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Les eaux arctiques, plus vulnérables que celles du reste du globe

Un bateau navigue des eaux glacées.

Un récent rapport fédéral conclut que les eaux de l’Arctique connaissent des changements plus importants que n’importe quelle autre étendue d’eau sur la planète. Cette image montre le brise-glace Amundsen de la Garde côtière canadienne, en septembre 2015.

Photo : Getty Images / Clément Sabourin/AFP

Radio-Canada

L’océan Arctique, qui subit déjà de plein fouet l’impact des changements climatiques, pourrait connaître des bouleversements beaucoup plus rapidement que n’importe quelle autre étendue d’eau sur le globe, conclut un récent rapport fédéral.

Le rapport, Les océans du Canada maintenant : Écosystèmes de l’Arctique (Nouvelle fenêtre), a été mené par des experts de Pêches et Océans Canada, d’Environnement et Changement climatique Canada et du gouvernement du Nunavut.

L’analyse s’appuie sur les connaissances traditionnelles des Inuit et fait état des changements observés sur les écosystèmes marins de l’Arctique canadien, notamment en ce qui concerne la glace des mers, les réseaux trophiques et les liens avec les environnements avoisinants.

Les ours polaires de l’ouest et du sud de la baie d’Hudson sont en moins bonne santé en raison du déclin de la glace de mer et de l’accès réduit à la glace de mer et aux phoques.

extrait du rapport
Un ours polaire et un ourson sur la banquise.

Les ours polaires dépendent de la glace des mers pour chasser leurs proies. Cette image montre des ours polaires près d’Alert, une station des Forces armées canadiennes dans l’Extrême-Arctique.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Course contre la montre

Le reste de l’écosystème va suivre le même rythme que les changements observés dans l’Arctique, affirme la biologiste marine de Pêches et Océans Canada Andrea Niemi. Il n’y aura pas de retard.

Elle ajoute que les changements ont lieu avant même que les scientifiques ne parviennent à documenter certains phénomènes.

Les gens perçoivent l’Arctique comme une région lointaine figée sous les glaces, mais énormément de changements y ont lieu.

Andrea Niemi, biologiste marine à Pêches et Océans Canada
Andrea Niemi en entrevue sur un quai devant le bateau des scientifiques

Andrea Niemi, biologiste marine au ministère Pêches et Océans

Photo : CBC/Mélanie Léger

Dans certaines parties de l’Arctique canadien, près de 60 % des espèces qu’on s’attend à trouver sur le plancher océanique n’ont pas encore été découvertes, écrivent les scientifiques.

Le rapport cite d’ailleurs la découverte, en 2013, de millions de vers tubicoles sur des volcans de boue actifs dans la partie canadienne de la mer de Beaufort. Ces vers, qui n’ont ni oeil ni estomac, utilisent les gaz des volcans comme source d’énergie grâce à un phénomène de chimiosynthèse.

Cette découverte concerne la première et la seule communauté chimiosynthétique vivante connue dans les eaux de l’Arctique canadien, peut-on lire dans l’analyse des chercheurs.

Conséquences multiples

L’effondrement des littoraux et des zones côtières restreint l’accès aux côtes tant pour les poissons et les mammifères marins que pour les populations inuit.

Au cours des 20 à 30 dernières années, les taux d’érosion ont plus que doublé dans plusieurs régions de la côte de la mer de Beaufort, montre le rapport.

L’analyse décrit aussi la présence accrue de certaines espèces marines, comme le capelan, l’épaulard ou le saumon du Pacifique.

Pour parvenir à ces différents constats, les scientifiques se sont appuyés sur les connaissances ancestrales des Inuit. Certaines d’entre elles ciblent des indicateurs écologiques importants pour la surveillance des espèces, comme la texture de la graisse des bélugas, qui donne un aperçu de leur état de santé.

Des pêcheurs de moules.

Les scientifiques ont fait appel aux Inuit pour dresser leurs différentes conclusions.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Manque de recherches sur le Nord

Le rapport met par ailleurs en lumière le manque criant de données à long terme sur l’Arctique canadien.

Andrea Niemi affirme qu’il est encore plus difficile de déterminer l’origine de certains changements si on ignore quel était le portrait initial de l’écosystème.

Elle ajoute que les populations inuit cherchent à mieux comprendre les bouleversements qui ont lieu dans leur environnement, mais que les scientifiques peinent parfois à répondre à leurs questions : Il nous arrive d’avoir les mains liées parce que nous ne pouvons pas expliquer les mécanismes à l'origine de ces changements.

Avec les informations de La Presse canadienne

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