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Réouverture des services de garde : masques, visières et gants pour les éducatrices

Le port de ces équipements de protection ne sera cependant pas obligatoire.

Des jouets et des enfants en arrière-plan.

La réouverture des services de garde se fera progressivement dans l'ensemble du Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement va fournir aux éducatrices du matériel de protection pour s'occuper des enfants en bas âge lors de la réouverture des services de garde, prévue le 11 mai au Québec.

Il s'agit des masques, de visières et de gants, mais leur port ne sera pas obligatoire.

On demandera [aux éducatrices] de porter ce matériel, notamment pour poser certains gestes, a indiqué le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, en conférence de presse.

Ce dernier a confirmé que la réouverture des services de garde, à l'instar des écoles primaires, débutera à partir du 11 mai. Ce redémarrage ne s'appliquera cependant pas aux enfants qui résident dans la Communauté métropolitaine de Montréal.

Pour ces derniers, le retour en CPE, garderie et milieu familial se fera à compter du 19 mai. Cela concerne l'île de Montréal, Laval, Longueuil et de nombreuses autres municipalités des rives nord et sud.

Québec justifie ce décalage par l'évolution différente de la pandémie entre la région métropolitaine, où l'on retrouve la majorité des cas de COVID-19, et le reste de la province, où la situation semble maîtrisée.

Élargissement d'accès progressif

Tous les parents ne pourront cependant pas, dans un premier temps, déposer leurs enfants dans ces services de garde. Dès le 4 mai, le personnel des écoles pourra d'ailleurs bénéficier des services de garde d'urgence, toujours en place.

À partir du 11 mai, cette liste d'accès des services de garde d'urgence, proposés principalement aux travailleurs de la santé ces dernières semaines, sera remplacée par une nouvelle liste, réalisée avec le ministère de l'Économie.

Celle-ci sera petit à petit élargie, en fonction de la profession exercée par les parents, et il faudra probablement attendre plusieurs semaines avant que l'accès à ces services de garde ne soit proposé à toute la population.

Le taux d’occupation du réseau va augmenter graduellement au fur et à mesure que les pans de l’économie vont rouvrir.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Plus de 300 000 enfants concernés

Près de 305 000 enfants fréquentent un service de garde, un CPE, un milieu familial ou une garderie privée subventionnée ou non subventionnée. On en retrouve environ 70 000 dans cette dernière catégorie.

Le taux d'occupation et les ratios d'enfants par éducatrice seront ainsi rehaussés graduellement. Comme l'a récemment proposé l'Association québécoise des centres de petite enfance (AQCPE), les services de garde devront réduire de moitié la taille des groupes.

Par exemple, a détaillé Mathieu Lacombe, si une éducatrice avait 10 enfants, elle en aura 5.

Dans un premier temps, a spécifié le ministre, le taux d'occupation visé sera de 30 %, contre 4 % actuellement dans les services de garde d'urgence. Il sera appelé à augmenter si la situation le permet, a-t-il dit.

On a l'impression d'avoir été entendus. Ça nous rassure, commente Geneviève Bélisle, qui dirige l'AQCPE.

C'est sûr qu'il y a toujours de l'inquiétude chez des parents et des éducatrices, c'est tout à fait normal, mais on pense que ce plan va nous permettre d'avancer.

Geneviève Bélisle, directrice de l'AQCPE

Un sondage sera d'ailleurs prochainement envoyé aux parents, révèle-t-elle, pour savoir s'ils comptent ramener leurs enfants dans un service de garde ou s'ils ont toujours les moyens de télétravailler.

Moins de 30 cas positifs

En plus d'un mois d'ouverture, il y a eu 28 personnes contaminées par la COVID-19 dans un service de garde d'urgence, a précisé le gouvernement. C’est très, très peu, voire marginal, a indiqué le ministre Mathieu Lacombe, en soulignant que plus de 5000 enfants, dans environ 1000 établissements, ont fréquenté quotidiennement ces installations.

Encore des zones grises, déplore un syndicat

Le personnel jugé à risque ne sera pas invité à revenir au travail, et les parents à risque sont aussi appelés à ne pas amener leurs enfants dans ces services de garde pour le moment.

Si vous êtes enceinte, si vous avez un déficit immunitaire ou vous êtes âgé de plus de 60 ans, on vous suggère de ne pas réintégrer votre enfant.

Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Selon Louise Labrie, qui représente les travailleuses des CPE au sein de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), le gouvernement devra néanmoins éclaircir des zones grises.

Le ministre dit aux personnes vulnérables de voir avec leur gestionnaire. Mais la grande majorité des employeurs nous ont déjà dit qu'ils refusaient de rémunérer une travailleuse qui reste chez elle pour des raisons médicales, déplore-t-elle, avant de mettre de l'avant un éventuel manque de personnel.

Lorsqu'on accueillera plus d'enfants, quelle sera la routine de désinfection des jouets? On va manquer de monde, car il faudra s'occuper de ces enfants. Ça nous inquiète.

Louise Labrie, représentante des CPE à la FSSS-CSN

Un retour facultatif, les établissements aidés financièrement

Comme cela a déjà été indiqué par le premier ministre François Legault, l'accès à ces services de garde sera facultatif. Les enfants ne perdront donc pas leur place dans un CPE si leurs parents refusent de les y retourner.

Si vous décidez ne pas réintégrer votre enfant, sa place sera maintenue jusqu’au 1er septembre, sans frais à payer, a assuré Mathieu Lacombe, tout en précisant que le gouvernement va compenser financièrement les garderies, CPE et responsables de milieux familiaux.

L'objectif, c'est de les soutenir financièrement pour que ce retour progressif soit viable, a-t-il repris.

C'était l'une de nos grosses craintes, ça prenait une aide financière. Il faut nous aider pour compenser le manque à gagner, se réjouit Marie-Claude Collin, la présidente de la Coalition des garderies non subventionnées qui, habituellement, ne reçoivent aucune aide gouvernementale.

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