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Aéroport fantôme : visite de l'aérogare Jean-Lesage à l'ère de la COVID-19

Un avion du transporteur Air Transat stationné sur le tarmac de l'aéroport de Québec jusqu'à nouvel ordre.

Un avion du transporteur Air Transat stationné sur le tarmac de l'aéroport de Québec jusqu'à nouvel ordre.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Pierre-Alexandre Bolduc

L'ambiance est déstabilisante. Presque malaisante. Un calme plat. On a un peu l'impression d'être dans un film sur la fin du monde. De vieux classiques pop rocks jouent à la radio et tentent de couvrir le bruit des néons dans l'aéroport Jean-Lesage. Du moins, de ceux qui sont allumés. Les deux tiers de la superficie de l'aérogare sont dans le noir question d'économiser sur les coûts d'électricité... et de ménage.

La COVID-19 est arrivée au pays par l'entremise des aéroports et ses conséquences pourraient difficilement être pires. Les chiffres sont brutaux. À l'image des autres aéroports au Canada, l'achalandage à Québec a chuté de presque 99 % en raison de la pandémie. Au lieu des 3000 ou 4000 voyageurs quotidiens, il y a quelques dizaines de personnes qui arrivent ou partent en avion chaque jour.

Lundi, aux points de fouille, on attendait une vingtaine de personnes au total. Pour la plupart, ce sont des travailleurs essentiels qui doivent se rendre dans d'autres régions du Québec ou dans le Grand Nord pour travailler dans des mines.

Si on a 30 passagers, ça va être une bonne journée. C'est souvent entre 10 et 20 de ce temps-ci... depuis quelques semaines.

Marc-André Bédard, vice-président exploitation à l'aéroport Jean-Lesage
L'ambiance dans l'aéroport est déstabilisante. Il n'y a qu'une vingtaine de voyageurs par jour qui prennent l'avion depuis la fermeture des frontières. La plupart sont des travailleurs essentiels.

L'ambiance dans l'aéroport Jean-Lesage est déstabilisante. Il n'y a qu'une vingtaine de voyageurs par jour qui prennent l'avion depuis la fermeture des frontières. La plupart sont des travailleurs essentiels.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Les revenus des aéroports ont fondu en proportion avec le nombre de voyageurs. Le défi pour les administrateurs est donc de réduire les coûts, pourvu que ce soit possible.

On a réussi à diminuer les coûts de façon assez significative, un peu plus de 50 %. Donc vous comprendrez qu'on est loin de faire nos frais. Mais l'aéroport, étant un service essentiel, doit rester ouvert. Il y a des avions-ambulances, il y a des avions-citernes. Il y a toutes sortes d'opérations essentielles comme ça sur un site aéroportuaire.

Marc-André Bédard est le vice-président exploitation à l'aéroport de Québec. La chute du nombre de vols et de voyageurs de presque 99 % est un défi de gestion de taille.

Marc-André Bédard est le vice-président exploitation à l'aéroport Jean-Lesage. La chute du nombre de voyageurs de presque 99 % est un défi de gestion de taille.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Une aérogare trois fois plus petite

Pour accueillir la dizaine de voyageurs par jour, un seul point de fouille est en fonction. C'est celui normalement consacré exclusivement aux employés et au personnel aérien. Les employés qui vous font signe de passer à travers le détecteur de métal et derrière leurs écrans portent tous des masques. En fait, c'est le seul endroit dans tout l'aéroport où le port du masque est obligatoire.

Le point de contrôle et de fouille est le seul endroit à l'aéroport de Québec où le port du masque est obligatoire. Quelles seront les nouvelles normes après le déconfinement? Personne ne sait encore. Transports Canada donnera ses directives éventuellement.

Le point de contrôle et de fouille est le seul endroit à l'aéroport Jean-Lesage où le port du masque est obligatoire. Quelles seront les nouvelles normes après le déconfinement? Personne ne sait encore. Transports Canada donnera ses directives éventuellement.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

La direction de l'aéroport a fermé les deux tiers de l'aérogare pour économiser.

Diminuer la zone comme ça nous permet de réduire de façon considérable nos frais d'opération. Donc, évidemment, réduire les coûts d'énergie, réduire les rondes de sécurité. Réduire les frais de ménage.

L'aéroport de Québec est une entreprise privée. Elle a décidé de garder au travail ses 150 employés en profitant des programmes d'aide du gouvernement fédéral.

Des avions cloués au sol

Sur le tarmac, le paysage est aussi inhabituel qu'à l'intérieur. Plusieurs avions, des compagnies aériennes Air Canada et Air Transat notamment, ont carrément été entreposés. Des bâches recouvrent les moteurs pour les protéger ou des élingues empêchent les hélices de tourner au vent sur certains appareils.

Des bâches ont été installées pour protéger les moteurs des avions. De temps en temps, des tests d'entretien sont faits pour faire tourner les moteurs en attendant le retour dans le ciel.

Des bâches ont été installées pour protéger les moteurs des avions. De temps en temps, des tests d'entretien sont faits pour faire tourner les moteurs en attendant le retour dans le ciel.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Les compagnies aériennes, évidemment, leurs parcs d'aéronefs est fait pour voler. Donc, ils ne sont pas habitués.

Marc-André Bédard, vice-président exploitation à l'aéroport Jean-Lesage

Le modèle d'affaires des compagnies aériennes est conçu pour que les avions, dont la valeur s'élève à plusieurs millions de dollars, passent le moins de temps possible au sol. Autrement dit, les aéronefs doivent être dans les airs pour être rentables.

Sans dévoiler les pertes subies, Air Transat confirme qu'il y a des coûts associés au maintien des appareils de plusieurs millions de dollars au sol. Et compte tenu de la suspension totale des vols de l'entreprise, Air Transat a un chiffre d'affaires nul en ce moment. Tous les coûts qui subsistent sont de la perte sèche. De l'argent qui ne sera jamais récupéré, selon le transporteur.

Des avions du transporteur Air Transat stationnés sur le tarmac de l'aéroport de Québec jusqu'à nouvel ordre.

Des avions du transporteur Air Transat stationnés sur le tarmac de l'aéroport Jean-Lesage jusqu'à nouvel ordre.

Photo : Radio-Canada / Martin Labbé

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