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L’École secondaire Mont-Bleu affronte une 2e tempête en moins de 2 ans

Toit arraché, l'École secondaire Mont-Bleu, après le passage d'une tornade.

L'École secondaire Mont-Bleu, après le passage d'une tornade en 2018

Photo : Radio-Canada

La communauté de l’École secondaire Mont-Bleu à Gatineau vit son deuxième drame en moins de deux ans. Après une tornade dévastatrice en septembre 2018, la voilà au coeur de la pandémie. Et le retour à la réalité pourrait être encore plus long pour elle.

Les mois d’anxiété et d’incertitude qui ont suivi le passage des tornades dans la région d’Ottawa et de Gatineau laissaient finalement place à une certaine quiétude.

Les défis n’ont pas manqué pour les quelque 1400 élèves et 150 membres du personnel. Un premier déménagement dans les semaines suivant l’incendie a soulevé un tollé, sans compter l’inconfort vécu dans un édifice du gouvernement fédéral loin d’être adapté aux réalités des élèves du 21e siècle. Mais récemment, les élèves et le personnel de l’École secondaire Mont-Bleu se disaient qu’ils avaient finalement réussi à maîtriser l’incontrôlable.

Puis la pandémie est arrivée, il y a six semaines. C’est le jour de la marmotte, souligne-t-on au sein du personnel. Une fois de plus, c’est l’incertitude.

Non, il n’y a pas d’injustice, lance Marc-André Duguay au bout du fil. Cet enseignant en adaptation scolaire et mathématique en a vu d’autres en 15 ans de carrière. Mais une tornade et une pandémie en un peu plus d’un an et demi? Non.

La situation est intenable dans tout le milieu scolaire. La directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Nadine Peterson, concède que les administrations scolaires sont « à la merci du premier ministre » et surtout en adaptation de l’évolution de la pandémie.

Mais pour Marc-André Duguay et bon nombre de ses collègues de l’École secondaire Mont-Bleu, la situation actuelle est une occasion de mettre en pratique des leçons du passé. Par exemple, le contact avec les élèves. La communication.

On a un impact important dans la vie des étudiants qui nous voient un peu comme un pilier dans leur vie, une constance. Quand on leur donne cette présence, ils l’apprécient. Ils ont besoin d’un encadrement. Ils ne le demanderont jamais, jamais, jamais au secondaire, mais ils l’apprécient, explique M. Duguay.

Son directeur, Pierre Ménard, voit l’occasion pour tout le monde de faire preuve de résilience et de tirer des leçons de la première tragédie.

Ça nous aide. Ça nous a bien préparés à une situation difficile comme celle-là. Ça nous a bien préparés à une situation où on ne peut pas se rendre dans des lieux physiques, dit-il.

Aujourd’hui, c’est l’imprévu. Et surtout, la question d’il y a un an qui revient, alors que le dossier était clos : combien de temps demeureront-ils au Centre Asticou du gouvernement du Canada, en attendant la rénovation de leur école? L’annonce a été faite l’année dernière. Une somme de 35 millions de dollars et une réouverture envisagée en septembre 2021.

Le Centre Asticou en automne.

Les élèves de l'École secondaire Mont-Bleu pourraient rester plus longtemps que prévu au Centre Asticou à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Reno Patry

Or, les chantiers de construction commerciaux sont en pause depuis le 24 mars et la chaîne d’approvisionnement semble touchée partout au pays. La présidente du syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, Suzanne Tremblay, parle d’un secret de polichinelle.

C’est arrêté partout, tout le monde s’attend à des retards, on ne sait juste pas combien de temps, dit-elle.

À la CSPO, Nadine Peterson parle d’une « évaluation qu’on peut faire chacun chez soi » et qu’aucune discussion officielle sur l’échéancier n’a eu lieu avec le responsable du chantier. Mais déjà, des démarches ont été entreprises auprès du gouvernement fédéral pour prolonger le bail au Centre Asticou.

 La directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, Nadine Peterson.

La directrice générale de la CSPO, Nadine Peterson, a indiqué qu'aucune discussion sur l'échéancier n'avait encore eu lieu.

Photo : CSPO

Il y a déjà des discussions qui sont en cours et il y a déjà une grande ouverture du fédéral pour nous accommoder compte tenu des circonstances, soutient Mme Peterson.

Bien qu’ils soient reconnaissants d’avoir un toit, le personnel et les élèves de Mont-Bleu espèrent que le séjour à Asticou sera de courte durée. Autrefois une immense polyvalente, le bâtiment n’est plus adapté pour l’enseignement d’aujourd’hui. Avant même le confinement obligatoire décrété par Québec, étudiants et enseignants se plaignaient ouvertement des défis d’apprentissage dans un immeuble comme celui-là.

Les corridors sont étroits, les classes pas très grandes et les aires communes limitées.

Oui, nous avons des préoccupations qui sont majeures.

Pierre Ménard, directeur de l’École secondaire Mont-Bleu

Mais ces préoccupations sont atténuées par le sens du devoir des 150 employés. M. Ménard soutient que le travail d’équipe et la collaboration permettent de passer outre à ce genre de situation.

Suzanne Tremblay abonde dans le même sens. Les enseignants sont résignés à prolonger leur séjour dans l’édifice gouvernemental, mais ils refusent de se laisser abattre par la situation actuelle.

C’est sûr qu’il y a eu des défis, mais ils sont plus forts, ils sont plus résilients et ils n’ont jamais abandonné, dit-elle.

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