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Engouement palpable chez les maraîchers, en pleine pandémie

Jean-Marc Gougeon est entrain de parler. Il est devant la pancarte qui annonce les heures d'ouverture de sa ferme.

Jean-Marc Gougeon dit avoir reçu plusieurs CV de la part de personnes qui souhaitent venir travailler à sa ferme.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

De nombreux consommateurs se tournent vers les maraîchers pour s'approvisionner durant la pandémie. Les exploitants agricoles tentent ainsi de répondre à la forte demande tout en respectant les nouvelles règles sanitaires.

La neige n'a pas encore fondu dans les champs que la demande pour les paniers de légumes de maraîchers explose. Ce printemps, la ferme La Fourche du troll à Saint-Octave-de-Métis a reçu quatre fois plus de demandes qu'à l'habitude pour ses paniers de légumes.

Moi, j'ai une demande exponentielle au niveau des paniers qui m'a surpris, lance Jean-Marc Gougeon, propriétaire de la ferme La Fourche du troll.

[L'autonomie alimentaire], une notion qui était un petit peu plus abstraite, concerne maintenant tout le monde.

Une citation de :Andrée Deschênes, présidente de l’association Les Saveurs du Bas-Saint-Laurent
Devant un champ enneigé, une pancarte indique les heures d'ouvertures de la ferme.

La ferme La Fourche du troll est reconnue pour sa cueillette de citrouilles.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Andrée Deschênes, copropriétaire du Jardin des pèlerins à Saint-André de Kamouraska et présidente des Saveurs du Bas-Saint-Laurent, confirme qu’il y a une pression venant du marché envers les différents membres de l’association.

C’est une assez bonne nouvelle quand même, quand on est capable d'envisager d’y répondre, note la présidente. Elle ajoute que ceux qui ressentent le plus cette pression sont ceux qui offrent des paniers de légumes ainsi que des paniers de viandes.

Le nerd de la guerre : la main-d'oeuvre

Jean-Marc Gougeon essaie de répondre à la demande. Avec l'annonce du programme de 45 millions de dollars pour inciter les Québécois à se rendre au champ et prêter main-forte aux agriculteurs, le producteur de Saint-Octave-de-Métis indique avoir reçu plusieurs curriculum vitae.

J'ai une bonne offre au niveau des gens qui veulent venir à la ferme comme ça fait des années que je n'ai pas vu normalement.

Une citation de :Jean-Marc Gougeon, propriétaire de la ferme La Fourche du troll

L'année passée, j'ai [diffusé] une offre au mois d'août et j'ai eu zéro appel, tandis que cette année, j'ai des CV qui rentrent, des gens de toutes sortes d'âges, qui veulent travailler à la ferme, ajoute-t-il.

Une maraîchère dans un jardin.

Un problème de liquidité chez plusieurs marchands est à prévoir, selon la présidente de Saveurs du Bas-Saint-Laurent. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Andrée Deschênes fait tout de même une mise en garde : Il y a peut-être plusieurs qui pensent que c’est très facile, mais ce n’est pas facile, ce genre de métier-là.

De son côté, Jean-Marc Gougeon est prêt à encadrer et former ceux qui répondent à l'appel lancé par le premier ministre François Legault.

C'est un entraînement, c'est comme n'importe quel sport : au début, on est raqué un peu pis je montre aux gens comment changer les positions pour travailler. Il faut se donner un peu de temps.

Une citation de :Jean-Marc Gougeon, propriétaire de la ferme La Fourche du Troll

Selon Andrée Deschênes, les maraîchers ont besoin de main-d'oeuvre dès maintenant. Je ne peux pas partir mes plans plus tard, il faut qu’ils soient partis maintenant, dit-elle. La saison est tellement déjà courte.

Une panier rempli de légumes colorés.

Une panier de légumes du type de ceux offerts par de nombreuses fermes ou des services par abonnement. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

La présidente des Saveurs du Bas-Saint-Laurent met de l'avant que les différents programmes d’aide financière du gouvernement sont aidants, mais qu’il est difficile de savoir lesquels sont admissibles aux maraîchers. Elle ajoute trouver essoufflant de devoir jongler avec les heures de travail qui dépassent le temps plein, en plus de devoir remplir des documents gouvernementaux.

Plus encore, elle déplore que le soutien gouvernemental aux maraîchers soit la plupart du temps sous forme de prêt, ce qui peut augmenter les dettes des exploitants agricoles.

Toutefois, différents programmes d’aide provenant du ministère de l’Agriculture devraient bientôt s'ajouter, selon Andrée Deschênes, et elle a confiance que ceux-ci seront profitables pour les maraîchers.

Respecter les consignes sanitaires

D'après Andrée Deschênes, la formule des paniers est déjà adaptée au contexte de la pandémie de COVID-19, puisqu’elle est sans contact. On est capable de déposer quelque chose que les gens prennent, explique-t-elle.

Pour ce qui est des secteurs du tourisme et de la restauration, Mme Deschênes expose qu’il y a encore beaucoup d’inconnu.

Des conserves au Marché des saveurs.

Les produits de Manger saison

Photo : Radio-Canada

Pour ce qui est des produits locaux et régionaux transformés, beaucoup de questions demeurent aussi toujours sans réponses. Ceux-là sont plus dépendants du tourisme, des activités d’été, de la restauration, des événements, expose la présidente. Tout ce qui amène des gens dans la région va faire que les produits de spécialité vont trouver preneurs.

La présidente des Saveurs du Bas-Saint-Laurent pense qu'un problème de liquidité chez plusieurs marchands est donc à prévoir.

Avec les informations d'Isabelle Damphousse

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