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Liban : routes coupées par des manifestants sur fond de grogne sociale

Un homme une pierre à la main s'apprêtant à la lancer.

Au Liban, la pauvreté a atteint 45 % de la population, selon des estimations officielles.

Photo : AFP / Anwar Amro

Agence France-Presse

Des manifestants ont coupé tard dimanche soir des routes à travers le Liban pour dénoncer une détérioration de la situation économique, selon l'agence de presse officielle, une mobilisation intervenue malgré un couvre-feu et les mesures de confinement adoptées pour lutter contre l'épidémie de coronavirus.

Les forces de l'ordre sont rapidement intervenues pour rétablir la circulation sur les autoroutes, où les manifestants ont incendié des pneus pour bloquer les voies, a précisé l'agence officielle ANI.

Dans le secteur de Zalka, au nord-est de Beyrouth, six blessés ont reçu des soins sur place, a indiqué à l'AFP un responsable de la Croix-Rouge libanaise, Rodney Eid, sans être en mesure de fournir plus de détails.

Un photographe de l'AFP a pu voir des manifestants incendier des pneus sur l'autoroute au nord de la capitale, dans la banlieue de Dbaiyeh, avant l'intervention de l'armée et de la police.

Des contestataires étaient mobilisés à Tripoli, d'après l'agence ANI. Sur l'autoroute de Dammour, au sud de Beyrouth, des jeunes ont incendié des pneus pour dénoncer la situation économique, selon la même source.

Ces derniers jours, plusieurs manifestations ont eu lieu en journée, notamment avec des cortèges de voitures dans la capitale, malgré le confinement réclamé par les autorités, qui ont aussi adopté un couvre-feu nocturne.

Le Liban avait connu le 17 octobre 2019 un vaste mouvement de contestation, qui a vu certains jours des centaines de milliers de personnes mobilisées à travers tout le pays, pour crier leur ras-le-bol et réclamer le renouvellement de la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence.

Depuis des mois, le pays est englué dans une très grave crise économique, amplifiée par la pandémie de coronavirus et les mesures préventives ayant mis le pays à l'arrêt.

Environ 45 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, selon des estimations officielles.

En 2020, l'économie devrait connaître une contraction massive de 12 %, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Le Liban connaît aussi une dépréciation de sa monnaie nationale face au dollar, ayant entraîné une forte inflation.

Les banques libanaises sont aussi accusées par la rue de complicité avec le pouvoir politique et d'avoir contribué à l'endettement public effréné et à la faillite de l'État.

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