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COVID-19 : les producteurs de pommes de terre du Manitoba « ont besoin d'aide »

Un entrepôt rempli de pommes de terre.

Pat Owen, qui est un partenaire de la ferme River Trail Potato Company, dans le sud du Manitoba, dit avoir 10 millions de kilos de pommes de terre en attente d'être vendues sur le marché.

Photo : Soumise par Pat Owen

Radio-Canada

Après deux années de production pénible due aux conditions météorologiques difficiles, les producteurs manitobains se retrouvent cette année avec des centaines de millions de kilogrammes de pommes de terre invendues, à cause de la crise de la COVID-19.

Le Manitoba est au deuxième rang des provinces qui produisent le plus de pommes de terre au pays, derrière l’Île-du-Prince-Édouard. La fermeture des restaurants et des bars au Canada et aux États-Unis a directement touché les producteurs de pommes de terre. 

Ils se retrouvent avec 254 millions de kilogrammes de production qui ne peuvent être expédiés, explique le directeur de l'association Keystone Potato Producers, Dan Sawatzky. L’année dernière, selon Statistique Canada, la production totale s’élevait à un peu plus de 1 milliard de kilogrammes. 

Au Manitoba, la majeure proportion des pommes de terre récoltées sont transformées en frites et en galettes. Les ventes au détail ne constituent que 15 % du marché, même si elles ont augmenté au cours des derniers mois.

Nous avons besoin d’aide. D'autres pertes financières seraient difficiles pour les producteurs.

Dan Sawatzky, directeur de l'association Keystone Potato Producers

Tout le monde est touché, dit-il. Nous avons tous dû débourser plus d'argent à cause de l’humidité des récoltes, et, là, on voit que le marché chute comme cela. Il est possible que nous ne puissions pas vendre nos produits.

Nous ne savons pas où ils vont aller, mais nous espérons que ce sera sur le marché. Sinon, le coup sera très dur, témoigne également Pat Owen, qui se retrouve avec 10 millions de kilogrammes de pommes de terre entreposées dans une ferme près de Carman, au sud du Manitoba. 

Celles qu’il pourra garder réfrigérées se conserveront jusqu'en août, le reste jusqu’en juin. Ce sont des produits périssables. Ce n'est pas comme le maïs qu’on peut garder d’année en année, explique Pat Owen.

Tout le pays touché 

Ce n’est pas une situation qui touche seulement le Manitoba, c’est un problème partout au Canada, déplore le directeur général des producteurs unis de pommes de terre du Canada, Kevin MacIsaac.

De nombreuses industries de transformation possèdent toujours des pommes de terre importées l’automne dernier des États-Unis pour compenser les mauvaises récoltes manitobaines causées par des pluies diluviennes et des chutes de neige hâtives.

L’ironie, c’est qu’ils n’ont pas eu besoin de tout ce dont ils pensaient avoir besoin, explique Kevin Maclsaac.

À l’Île-du-Prince-Édouard, des pommes de terre ont également été laissées dans le sol l’automne dernier à cause des conditions météorologiques.

C’est vraiment dur et très stressant pour les producteurs, dit Kevin MacIsaac. Ils ont eu deux années de récoltes très difficiles.

L’entreprise McCain Foods, qui dispose de deux usines de transformation de pommes de terre au Manitoba, mais aussi en Alberta et au Nouveau-Brunswick, a dû de son côté effectuer des mises à pied et réduit sa production pendant la pandémie. Elle n'a pas indiqué combien de personnes étaient touchées par ces compressions. 

Un appel lancé au gouvernement 

Dan Sawatzky, Kevin Maclsaac et Pat Owen sollicitent une aide du gouvernement pour aider les producteurs à faire face à la crise. 

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, espère une aide du gouvernement fédéral pour aider les producteurs, puisque le problème ne touche pas seulement sa province, a-t-il indiqué la semaine dernière en conférence de presse. 

Il a dit avoir soulevé la question avec la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, la semaine dernière, et prévoyait en parler également avec le premier ministre, Justin Trudeau.

En mars, M. Trudeau avait déjà annoncé une aide, sous forme de prêts, pour les producteurs. Le gouvernement fédéral a aussi décidé d’accorder 50 millions de dollars aux producteurs agricoles et aux transformateurs alimentaires pour l’accueil des travailleurs étrangers temporaires.

D'autres mesures devraient être annoncées prochainement, a indiqué par courriel un porte-parole d’Ottawa. 

De son côté, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a annoncé la semaine dernière qu'il accordait une aide de 4,7 millions de dollars à l'industrie provinciale de la pomme de terre pour l'aider à se tirer d'affaire pendant la crise de la COVID-19.

Avec les informations de Riley Laychuk

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