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Été nuageux en vue pour l’industrie du tourisme au Manitoba

Une grande maison de couleur jaune clair, un jour d'été ensoleillé.

La maison Gabrielle-Roy est ouverte aux visiteurs depuis 2003. (archives)

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Radio-Canada

Les acteurs du tourisme savent que la saison estivale est gâchée pour cette année. Dans les musées comme dans les hôtels, les pertes sont déjà grandes, et les perspectives pour les mois qui viennent sont loin d’être réjouissantes.

Les beaux jours reviennent au Manitoba. Toutefois, pour les acteurs de l’industrie du tourisme, le ciel est toujours aussi sombre.

L'impact est sévère pour nos membres, laisse tomber Jane Dalley, conservatrice de l’Association des musées du Manitoba.

L’organisation représente un peu plus de 200 musées manitobains. Depuis le début de la pandémie, tous ont fermé leurs portes. L’association a mené un sondage auprès de ses membres pour déterminer plus précisément l’importance de l’impact de la pandémie.

Il en ressort qu’ils ont perdu les trois quarts de leurs revenus. Le printemps et l’été sont vraiment des saisons importantes pour nous, souligne Jane Dalley.

Pour nous, la saison va être vite résumée, lâche Sébastien Gaillard, directeur de la maison Gabrielle-Roy. On ne pourra pas ouvrir en mai ni en juin. Peut-être en juillet, mais ensuite, il y a un tournage de prévu… Et il faudra adapter les heures.

Comme d’autres musées, la maison Gabrielle-Roy fonctionne à plein régime pendant la période estivale, moment où le quartier de Saint-Boniface attire le plus de touristes, principalement québécois, selon les différents acteurs.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Ni groupes scolaires ni touristes

En temps normal, les choses commencent à s’accélérer au mois d’avril avec les visites des groupes scolaires.

C’est ensuite les touristes de la province et de l'ensemble du pays qui prennent le relais pendant l’été. L’an dernier, la maison Gabrielle-Roy a accueilli 670 personnes. Mais, cet été, ces visites sont compromises avec la crise sanitaire actuelle.

C’est aussi ce que pense la directrice du Musée de Saint-Boniface, Vania Gagnon. Je ne peux pas donner de chiffres exacts, mais nous allons enregistrer des pertes significatives, d’abord avec les programmes scolaires et ensuite avec les touristes qui ne voyageront pas, explique la directrice de l’établissement, fermé depuis le 13 mars.

La directrice générale du Musée de l’agriculture du Manitoba, Anaïs Biernat, dresse le même constat. L’été est une saison cruciale pour ce musée, entre les groupes scolaires et les touristes, mais aussi avec le festival qui se déroule à la fin du mois de juillet. Celui-ci accueille environ 12 000 personnes.

Là aussi, la pandémie remet en question la tenue du festival. L’équipe du musée est en pleine réflexion pour savoir s’il pourra être maintenu et dans quelles conditions continuer l’année.

On veut s’assurer de prendre la bonne décision et de voir comment s'adapter pour proposer des expériences à nos visiteurs. On veut être financièrement capable de terminer l’année dans des conditions acceptables, explique Anaïs Biernat.

Se réinventer pour continuer d’exister

Pour minimiser l’impact de cette crise, les musées évaluent la possibilité d'élaborer d’autres stratégies. En début d’année déjà, la maison Gabrielle-Roy a lancé des visites virtuelles. C’est une aubaine en temps de crise. C’est une plus-value pour le musée, c’est une bonne approche, se réjouit Sébastien Gaillard.

Le Musée de Saint-Boniface et le Musée de l’agriculture du Manitoba, situé à Austin, élaborent eux aussi des stratégies pour continuer à offrir un minimum de contenu.

Nous sommes en train de mettre en place notre présence en ligne avec des capsules vidéo qui vont être bientôt tournées. Aussi, nous souhaitons offrir des programmes pour les enfants, précise Vania Gagnon.

Moins de monde dans les hôtels

Dans l’industrie hôtelière, la saison estivale s’annonce tout aussi difficile. L’impact de la COVID-19 sur le secteur est déjà grand. De nombreux employés ont été licenciés.

Cet été ne ressemblera en rien à ce que nous avons connu par le passé, annonce le président et directeur général de l’Association des hôtels du Manitoba, Scott Jocelyn.

Tourisme Riel ressent lui aussi l’impact de la COVID-19 sur ce début de saison touristique. L’an dernier, le bureau d’information a accueilli entre 6000 et 8000 visiteurs, selon la directrice.

Mais cette année, même s’il rouvre, Michelle Gervais doute que les visiteurs soient au rendez-vous. La saison est pas mal foutue parce que les gens ne voyageront pas comme ils ont l’habitude de le faire, soutient-elle.

Tourisme Riel comptait aussi beaucoup sur les festivités du 150e anniversaire de la province pour lancer sa stratégie de développement du tourisme francophone et amener plus de visiteurs à séjourner à Saint-Boniface.

Les reports sont un coup dur, mais Michelle Gervais préfère rester positive. Maintenant, on se concentre vraiment sur les projets pour l’année prochaine. Ça nous donne du temps de fixer de beaux projets et on espère que l’année prochaine, ce sera un grand rassemblement, explique-t-elle.

Quant à l’éventualité d’une possible réouverture, aussi bien le secteur culturel que le secteur hôtelier restent prudents. Il faudra mettre en place plusieurs dispositions pour assurer la sécurité des consommateurs et des visiteurs. Les conséquences se feront sentir encore longtemps, selon les acteurs de l'industrie touristique.

Des chiffres

Destination Canada a commandé un rapport à l'agence de recherche internationale sur l'économie du tourisme Tourism Economics, pour estimer les conséquences qu’aura l’épidémie de COVID-19 sur l’industrie canadienne du tourisme, en raison de la diminution des voyages au pays. Plusieurs scénarios ont été établis par l’organisation.

Dans le scénario de référence, le rapport prévoit une chute des dépenses touristiques à 54,9 milliards de dollars pour cette année, soit une baisse de 33 % par rapport à 2019, à l’échelle du Canada.

Pour le Manitoba, celles-ci passeraient à 1,7 milliard de dollars en 2020, soit une baisse de 35 % par rapport à 2019.

Dans le scénario le plus pessimiste, la chute des dépenses touristiques est estimée à 34,8 milliards de dollars en 2020, soit une baisse de 58 % par rapport à 2019, pour le Canada.

Pour le Manitoba, les dépenses chuteraient jusqu'à atteindre 1 milliard de dollars en 2020, soit une baisse de 60 % par rapport à 2019.

Source : Tourism Economics pour Destination Canada

Pour consulter le rapport en entier : c'est ICI (Nouvelle fenêtre).

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