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Coronavirus : vers une sortie prudente du confinement en Europe

Un homme portant un masque de protection dans une usine de montage de véhicules.

Un travailleur porte un masque de protection sur la chaîne de montage de Volkswagen après le redémarrage de la plus grande usine automobile d'Europe.

Photo : Reuters / POOL

Agence France-Presse

Réouverture des commerces en Suisse lundi, retour aux affaires du premier ministre britannique Boris Johnson : les Européens peaufinent leurs plans de sortie du confinement, qui reste un casse-tête planétaire dans l'attente de la découverte d'un vaccin ou d'un remède pour juguler l'épidémie de coronavirus.

La pandémie, qui a fait plus de 200 000 morts et près de 3 millions de contaminés dans le monde, ralentit enfin sa progression dans les quatre pays européens les plus touchés.

Ils affichaient en effet dimanche des bilans quotidiens de morts en nette baisse : 288 morts en Espagne, 260 en Italie, 242 en France et 413 morts à l'hôpital au Royaume-Uni, le nombre le plus bas depuis la fin mars.

Un homme pousse un enfant à vélo dans une rue.

Un homme se promène avec un enfant à vélo dans une rue, après l’allègement des restrictions en raison de la pandémie du coronavirus.

Photo : Reuters / JON NAZCA

De loin le pays le plus touché par la pandémie, aussi bien en nombre de contaminations que de décès, les États-Unis ont quant à eux enregistré dimanche soir 1330 décès supplémentaires ces dernières 24 heures.

Les Suisses pourront quant à eux retourner chez le coiffeur, avec la réouverture de certains commerces lundi.

Sous réserve de respecter les mesures-barrières, ce sont d'abord les coiffeurs, physiothérapeutes, médecins, salons de massage, fleuristes, jardineries, ainsi que les crèches qui reprendront leurs activités.

Le confinement y était moins dur qu'en Espagne. Après six semaines cloîtrés chez eux, les petits Espagnols peuvent depuis dimanche recommencer à jouer dans la rue, avec un certain nombre de restrictions, comme l'absence de contacts. Le confinement a été prolongé jusqu'au 9 mai inclus, et le gouvernement présentera mardi son plan d'assouplissement.

Le même jour, le premier ministre français, Édouard Philippe, dévoilera sa stratégie nationale du plan de déconfinement, qui doit débuter le 11 mai, avec notamment une réouverture progressive mais controversée des écoles.

Un retour progressif en Italie

Des personnes portant des masques de protection dans un marché.

Des Italiens portant des masques de protection dans un marché alimentaire en plein air qui a été rouvert à Cisternino.

Photo : Reuters / ALESSANDRO GAROFALO

L’Italie, un des pires foyers de l’épidémie, a aussi détaillé sa phase 2, le début de son plan de déconfinement progressif à partir du 4 mai.

Si certains ouvriers du bâtiment, des usines fabricant des machines industrielles ou du secteur automobile ou du luxe, ont pu reprendre le travail dès ce lundi, le redémarrage se fera par étapes, entre mai et juin. Les écoles resteront toutefois fermées jusqu'en septembre.

Les règles de distanciation physique demeureront, mais les Italiens pourront dans une semaine aller voir leurs proches à condition de porter des masques, notamment en présence de personnes âgées. Cependant, les fêtes et réunions de familles resteront interdites.

Les messes resteront interdites, mais les funérailles, limitées depuis deux mois à une bénédiction au cimetière en présence des très proches du défunt, pourront être célébrées en présence d'un maximum de quinze personnes, si possible en extérieur.

Dans cette nouvelle phase de la pandémie qui a tué près de 27 000 personnes en Italie, le port du masque deviendra obligatoire dans les transports publics. Le gouvernement a annoncé qu'il en limitera le prix à 50 centimes l'unité. Outre les masques chirurgicaux, les masques en tissu de fabrication artisanale pourront aussi être utilisés à condition qu'ils couvrent le nez et la bouche.

Parcs et jardins publics vont rouvrir leurs grilles, mais les rassemblements resteront interdits et les maires pourront ordonner la fermeture ou limiter l'accès à certaines zones.

Initialement prévue pour le 11 mai, la réouverture des commerces de détail est repoussée au 18, jour où les musées et les expositions pourront aussi rouvrir leurs portes au public.

Pour les salons de coiffure et d'esthétique, ce sera le 1er juin, de même que pour les bars et les restaurants, ces derniers ayant toutefois la possibilité de pratiquer la vente à emporter dès lundi.

À Londres, le premier ministre Boris Johnson, lui-même frappé par le virus, a effectué ce lundi un retour aux affaires.

Des élèves et une institutrice dans une classe d’école.

Une classe de cours à Oslo, où l'école a rouvert après quelques semaines, en raison de l'épidémie de la COVID-19.

Photo : Reuters / NTB SCANPIX

La Norvège a rouvert les écoles pour les plus petits lundi. Une semaine après les barnehager qui font office de crèches et de maternelles, c'est au tour des enfants de six à dix ans de retrouver les bancs de l'école, dans des classes réduites à 15 élèves.

En Chine également, où était apparue la COVID-19 à la fin de l'année dernière, collégiens et lycéens ont fait lundi une rentrée ultra-sécurisée – avec masques et prise de température – dans les métropoles de Pékin et Shanghai, après près de quatre mois de grandes vacances pour cause d'épidémie.

Je suis contente, ça fait trop longtemps que je n'ai pas vu mes camarades de classe, dit en souriant Hang Huan, 18 ans, devant le lycée Chenjinglun, dans l'est de la capitale chinoise. Ils m'ont beaucoup manqué, confie-t-elle à l'AFP, masque sur le visage et son survêtement faisant office d'uniforme.

À Pékin, seuls les lycéens de dernière année ont été autorisés lundi à revenir en classe pour préparer le gaokao, l'examen d'entrée à l'université. À Shanghai, ce sont les élèves de dernière année de collège qui ont repris la classe.

Toutes les écoles chinoises étaient fermées depuis la fin janvier. Le pays a depuis lors jugulé l'épidémie, avec un bilan officiel de 4633 morts, mais les autorités redoutent à présent une seconde vague de contaminations avec des cas dits importés, en majorité des Chinois de retour au pays.

Aux États-Unis, le président Donald Trump n'a pas donné dimanche son habituel point de presse coronavirus, après les sarcasmes suscités par ses recommandations ironiques, a-t-il assuré après coup sur l'injection de désinfectant dans le corps des patients.

Il s'est contenté de lancer ses habituelles piques contre la presse : les médias désespèrent de créer une impression de chaos, a-t-il twitté.

Aux États-Unis aussi, la reprise se prépare, comme dans l'État de New York, où certaines activités manufacturières et des chantiers pourraient reprendre après le 15 mai.

Pour survivre, les camions de cuisine de rue vont d'ores et déjà chercher les clients là où ils sont confinés en télétravail.

On aime bien cuisiner, mais la diversité des restaurants de la ville nous manque, alors on se fait une petite folie, témoigne Elise Blake, une professeure de musique de 37 ans, descendue chercher sa commande au Dirty South Deli (DSD), qui est venue se garer dans sa rue de Brookland, quartier résidentiel du nord-est de la capitale américaine.

Un retour vers une certaine normalité qui n'est pas du goût de tout le monde : au Pérou, le président Martin Vizcarra s'est offusqué dimanche des queues de consommateurs ne respectant pas les distances de sécurité pour acheter... de la bière.

On aurait dit que c'était un samedi de fête, a-t-il déploré, commentant une vidéo sur les réseaux sociaux. Au Pérou, qui comptait dimanche 728 morts, le confinement doit durer jusqu'au 10 mai, avec couvre-feu nocturne et fermeture des frontières.

Et au Brésil, le chef Raoni, figure emblématique de la lutte contre la déforestation en Amazonie, a lancé dimanche un appel aux dons afin d'aider les populations indigènes, particulièrement vulnérables aux virus importés comme la COVID-19.

Le monde musulman est quant à lui entré lundi dans son quatrième jour de jeûne du ramadan sans prières collectives ni repas partagés : les portes des mosquées restent closes et les rassemblements familiaux sont interdits. Mais ces mesures restent largement ignorées dans plusieurs pays, au Pakistan notamment.

L'Arabie saoudite a de son côté partiellement assoupli dimanche son couvre-feu total. À l'exception notamment de la ville sainte de La Mecque.

Au Liban, des manifestants ont bravé le couvre-feu mis en place contre la pandémie et coupé tard dimanche soir des routes à travers le pays pour dénoncer la détérioration de la situation économique.

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