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Hausse vertigineuse des appels au Centre antipoison depuis le début de la pandémie

Le reportage de Nicole Germain

Photo : iStock

Le nombre d'appels au Centre antipoison du Québec connaît une hausse vertigineuse depuis le début de la pandémie. Rassurez-vous, l'organisme ne signale cependant aucun cas d'individu ayant tenté de se guérir de la COVID-19 avec du désinfectant.

Le Centre antipoison a enregistré 559 cas d'exposition du 1er au 31 mars 2020, 133 cas de plus que l'an dernier, une augmentation de 31 %.

C'est une très grande majorité d'expositions accidentelles, assure Guillaume Bélair, infirmier clinicien au Centre.

Que ce soit un enfant qui atteint un produit et qui en ingère, qui en a sur la peau ou sur les yeux ou un adulte qui a respiré des vapeurs d'eau de Javel trop longtemps ou qui a fait des mélanges d'eau de Javel avec d'autres produits et ça, ça peut dégager des gaz très irritants pour les voies respiratoires, explique-t-il.

Dans 10 % des appels, les cas ont nécessité un séjour à l'hôpital.

Trump n'y change rien... au Québec

L'organisme n'a par ailleurs pas remarqué de hausse du nombre d'appels depuis la suggestion du président américain d'injecter du désinfectant pour traiter les personnes atteintes de la COVID-19.

Au Québec, je pense que les gens font la part des choses et suivent les recommandations de la santé publique plus que ce qu'ils entendent aux États-Unis en ce moment.

Guillaume Bélair, infirmier clinicien au Centre antipoison du Québec

Sehl Mellouli, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, mène de son côté une recherche sur la désinformation reliée à la COVID-19. Les propos de Donald Trump l'inquiètent.

Les conséquences peuvent être très graves. En tous cas on l'a vu, il s'est rétracté après pour dire que c'était sarcastique, commente M. Mellouli.

Selon lui, il est important que les autorités combattent vigoureusement les informations erronées.

Aux États-Unis, on a observé dans les derniers jours qu'il y avait une augmentation des personnes qui consommaient ces produits qui sont néfastes à la santé, explique M. Mellouli.

Gare à l'eau de Javel

Il faut garder les produits ménagers hors de la portée des enfants, rappelle de son côté Guillaume Bélair.

Il faut aussi éviter de changer les produits de contenant pour éviter une ingestion accidentelle, mais aussi pour retrouver rapidement les caractéristiques d'un liquide.

Certains ménages ont pu aussi préparer des solutions maison pour nettoyer depuis le début du confinement. L'idée est à proscrire, insiste le Centre antipoison du Québec.

Ça peut être surprenant. La nature du gaz qui peut sortir de ces mélanges-là peut être extrêmement irritante pour les voies respiratoires et les gens qui ont des problèmes pulmonaires pourraient en souffrir davantage, prévient M. Bélair.

Dans le moindre doute, si vous retrouvez votre enfant avec une bouteille dans ses mains et que vous ne savez pas s'il en a ingéré, vous pouvez nous appeler. On va aider les gens à évaluer, conclut-il.

Avec les informations de Nicole Germain

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