu de risques de développer des complications graves s’ils contractent la COVID-19;
  • La situation dans les hôpitaux de la province est maîtrisée, et ceux-ci auront la capacité d’absorber une hausse de cas;
  • L'existence d'un consensus scientifique, selon M. Legault, pour rouvrir ces écoles sans que cela pose un risque pour le reste de la population si les mesures de distanciation physique sont respectées;
  • La volonté d'assurer un « retour progressif à la normale » étant donné qu’un vaccin ne sera pas développé avant 12 à 18 mois.

Cette position est similaire à celle mise de l'avant la semaine dernière par l’Association des pédiatres du Québec.

Toutefois, la décision de rouvrir les écoles primaires et les garderies est subordonnée à la stabilité de la situation dans la province quant à la propagation de la COVID-19.


GARDERIES

Est-ce que les parents qui choisissent de garder leur enfant à la maison plutôt que de les retourner à la garderie pourront conserver la PCU?

Anonyme

Une réponse à cette question a été donnée par notre journaliste économique Gérald Fillion lors de son segment quotidien sur les ondes de RDI. La Prestation canadienne d'urgence (PCU) est disponible pour les personnes qui ont des enfants à charge et dont les établissements (écoles, garderies) sont fermés. Si l’établissement est ouvert, en principe et de la manière dont le programme est expliqué, vous n’auriez plus accès à la PCU.

Des ajustements pourraient être annoncés, d'autant que la PCU est un programme fédéral et que la décision de rouvrir les garderies a été prise par le gouvernement du Québec.

Les parents auront-ils à payer pour garder la place de leurs enfants s'ils n’utilisent pas les services de garde?

Marjolaine Guay et autres

Les parents qui choisiront de ne pas renvoyer leur enfant au service de garde verront leur place y être maintenue sans frais jusqu’au 1er septembre.

Pour les autres qui décideront d’y envoyer leur enfant, la tarification sera la même qu’à l’habitude.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a confirmé que Québec compensera les pertes que subiront les garderies, CPE et responsables de milieux familiaux lorsque les parents garderont leur enfant à la maison.


ÉCOLES PRIMAIRES

Concernant la limite de 15 élèves par classe, où seront ceux qui seront « de trop »? Avec un autre enseignant?

Denise Lemieux Pelletier

Le ministère de l’Éducation indique attendre avant tout de voir quelle sera la proportion d’élèves qui retournera sur les bancs d’école lors de la réouverture des établissements. De plus, un porte-parole précise que, pour respecter les directives de la santé publique, les commissions scolaires pourront regrouper les élèves selon leur groupe habituel, par classes-cycles ou par groupes multiniveaux.

Dans ce scénario, le ministère dit faire confiance aux équipes des écoles pour la répartition des élèves puisqu’elles connaissent les élèves mieux que quiconque.

Comment pourra-t-on gérer les déplacements dans une école en respectant les deux mètres de distance?

Isabelle Roy

Les déplacements dans l’école devront être limités, indique le gouvernement, et il faudra minimiser les moments où tous les groupes se déplacent en même temps. Il est d'ailleurs suggéré aux écoles d’opter pour des horaires décalés.

Un même groupe aura également un local réservé à l'enseignement, aux dîners et au service de garde.

Peut-on décider de renvoyer notre enfant à l’école à tout moment après le 11 mai?

Melissa Grenier

Le gouvernement indique sur son site Internet que les parents peuvent prendre cette décision après le 11 mai, ou le 19 mai dans la région de Montréal, mais qu’ils devront en informer la direction de leur établissement scolaire dans des délais raisonnables pour permettre l’organisation du transport scolaire et l’encadrement pédagogique dans les classes.

De plus, les parents devront dans la mesure du possible maintenir leur enfant à l’école jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Est-ce qu'il y a eu des précisions concernant le retour au travail des enseignantes enceintes?

Karine Deschesnes

La grossesse est considérée comme une vulnérabilité sur le plan de la santé par Québec, et la présence des femmes enceintes à l’école n’est donc pas recommandée avant septembre 2020.

Je suis enseignante au primaire et j’ai 66 ans, suis-je obligée de reprendre le travail?

Soraya Boutaouche

Puisqu'ils appartiennent à la catégorie des personnes à risque face à la COVID-19, les enseignants de plus de 60 ans devront assurer une prestation de travail à partir de la maison, a précisé lundi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Pour des raisons de santé et de sécurité, ces personnes sont encouragées à retarder leur retour à l’école jusqu’à septembre 2020, ajoute-t-on sur le site Internet du gouvernement.

Les spécialistes des cours d’anglais, d’éducation physique ou de musique voient plus de 75 élèves dans les classes par jour et sont donc plus à risque. Seront-ils tenus d’avoir autant d’élèves?

Caroline Beaudoin

Le gouvernement n'a pas abordé précisément l'enjeu de ces cours spécialisés.

Par contre, les autorités ont dit ne pas s’attendre, pour plusieurs raisons, à ce que tous les élèves retournent à l’école dès le 11 ou le 19 mai.

De plus, M. Legault a précisé qu'il fallait limiter le nombre maximal d'élèves par classe à 15 pour que les enseignants puissent maintenir une distance de deux mètres entre les enfants.

L’idée d’utiliser les écoles secondaires inoccupées pour y accueillir des élèves du primaire a aussi été évoquée.


ÉCOLES SECONDAIRES, CÉGEPS, UNIVERSITÉS ET AUTRES

Est-ce possible de nous expliquer la pertinence de rouvrir les écoles primaires et non les écoles secondaires, les cégeps et les universités?

Dominique Allaire

François Legault a expliqué que ces établissements scolaires ne sont pas rouverts, car les étudiants des écoles secondaires, des cégeps et des universités utilisent beaucoup plus les transports en commun, ce qui complique le respect des consignes de distanciation physique. Il serait également plus facile pour eux de continuer à suivre des cours à distance.

Qu’en est-il des étudiants au secondaire? Dans la situation actuelle, que va-t-il advenir de ceux qui n’ont pas terminé leur année et qui ne sont pas assurés de réussir : vont-ils devoir reprendre leur année complète ou vont-ils pouvoir obtenir leur diplôme?

Renée Sabourin et autres

En conférence de presse lundi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a rappelé qu’au moment de renvoyer les enfants à la maison au début de la pandémie, on en était à environ 65 % de l'année scolaire et que les enseignants avaient alors suffisamment d’information pour porter un jugement professionnel sur les dossiers de leurs élèves.

Pour les élèves en difficulté, le ministère permettra aux parents de récupérer sur invitation du matériel pédagogique, dont des tablettes et des ordinateurs. Les enseignants pourront donc continuer d’évaluer les élèves et poser un jugement à la lumière de leur implication à distance. M. Roberge a répété que l’année scolaire n’[était] pas terminée au secondaire et que les professeurs [...] n'étaient pas en congé, les étudiants non plus.

Qu’en est-il des centres de formation professionnelle et de la formation générale aux adultes?

Sabrina Gagné et autres

Dans le cas des centres de formation professionnelle, il sera possible d’organiser des demi-classes pour des apprentissages techniques, des ateliers de soudure par exemple, a expliqué le ministre Roberge. La distanciation de deux mètres devra être respectée dans le cadre de ces ateliers.

Pour ce qui est de la formation générale aux adultes, elle demeurera fermée.

Qu'en est-il des petits rassemblements de jeunes adultes qui ne fréquentent pas de personnes âgées? Pourrons-nous nous rassembler sans craindre une contravention? Nous aimerions aussi recommencer à vivre.

Katia Lefebvre et autres

Le gouvernement du Québec a l’intention de maintenir l’interdiction de rassemblement jusqu’à nouvel ordre. François Legault a toutefois indiqué que de nouvelles consignes seraient annoncées mardi en lien avec une réouverture graduelle de l’économie.

De son côté, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda a tenu à préciser que le déconfinement progressif n’était pas un synonyme de pouvoir commencer à faire n’importe quoi, puisque les populations à risque demeuraient à risque. Ce ne sera pas encore le temps de faire des partys, a-t-il déclaré.

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