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Le vaccin contre la grippe saisonnière pour combattre une seconde vague de COVID-19

Gros plan sur une seringue qui penètre dans une bouteille dans lequel se trouve un liquide transparent. La bouteille se trouve dans une main.

Le succès ou l'échec de la campagne de vaccination contre la grippe aura un impact direct sur la santé de tout le pays, selon certains experts.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Radio-Canada

Les virologues et les spécialistes des maladies infectieuses affirment que l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière 2020 sera cruciale pour réduire l'impact d'une possible deuxième vague de COVID-19.

Il est possible que [la COVID-19] tombe sur le pays une seconde fois l'hiver prochain et que l’impact [de la seconde vague] soit plus grand que ce que nous venons de traverser, selon Robert Redfield, directeur du Centers for Disease Control (CDC) des États-Unis. M. Redfield a émis ces commentaires la semaine dernière.

Or, la composition et la distribution du vaccin contre la grippe saisonnière pourraient changer la donne.

Le succès de la campagne de vaccination contre la grippe de cette année sera essentiel à la capacité du Canada de contrôler le nouveau coronavirus pour trois raisons : la capacité de traitement des hôpitaux, la co-infection (avoir les deux maladies à la fois, ce qui pourrait aggraver leurs effets) et le possible manque de tests de diagnostic de la COVID-19.

Un vaccin efficace… et bien reçu

Puisque la grippe saisonnière évolue chaque année – une habileté que le nouveau coronavirus ne semble pas posséder, selon les experts – le vaccin évolue lui aussi à tous les ans. Les chercheurs doivent en quelque sorte « deviner » à quoi ressemblera le virus de la grippe avant même son apparition. Si les experts se trompent dans leurs prédictions, les conséquences pourraient être graves pour le système de santé du pays.

CBC News a demandé à Santé Canada si elle planifiait différemment sa campagne de vaccination cette année.

L'Agence de la santé publique du Canada planifie à l'avance les risques de flambées simultanées de grippe et d'infections à la COVID-19 au Canada cet automne, a déclaré le porte-parole Geoffroy Legault-Thivierge à CBC News.

Pour aider à minimiser les défis que cela peut causer au système de soins de santé, la campagne contre la grippe 2020 mettra un accent particulier sur les populations à risque telles que les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli ou avec des conditions médicales sous-jacentes.

Un enfant se fait vacciner

Une population réfractaire ou nonchalante face à la vaccination pourrait avoir des conséquences graves.

Photo : Associated Press / David Goldman

Règle générale, l'objectif déclaré de la campagne de vaccination annuelle est d'atteindre un taux de vaccination de 80 % dans ces populations vulnérables. Au cours des trois dernières années, ce taux a oscillé entre environ (Nouvelle fenêtre) 65 % et 71 %.

Mais le taux de vaccination des 18 à 64 ans est beaucoup plus faible. Habituellement, seulement environ un quart des personnes de ce groupe de population prennent la peine de se faire vacciner contre la grippe. Même parmi ceux qui ont des problèmes de santé chroniques, moins de la moitié sont vaccinés.

Le risque de faire face à une population réfractaire ou nonchalante face à la vaccination pourrait venir contrecarrer les plans les mieux établis par la santé publique. Peu importe l’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière, si la population ne se rend pas en pharmacie pour s’y faire vacciner, tous ces efforts seront en vain.

Des hôpitaux débordés

La saison de la grippe est généralement la période de l'année où les hôpitaux canadiens sont les plus occupés. Dans une certaine mesure, les hôpitaux du pays sont conçus pour faire face à cette poussée saisonnière.

Mais si une deuxième vague de COVID-19 frappe en même temps qu’une saison de grippe plus agressive que la moyenne, le système de santé pourrait s’effondrer, selon le virologue Jason Kindrachuk de l'Université du Manitoba.

Les travailleurs de la santé risquent d’être submergés, a-t-il déclaré en entrevue. Les personnes qui sont à risque d’avoir des complications en raison de la grippe sont les mêmes qui sont à risque face à la COVID-19.

On sait peu de choses sur la façon dont les deux maladies pourraient interagir, mais nous savons qu'il est possible d'avoir à la fois le COVID-19 et la grippe saisonnière. Les deux maladies attaquent le système respiratoire et provoquent de la fièvre. Certains spécialistes des maladies infectieuses, comme le Dr Greg Poland de la Mayo Clinic du Minnesota, ont averti que le fait d'avoir les deux maladies à la fois produirait probablement un « effet double ».

Le vaccin contre la grippe pour l’écarter du diagnostic

Puisque les effets de la grippe saisonnière sont similaires aux symptômes de la COVID-19, le Dr Kindrachuk s’inquiète de voir la population atteinte de la grippe s’accaparer tous les trousseaux de diagnostic de la COVID-19.

Nous avons deux maladies qui se ressemblent, au moins au début, selon lui. Face à des patients qui présentent des symptômes grippaux, nous espérons pouvoir écarter la grippe du diagnostic si la personne a été vaccinée.

Ceci signifie qu’un vaccin efficace et un patient inoculé pourraient simplifier grandement la vie des médecins qui se trouvent aux premières lignes.

Ne pas prendre la grippe à la légère

Bien que le SRAS-CoV-2, le virus qui cause COVID-19, semble tuer plus de gens qui l’attrapent vis-à-vis la plupart des souches de grippe, les coronavirus n'ont heureusement pas la capacité de la grippe de muter continuellement, selon le Dr Kindrachuk.

La grippe est une bête (…) qui mute fréquemment d'année en année, explique-t-il.

Nous avons plusieurs souches en circulation, donc essayer d'obtenir un vaccin universel… Nous n'y sommes pas encore.

Jason Kindrachuk, virologue

Chaque année, la conception du vaccin antigrippal est le résultat d'un effort planétaire. Premièrement, l'Organisation mondiale de la santé recueille des données auprès de plus de 100 centres nationaux de lutte contre la grippe. Ensuite, cinq centres de virologie - à Atlanta, Londres, Tokyo, Pékin et Melbourne - analysent les données et proposent un vaccin composé de trois ou quatre souches de grippe A et de grippe B.

Le vaccin de l'an dernier était un mélange de souches détectées pour la première fois au Kansas, au Colorado, à Brisbane en Australie et à Phuket en Thaïlande.

Il faut au moins six mois pour produire de grandes quantités de vaccin contre la grippe, explique un document du CDC sur la question. Pour que le vaccin soit livré à temps pour que la vaccination commence à l'automne, les fabricants peuvent commencer à cultiver un ou plusieurs des virus vaccinaux en janvier en fonction de leur meilleure estimation des virus les plus susceptibles d'être inclus dans le vaccin.

Assez de vaccins pour tous

L'hiver dernier au Canada, il y a eu pénurie de Flumist, un vaccin nasal contre la grippe pour ceux qui réagissent mal aux injections.

Selon M. Legault-Thivierge, Santé Canada a encore le temps de commander un plus grand nombre de vaccins contre la grippe pour l’automne 2020 si la situation le demande.

À la lumière de la pandémie de COVID-19, les gouvernements provinciaux et territoriaux réexaminent leurs commandes de vaccins pour la saison grippale de l'année prochaine afin de déterminer si elles sont suffisantes ou devraient être augmentées, a-t-il déclaré. Il est toujours possible de changer les commandes avant que des engagements définitifs ne soient pris.

Alors que l'Australie entame sa saison grippale le pays affirme avoir suffisamment de doses pour environ 50 % de sa population.

L'Afrique du Sud signale également qu'elle n'a pas suffisamment de doses pour inoculer toute sa population à risque, bien qu'elle ait commandé un an à l'avance.

Le Dr Kindrachuk affirme que la vaccination sera cruciale pour le pays en 2020. La COVID-19 ne va pas disparaître d'ici l'automne... mais nous pouvons faire tout notre possible pour réduire ce stress sur les réseaux de dépistage et de soins de santé.

Avec les informations de Evan Dyer de CBC News

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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