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Une « nouvelle normalité » difficile attend les entreprises avec la phase de déconfinement

Le salon de coiffure.

Chad McGarity est propriétaire d’un salon de barbier à Fredericton, qui a ouvert ses portes en septembre dernier.

Photo :  CBC

Radio-Canada

Les propriétaires d’entreprises ont eu une nouvelle qu’ils attendaient depuis longtemps vendredi : celui de la mise en marche du plan de déconfinement. Mais plusieurs commerces se demandent comment ils répondront aux nouvelles exigences. 

Peu après 14h30, la médecin-hygiéniste en chef de la province a annoncé que le Nouveau-Brunswick était prêt à passer au prochain chapitre de la pandémie COVID-19.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Bienvenue à la nouvelle normalité, a déclaré la Dre Jennifer Russell, alors que les responsables du gouvernement du Nouveau-Brunswick ont présenté leur plan de relance avec des échéances pour assouplir les restrictions sur les entreprises et les déplacements du public.

Blaine Higgs écrit sur une feuille et Jennifer Russell parle.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, et la Dre Jennifer Russell, médecin hygiéniste en chef de la province, le 24 avril 2020 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Dans les quatre prochaines semaines, les restaurants seront autorisés à rouvrir au public dans le cadre de la deuxième phase du plan en quatre étapes. Depuis la mi-mars, les restaurants ont été limités aux plats à emporter et aux livraisons, ce qui a créé d'énormes difficultés financières.

Se réajuster continuellement

Selon Lisa Aronson, les ventes de son restaurant ont chuté de près de 75 % depuis le début de la pandémie. 

La propriétaire du restaurant 5 Kings de Saint-Jean explique qu’ils ont dû licencier tout le personnel, qui compte entre 14 et 19 travailleurs, selon la saison. Ils ont été obligés de réduire les heures de travail.

Des employés du restaurant.

En se réajustant, ils ont été capables de réembaucher six employés à temps partiel, car les affaires ont légèrement augmenté avec les commandes à emporter.

Photo :  CBC

En s'ajustant, ils ont été capables de réembaucher six employés à temps partiel, car les affaires ont légèrement augmenté avec les commandes à emporter.

Mais elle se réjouit de sortir les chaises et les tables et d'accueillir à nouveau les clients dans son entreprise le mois prochain.

Le personnel est enthousiaste à l'idée de cette opportunité et moi aussi, et les clients réguliers ne cessent de dire qu'ils ne peuvent pas attendre, a indiqué Mme Aronson. Bien sûr, nous allons prendre toutes les précautions nécessaires pour nous assurer que nous travaillons en toute sécurité.

Lisa Aronson, propriétaire du restaurant.

Lisa Aronson, propriétaire du restaurant.

Photo :  CBC

Elle croit que son équipe va rouvrir avec 35 sièges pour commencer, soit la moitié du nombre habituel et que les tables seront espacées de deux mètres. Le personnel gardera les plus possible ses distances lorsqu’il prendra Les commandes et les paiements.

L'éloignement et les barrières physiques, les dépistages sanitaires, le lavage des mains, le nettoyage des surfaces et les revêtements du visage sont autant de directives qui resteront en vigueur, a dit Dre Russell vendredi.

Les restrictions aux frontières provinciales et internationales représentent une autre difficulté pour le restaurant et de nombreuses autres entreprises de St. Stephen.

La réouverture complète de la frontière interviendra lors de la phase 4, la dernière étape du plan de déconfinement, qui sera enclenchée lorsqu'il y aura une vaccination ou une immunité contre le virus.

Et nous avons ceux qui s'arrêtent ici en route vers les chalets en Nouvelle-Écosse ou à l'Île-du-Prince-Édouard, donc nous avons aussi cette foule, que nous allons probablement manquer, dit-elle.

C'est l'une des nombreuses réalités auxquelles sont encore confrontées les entreprises qui se préparent à rouvrir dans le nouveau cadre annoncé.

Un plan en marche

Samedi a marqué le septième jour consécutif sans nouveau test positif au Nouveau-Brunswick.

Le total est resté à 118 cas confirmés, dont 11 ont été considérés comme actifs, et la courbe des cas cumulés s'est aplatie.

Mais, comme ils l'ont fait lors des récentes séances d'information quotidiennes sur le COVID-19, le premier ministre Blaine Higgs et la Dre Russell ont réitéré vendredi la forte probabilité que de nouveaux cas de virus soient découverts lors de la réouverture de la province.

Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, le 21 avril 2020.

Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, le 21 avril 2020.

Photo : Radio-Canada

Les entreprises reprennent donc leur service avec un sentiment d’incertitude.

Anne McShane, qui possède et gère le Feel Good Store à Saint-Jean, soutient que les petites entreprises familiales comme la sienne sont troublées par les potentiels ‘’arrêts et démarrages’’ que connaît la province.

Fidèle au nom du magasin, Mme McShane adopte une attitude positive, même lorsque ses ventes ont été réduites de moitié. Elle a entièrement fermé le magasin quelques jours avant la déclaration de l'état d'urgence, mais a depuis adopté un modèle de livraison en bordure de trottoir après avoir été approchée par des clients.

Vous traitez les choses au fur et à mesure qu'elles se présentent, dit-elle.

Anne McShane avec un masque dans son magasin.

Anne McShane, qui possède et gère le Feel Good Store à Saint-Jean.

Photo :  CBC

Les commerces de détail tombent également dans la seconde phase, tout comme les restaurants. Sont également inclus les garderies, les bureaux, les terrains de camping et les pistes de véhicules tout-terrain. Les opérations chirurgicales facultatives recommenceront.

Entreprises de proximité

Pour certaines autres entreprises, il peut s'écouler plusieurs semaines avant qu'elles ne puissent rouvrir. Dans la phase 3 - de deux à quatre semaines sans nouvelle vague de cas - les dentistes, les chiropraticiens, les services de massage, les églises, les salles de sport et autres entreprises ‘’de proximité’’ obtiendront le feu vert.

Les coiffeurs et barbiers auront également leur tour à ce moment-là, et Chad McGarity n'est pas surpris que son salon de coiffure ne figure pas en tête de liste, compte tenu de la nature pratique du travail. Il est propriétaire d’un salon de barbier à Fredericton, qui a ouvert ses portes en septembre dernier.

Le salon de coiffure.

Chad McGarity n'est pas surpris que son salon de coiffure ne figure pas en tête de liste des entreprises à rouvrir.

Photo :  CBC

Il a obtenu un emplacement de choix avec un stationnement sur la rue Regent, l'une des rues les plus fréquentées de la ville, et l'entreprise, qui loue des chaises à des barbiers indépendants, a obtenu des résultats supérieurs aux attentes.

Mais cela s'est arrêté assez rapidement, raconte M. McGarity, qui n'a évidemment pas tenu compte d'une pandémie mondiale dans son plan d'affaires.

Le personnel a été renvoyé chez lui, et M. McGarity s'est occupé de faire des calculs, impatient de connaître la date de retour à la normale.

Je me suis projeté, en planifiant à l'avance toutes les factures et tout le reste, jusqu'en juillet au moins, a-t-il dit avant l'annonce du plan de relance. Bien sûr, j'espère que c'est le pire des scénarios, mais, au bout du compte, c'est ce qu'il en est.

Il est rassuré de savoir que la ville les soutient. Les clients deviennent absolument fous, offrent des pourboires, achètent des marchandises, proposent de payer d'avance les coupes de cheveux, veulent un rendez-vous le jour de l'ouverture.

Il a ajouté que la montagne de demandes signifie qu'ils vont probablement garder des heures d’ouverture plus longues les premiers jours.

Le salon de coiffure.

Chad McGarity est propriétaire d’un salon de barbier à Fredericton, qui a ouvert ses portes en septembre dernier.

Photo :  CBC

Mais ce n'est pas seulement la durée de la journée de travail qui va changer ; les conditions de travail devraient également être différentes. L'environnement de contact étroit comporte un plus grand risque de transmission que la plupart des opérations - ce à quoi M. McGarity a pensé.

J'ai personnellement nettoyé [l'atelier] quatre fois depuis que nous avons fermé et nous n'avons eu personne aux portes, dit le propriétaire du salon.

Les employés porteront probablement des masques et des gants - en plus des pratiques sanitaires standard en place chez les coiffeurs - et il y a des panneaux invitant le public à suivre les directives sanitaires et à éviter de mettre le personnel en danger.

...et pour les bars?

De l'autre côté du centre-ville de Fredericton, Nicolai Rigaux était occupé à remplir des commandes vendredi après-midi. La brasserie Graystone a fermé son bar il y a plus d'un mois, mais le gérant du bar a déclaré quela ruée vers une pinte de fin de semaine n'avait pas disparu.

Un homme remplit un verre de bière en fût.

Les gens ne perdent pas leurs habitudes !

Photo : Getty Images / nazdravie

Les gens veulent acheter de la bière le vendredi, a-t-il raconté au journaliste après avoir terminé ses livraisons quotidiennes.

Le bar et le patio de l’entreprise Graystone auraient été remplis n'importe quel vendredi de printemps ensoleillé, mais M. Rigaux explique que la distance physique était impossible dans ce cadre et la brasserie s'est empressée de fermer ce côté de son activité.

Il faudra attendre longtemps avant que les bars ne soient autorisés à ouvrir.

Des gens boivent de la bière.

On ne sait toujours pas quand le Nouveau-Brunswick permettra aux bars de rouvrir leurs portes.

Photo : iStock

Le retour progressif à la normale dans la province n'offre pas de calendrier pour les bars, les lieux de rassemblement et les sports organisés. Le document de réouverture progressive dit simplement à déterminer.

Avec les connaissances que nous avons aujourd'hui sur le virus et sa propagation, il ne serait pas approprié pour moi de suggérer que nous sommes en mesure de faire quoi que ce soit d'autre pour empêcher les rassemblements de masse et s'assurer que nous n'ayons pas une énorme propagation dans notre communauté et dans notre province, a indiqué M. Higgs lors de l'annonce de vendredi.

Le premier ministre a alors expliqué que le calendrier du plan de déconfinement pourrait être raccourci si de nouvelles informations étaient présentées. Le plan provincial n'autorise les rassemblements de 10 personnes ou moins dans la phase 2 et de 50 personnes ou moins dans la phase 3 avant de lever la mesure lorsqu'il y a un vaccin ou une immunité collective.

Selon Dre Jennifer Russell, les bars sont dans une catégorie distincte que celle des restaurants en raison de la plus grande probabilité de mélange entre les clients. 

Avec les informations de CBC

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