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Foodora cesse ses opérations au Canada

Un homme qui porte un gros sac à dos roule à vélo.

Un livreur de Foodora se promène à vélo dans les rues de Toronto, le 27 février 2020.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Quelques mois seulement après que le tribunal du travail de l'Ontario ait autorisé la syndicalisation de ses livreurs, le service de livraison de nourriture Foodora annonce la fin de ses opérations au Canada.

Dans un communiqué, le directeur général de Foodora Canada, David Albert, soutient que le contexte canadien de la livraison de nourriture est très compétitif et que l'entreprise n'est pas parvenue à atteindre un niveau de rentabilité soutenable à long terme.

Foodora cessera donc ses opérations au pays le 11 mai prochain et affirme travailler à l'élaboration d’un plan pour venir en aide à ses employés et ses partenaires.

Dans son communiqué, l’entreprise qualifie également de saturé le marché canadien de la livraison de nourriture.

Un syndicat en vue

Le tribunal du travail de l'Ontario avait autorisé la syndicalisation des livreurs de l'entreprise en février 2020. Une première pour un service de livraison de nourriture au Canada.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), qui travaillait à unir les travailleurs de Foodora, a émis un communiqué en soirée lundi.

Foodora et Delivery Hero doivent assumer leurs responsabilités envers les livreurs et livreuses, qui leur ont rapporté des millions de dollars et qui doivent être traités avec équité et dignité. En pleine pandémie de COVID-19, elles font passer les profits avant les vies humaines, explique la présidente nationale du STTP Jan Simpson dans le communiqué. Nous examinons les recours possibles devant les tribunaux.

Les services de livraison très occupés

Brice Sopher, qui travaille comme livreur pour Foodora depuis l’arrivée du service de livraison à Toronto il y a 5 ans, affirme avoir constaté au cours des derniers mois une diminution du nombre de commandes à livrer pour Foodora.

Il affirme ne pas craindre pour son gagne-pain puisqu'en ce moment les autres services de livraison pour lesquels il travaille sont débordés.

Selon lui l'approche d'Uber Eats, qui offre des salaires plus élevés en période d'achalandage pour encourager les livreurs à travailler a fait en sorte de réduire la fiabilité du service de Foodora.

Foodora est une division de l’entreprise allemande Delivery Hero. La compagnie possède des services de livraison dans 530 villes à travers le monde.

Un choix corporatif, croit un expert

Pourtant, le professeur en distribution et politique agroalimentaire à l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, croit qu’il s’agit plutôt d’un simple choix corporatif. Selon lui, le marché canadien de la livraison alimentaire est au contraire très intéressant. Le professeur Charlebois a d’ailleurs mené une étude qui évaluait la valeur du marché de la livraison de nourriture à plus de 1,5 milliard de dollars en début d’année.

Une valeur qui, selon lui, est sans doute gonflée par la hausse de la demande dans les circonstances de la COVID-19 en ce moment.

Foodora a pris la décision qu’un syndicat ne cadre pas avec son modèle d’affaires, tout simplement.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire

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