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La marge est « petite » pour un déconfinement, concluent les experts de la santé publique

Les projections révèlent que Québec devra faire preuve de prudence s'il veut assouplir les mesures de confinement.

Une mère tient la main de sa fille.

Le Québec présente lundi un plan de réouverture des écoles.

Photo : Getty Images / damircudic

Alors que le premier ministre François Legault doit annoncer ce lundi à 13 h un plan de réouverture graduelle des écoles de façon à renvoyer des parents au travail, l'Institut national de santé publique (INSPQ) a mis en ligne dimanche la projection des impacts que pourrait avoir un assouplissement des mesures de distanciation, à partir du 11 mai, sur la propagation de la COVID-19, les hospitalisations et les décès.

Les experts de l'INSPQ et de l'Université Laval ont pris comme point de départ une augmentation des contacts entre personnes de 10 à 20 % dans le cas d'une reprise progressive des activités économiques, sociales et cliniques.

Dans leur scénario optimiste, il y aurait peu d'impact sur le nombre de cas et de décès. Au mois d'août, les niveaux seraient assez semblables à ceux d'aujourd'hui. En revanche, leur scénario pessimiste prévoit une augmentation très rapide des nouveaux cas et des décès.

Deux graphiques montrent les deux scénarios.

Modélisation des experts de la santé publique.

Photo : INSPQ

La modélisation établit un scénario optimiste avec une réduction des contacts dans la population qui se maintient au-delà de 65 %, estimée à partir de données européennes. Le scénario pessimiste est estimé à partir des données de mobilité de Google pour le Québec avec une réduction des contacts dans la population de 50 à 64 %.

Il y a une petite marge de manœuvre pour assouplir graduellement les mesures de confinement tout en minimisant les risques à la santé de la population.

Institut national de santé publique, 25 avril 2020

Ces scénarios sont basés sur un assouplissement général, mais les experts précisent qu'ils examinent différentes stratégies spécifiques d'assouplissement.

Le Québec découpé en trois zones

Les experts de la Santé publique associés, cette fois, à ceux de l'Université McGill ont séparé les régions du Québec en trois zones qui correspondent à différentes ampleurs de l'épidémie et qui pourraient se voir imposer un déconfinement différent.

  • La zone 1 : Montréal et Laval
  • La zone 2 : Mauricie, Centre-du-Québec, Estrie, Lanaudière, Laurentides et Montérégie
  • La zone 3 : toutes les autres régions

Les décisions concernant cette reprise pourraient être modulées en fonction des réalités propres aux différentes régions du Québec.

Institut national de santé publique, 25 avril 2020

Des projections critiquées

Les experts de l'INSPQ et de McGill ont aussi réalisé des projections du nombre d'hospitalisations en se basant sur l'expérience des dernières semaines, mais sans tenir compte du déconfinement. Selon eux, le nombre de personnes hospitalisées projeté ne devrait pas augmenter fortement dans les quatre prochaines semaines.

Des points affichés sur une courbe.

Projection des experts de la santé publique.

Photo : INSPQ

Cette analyse fait toutefois sourciller l'économiste de la santé Raphaël Langevin, chercheur associé à l'Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) : Si des mesures de déconfinement sont opérées dès le 11 mai, ce constat ne tient plus la route, car le modèle ne laisse pas de marge de manœuvre pour une telle chose.

La marge de manœuvre est effectivement très petite. La combinaison des analyses laisse croire que nous sommes plutôt dans le scénario pessimiste et que le déconfinement dès le 11 mai peut facilement amener à surcharger notre système de santé durant le mois suivant.

Raphaël Langevin, économiste de la santé, chercheur associé à l'IRIS

Selon Raphaël Langevin, passer de 100 à plus de 200 hospitalisations par jour dès la mi-mai nous mènerait à dépasser la capacité du système de santé entre la mi-juin et la fin-juin, en supposant une capacité totale de 7000 lits pour les patients atteints de la COVID-19.

Autre point qui surprend notre expert, c'est que l'INSPQ écrit que les prochains jours sont cruciaux pour anticiper l'évolution de l'épidémie et disposer des stratégies de déconfinement. Or, rappelle Raphaël Langevin, les plans de déconfinement sont présentés cette semaine.

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