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Pollution atmosphérique : vers une après-pandémie plus verte?

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En provoquant la fermeture temporaire d'industries et de commerces, le coronavirus a aussi entraîné une baisse de la pollution.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Depuis le début de la pandémie et le confinement qui s'en est suivi, des environnementalistes se réjouissent de la baisse de la pollution atmosphérique qu'entraîne le ralentissement de l'activité humaine. Comment provoquer des changements environnementaux durables?

Selon la responsable de projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, Louise Hénault Éthier, il serait regrettable de ne pas tirer de leçon de la pandémie pour changer l'évolution de la pollution.

« La première chose est de se dire que, par nos actions, nos décisions de société, on est capable de lutter, notamment contre la pollution atmosphérique, et qu'on peut voir les résultats assez rapidement. Maintenant, on s'entend que ces changements ont été assez draconiens parce qu'il a fallu quasiment un confinement et une interruption presque totale de notre économie. Alors, il ne faut pas se dire que c'est la seule façon de lutter contre cette pollution-là », affirme-t-elle.

Plus de place au transport actif?

Louise Hénault Éthier estime qu'on peut voir dans certaines initiatives récentes une occasion d'agir pour le mieux.

On a vu des villes décider d'accorder plus de place aux piétons afin de permettre de se déplacer tout en respectant la distanciation sociale, fait-elle remarquer.

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Louise Hénault-Éthier

Photo : Gracieuseté

Winnipeg fait partie de ces villes. L'administration municipale a jusqu'ici réservé quatre rues au transport actif, et cinq autres s'y ajouteront d'ici la fin de mai.

Ce signal positif est cependant jugé insuffisant par Anders Swanson. Selon le directeur général de Winnipeg Trails, un organisme qui fait la promotion du transport actif, Winnipeg peut faire mieux.

Je vois qu'on annonce, par exemple, 50 kilomètres de pistes cyclables à Paris, et 350 kilomètres, à Lima, au Pérou. Winnipeg, ce n'est qu'un orteil dans l'eau, soutient-il.

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Le directeur général de Winnipeg Trails, Anders Swanson, dit que la Ville de Winnipeg pourrait offrir plus de pistes cyclables.

Photo : Radio-Canada

Louise Hénault-Éthier invite les gouvernements qui feront des plans de relance économique à investir davantage dans les transports en commun et à les rendre plus confortables pour les usagers.

Les gens veulent des transports qui répondent à leurs besoins. Il n'y a personne qui aime avoir l'air d'une sardine à l'heure de pointe dans un autobus ou un wagon de métro. Les gouvernements doivent donc continuer à investir pour faire en sorte que les gens veuillent davantage utiliser les transports en commun, dit-elle.

La chute du prix du pétrole

Dans la plupart des pays du monde, la pandémie a coïncidé avec la dégringolade du prix du baril de pétrole. Cette baisse ne risque-t-elle pas de pousser les consommateurs à consommer plus d'essence?

Mme Hénault-Éthier est d'avis contraire. Selon elle, au terme de cette crise sanitaire, les consommateurs seront même plus raisonnables.

Elle croit que la pandémie aura fait mal au budget des familles et que les gens ne voudront pas investir dans un véhicule utilitaire qui consomme beaucoup de carburant seulement parce que l'essence n'est pas chère.

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Selon Louise Hénault-Éthier, la baisse du prix du pétrole ne devrait pas inciter les consommateurs à acheter des véhicules qui consomment beaucoup d'essence.

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

On croit que la réduction du prix du pétrole va inciter les gens à rationaliser leur budget plutôt que de consommer davantage, dit Louise Hénault Éthier. Selon elle, il y aura bel et bien une avant et une après-pandémie en ce qui concerne les questions environnementales.

Elle croit que cette crise changera, par exemple, notre conception de la mondialisation. Elle s'attend à ce que de nombreux pays resserrent leurs politiques pour favoriser l'autonomie alimentaire et les industries locales.

Ces mesures vont favoriser le commerce de proximité et un élan de solidarité sociale en faisant travailler les gens dans notre communauté et, ainsi, avoir un partage des richesses. Tout ça sera nettement bénéfique pour l'environnement, prédit-elle.

Toutefois, pour réussir cette transition, les populations devront résister aux pressions qui pourront s'exercer pour un retour aux pratiques qui ont eu cours jusqu'à l'arrivée de la pandémie, conclut-elle.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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