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8 ans plus tard, l'escalier monumental a besoin d'une cure de jeunesse

L'escalier monumental du centre-ville de Trois-Rivières fera l'objet de travaux de réfection.

L'escalier monumental du centre-ville de Trois-Rivières fera l'objet de travaux de réfection.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

L'escalier monumental du centre-ville est encore jeune dans l'histoire de Trois-Rivières, mais il doit déjà faire l'objet de travaux de réfection. La Ville, qui a reçu plusieurs requêtes de citoyens signalant des bris, compte apporter les corrections cet été, mais ignore pour l'instant à combien s'élèvera la note.

« C'est quelque chose de majestueux, d’unique et qui va durer dans le temps », avait dit le maire Yves Lévesque lors de l'inauguration de l'escalier en octobre 2012.

Huit ans plus tard, ce qui devait durer dans le temps a perdu un peu de son lustre. « Il y a des bris électriques sur les lumières, il y a des lumières qui sont brisées, on a constaté des parties de rouille donc il faut faire la réfection sur l'escalier monumental », résume l'agent de communication à la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson.

La Ville est à l'étape de dresser la liste des travaux à faire et ne s'avance pas sur les coûts impliqués.

Les travaux devraient être réalisés cet été. La Ville ne sait pas encore si la réfection se fera par les travaux publics ou une firme privée. Peut-être un peu des deux, suggère-t-on.

L'escalier monumental, qui avait coûté 1,6 M$, avait été construit pour valoriser l'arrondissement historique. Quelques mois après l'inauguration, quatre marches avaient dû être remplacées. Une rampe d’appoint et des caches luminaires ont également été ajoutées plus tard pour améliorer l'escalier, au coût de 50 000 $.

C'est un investissement majeur, surtout quand on utilise des fonds publics. Je pense que globalement, c'est un bel ouvrage. Mais on se doit de le préserver, on se doit d'agir maintenant et de s'assurer que ce qui a causé ces désordres jusqu'à présent, on en détermine précisément les causes.

Une citation de :Benoit Bissonnette, professeur au Département de génie civil de l'Université Laval

Le déneigement en cause ?

Sans être une hypothèse unique, un déneigement inaquédat est l'une des causes possibles de la dégradation hâtive selon l'expert en génie civil, Benoit Bissonnette.

Le professeur de l'Université Laval est aussi chercheur au Centre de recherches sur les infrastructures en béton.

Il note que les dommages se situent principalement dans les zones plus vulnérables du monument, c'est-à-dire sur le nez des marches.

Un prélèvement du béton, analysé en laboratoire, permettrait de dissiper les doutes quant à l'épandage possible de sel de déglaçage.

Ça se fait de façon assez aisée de mesurer s'il y a du chlore à l'intérieur du béton, dans les premiers centimètres. Si effectivement il y a du chlore, on pourrait conclure qu'il y a eu épandage de sel.

Une citation de :Benoit Bissonnette, professeur au Département de génie civil de l'Université Laval

Depuis 2012, l'escalier a été déneigé par différents entrepreneurs privés. La Ville soutient que le sel de déglaçage est interdit, que seule l'utilisation d'une pelle en plastique est autorisée, et que le tout est dûment noté au devis de déneigement depuis le premier hiver. Questionnée à ce sujet, la Ville ne peut néanmoins certifier que le devis a été respecté à la lettre.

L'escalier monumental à l'hiver 2016.

L'escalier monumental à l'hiver 2016.

Photo : Radio-Canada / Archives

Benoit Bissonnette souligne que des équipements de déneigement mécanisés pourraient aussi avoir endommagé l'escalier.

« Est-ce qu'on utilise des équipements de déneigement appropriés, questionne-t-il? Des impacts sur des zones vulnérables comme le nez des marches, c'est de nature à fracturer et à faire éclater », ajoute le chercheur.

D'autres hypothèses

D'autres hypothèses sont soulevées par le chercheur Benoit Bissonnette pour expliquer les dommages. Il évoque par exemple des variations thermiques.

« S'il y a gel et dégel, c'est de nature à solliciter la pièce et à entraîner à l'intérieur des contraintes qui peuvent être nuisibles », explique-t-il.

Une épaisseur d'enrobage de béton de surface trop faible aurait aussi pu être néfaste.

« On pourrait le déterminer en sectionnant quelques-unes des pièces qui se sont détachées pour analyser correctement la disposition de l'acier à l'intérieur de la marche », dit-il.

Normalement avec un béton ordinaire, on peut aisément compter sur une durée de vie de 30-40 ans. Ça dépend aussi des conditions d'exposition. L'humidité, sel, variations thermiques répétées... on réunit les conditions pour endommager prématurément.

Une citation de :Benoit Bissonnette, professeur au Département de génie civil de l'Université Laval

Pour ce qui est du noircissement observé sur l'escalier, il pourrait s'agir de saletés accumulées ou de champignons selon Benoit Bissonnette. « S'il s'agit de quelque chose d'organique, on peut utiliser des antifongiques pour prévenir les accumulations et préserver l'aspect esthétique ».

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