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Le leader nord-coréen Kim Jong-un assis derrière une table et des micros, des drapeaux rouges derrière lui, à Pyongyang vendredi.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un est-il décédé?

Photo : via reuters / KCNA KCNA

L’absence de Kim Jong-un lors des dernières cérémonies officielles en Corée du Nord continue d’alimenter les rumeurs sur son état de santé. Les sources divergent sur ce qu’il advient du dictateur du pays communiste, certaines le disant « pratiquement mort », d’autres, comme les autorités de la Corée du Sud, laissant penser qu’il serait peut-être « en tournée régionale ».

Kim Jong-un est apparu pour la dernière fois en public le 11 avril, présidant une réunion durant laquelle il aurait discuté de prévention du coronavirus et aurait nommé sa sœur, Kim Yo-jong, membre suppléante du bureau politique du Parti du travail, selon l'agence de presse officielle de la Corée du Nord.

Quatre jours plus tard, il était absent lors du traditionnel hommage rendu le jour de l’anniversaire de son grand-père Kim Il-sung, décédé en 1994 et premier de la dynastie Kim à régner sur le pays. Il n’était pas non plus présent samedi lors des cérémonies célébrant la création de l’armée du peuple.

Les rumeurs sur son état de santé ont commencé à courir lundi dernier, quand le Daily NK, un site web basé à Séoul, a affirmé en citant une source anonyme en Corée du Nord que le dirigeant était en convalescence après avoir subi une intervention cardiovasculaire le 12 avril.

Cette même journée, la chaîne américaine CNN indiquait que Washington étudiait des informations voulant qu'il soit en danger grave après une intervention chirurgicale.

Deux jours plus tard, le Daily NK renchérissait et affirmait que Kim Jong-un s’était rendu à l’hôpital après sa réunion du 11 avril. Il spécifiait que la santé de Kim Jong-un s’était détériorée en raison du tabagisme, de son obésité et d’un surplus de travail. Selon une de ses sources, il connaissait des problèmes cardiovasculaires depuis le mois d’août, qui avaient empiré au cours des derniers mois.

Pratiquement mort

Ces ouï-dire se sont amplifiés à la fin de la semaine, quand le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo, citant l’homme politique et analyste Chang Seong-min, a assuré qu’une source au Parti communiste chinois lui avait dit que M. Kim était pratiquement mort. L’homme est toutefois connu pour avoir déjà véhiculé de fausses informations.

Des États-Unis, le président américain a mis en doute ces renseignements. Questionné par les journalistes, il a dit penser qu’ils étaient inexacts, mais a refusé de dire s’il avait parlé aux autorités nord-coréennes.

Trois sources de l’agence Reuters ont pour leur part attesté qu’une équipe médicale chinoise s’était rendue à Pyongyang, la capitale nord-coréenne, le 23 avril, menée par un représentant du Parti communiste chinois.

Quant à Daisuke Kondo, journaliste à l’hebdomadaire japonais Shukan Gendai, il aurait parlé à l’un des membres de cette équipe, qui lui aurait confié que lors de l’opération subie par Kim Jong-un, le médecin chargé de lui poser une endoprothèse vasculaire aurait pris trop de temps pour terminer l’opération, ce qui aurait plongé le malade dans un état de mort cérébrale.

La mort du dirigeant de 36 ans a même été annoncée à Hong Kong par la télévision par satellite HKS. La directrice adjointe de HKS, Qin Feng, a souligné que la Corée du Nord avait mis deux jours avant d’annoncer officiellement la mort par arrêt cardiaque du père de Kim Jong-un, en 2011.

La Corée du Sud dément ces affirmations

Aucune activité inhabituelle n’a été détectée en Corée du Nord, certifie de son côté Séoul, qui dit n’avoir recueilli aucun renseignement pouvant confirmer le décès du dirigeant du pays voisin.

Au contraire, selon le Bureau du premier ministre, M. Kim serait probablement à l’extérieur de Pyongyang avec des proches.

Cela pourrait peut-être expliquer la présence d’un train appartenant au dirigeant, à Wonsan, une ville portuaire touristique de l’est de la Corée du Nord. Cette information a été dévoilée samedi par 38 North, un centre américain d’analyse de la Corée du Nord.

S’appuyant sur des photos satellites, le centre a noté qu’il n’était pas là le 15 avril, mais l’était les 21 et 23 avril.

La présence du train ne prouve pas où se trouve le dirigeant nord-coréen et n’indique rien sur sa santé, mais elle donne du poids aux affirmations selon lesquelles il séjourne dans une zone réservée à l’élite sur la côte est du pays, observe 38 North.

Une source sud-coréenne a aussi déclaré à Reuters vendredi que M. Kim était vivant et qu’il ferait une apparition bientôt.

À qui irait le pouvoir?

Kim Yo-jong, soeur du dirigeant nord-coréen  Kim Jong-un.

Kim Yo-jong, soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un

Photo : Reuters / Damir Sagolj

S’il venait à mourir, la Corée du Nord n’a jamais dévoilé qui prendrait la succession de Kim Jong-un, au pouvoir depuis 2011 après la mort de son père, Kim Jong-il.

Selon la tradition familiale, il reviendrait à l’un de ses fils de diriger le pays, mais même son aîné est trop jeune pour prendre le relais.

Les services secrets sud-coréens pensent en effet que M. Kim aurait trois enfants avec son épouse, Ri Sol-ju. L’aîné aurait 10 ans et le dernier serait né en 2017.  

Les analystes jugent qu’étant donné le jeune âge du dauphin, la sœur de Kim Jong-un, qui a été très présente auprès du dirigeant ces deux dernières années, pourrait faire fonction de régente jusqu’à ce que son neveu soit en âge de gouverner.

Il est peu probable que Kim Yo-jong prenne la barre, mais elle pourrait aider à mettre en place une régence et prendre les rênes du pouvoir pendant que les enfants grandissent. Kim Jong-chol [leur frère] pourrait venir aider pendant un certain temps, croit Go Myong-hyun, chercheur à l'Institut asiatique d’études politiques à Séoul.

Kim Yo-jong, 31 ans, pourrait donc prendre la barre du pays pendant un moment. Étant officieusement la chef de cabinet de son frère, elle est réputée pour avoir un contrôle ferme des organes clés du parti et y détiendrait un pouvoir important.

Kim Yo-jong sera la principale base du pouvoir, contrôlant le service d'organisation et d'orientation, le pouvoir judiciaire et la sécurité publique, estime Cho Han-bum, de l'Institut pour l'unification nationale, financé par le gouvernement sud-coréen.

Quant au frère aîné, Kim Jong-chol, il n’a jamais été intéressé par le pouvoir et la vie publique et a plutôt préféré vivre une vie tranquille et jouer de la musique, selon Thae Yong-ho, un ancien diplomate nord-coréen qui a fait défection et s’est réfugié au sud. Il maintient toutefois des liens avec sa fratrie et pourrait jouer un rôle public plus important en situation d’urgence, disent les analystes.

Les spécialistes présument que la famille pourrait être appuyée dans sa tâche par Choe Ryong-hae, qui a été mis l’an dernier à la tête du présidium de l’Assemblée du peuple, qui exerce le pouvoir législatif. Celui-ci avait auparavant joué un rôle politique influent à la tête de l’armée. Pak Pong-ju, membre du comité central du Parti et ancien premier ministre du pays, qui a supervisé ses efforts pour relancer son économie, pourrait aussi aider à diriger le pays.

Avec les informations de Le Monde, Reuters, et Associated Press

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