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Conseil de sécurité de l'ONU : une résolution sur la COVID-19 attendue cette semaine

Une rencontre des membres du Conseil de sécurité de l'ONU, les participants sont assis autour d'une table.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter cette semaine sa première résolution sur la pandémie.

Photo : The Associated Press / Mary Altaffer

Agence France-Presse

Après plus d'un mois de controverses, balloté entre les États-Unis, la Chine ou la Russie, le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter cette semaine sa première résolution sur la pandémie de COVID-19 qui vise à intensifier la coopération internationale.

Un texte sans lendemain? Un sursaut pour un multilatéralisme mis à terre par des réflexes nationaux? Ou la première étape vers une réorganisation géopolitique et une refonte d'une Organisation créée en 1945 pour prévenir et contenir les crises mondiales?

Diplomates et experts interrogés par l'AFP sont circonspects.

Être en retard est un acte de violence disait Gandhi, rappelle sous couvert d'anonymat un ambassadeur, en ne donnant guère d'excuses à la plus haute instance de l'ONU pour son silence embarrassant face à la pire crise depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis le début de l'épidémie, le Conseil de sécurité n'a tenu qu'une visioconférence dédiée à la pandémie le 9 avril, à l'initiative de l'Allemagne et l'Estonie.

La résolution proposée conjointement par la Tunisie et la France réclame une coordination renforcée parmi tous les pays, une cessation des hostilités et une pause humanitaire dans de multiples pays en conflit.

Elle veut soutenir les efforts en ce sens du secrétaire général de l'Organisation, Antonio Guterres, et le travail des différentes agences onusiennes tentant de contenir les conséquences politiques, économiques et sociales désastreuses de la maladie meurtrière.

Ce texte aux avantages substantiels est aussi un moyen pour le Conseil de sécurité de sauver la face en affirmant qu'il n'est pas entièrement inactif, juge à New York Richard Gowan du centre de réflexion International Crisis Group.

Contraignant pour les 193 membres des Nations unies, aura-t-il des effets positifs en Syrie, au Yémen, au Proche-Orient, en Afghanistan, en Colombie ou en Afrique? Un cessez-le-feu général est très louable mais le défi est de le traduire en actions dans des pays ayant chacun un contexte particulier, convient un autre ambassadeur.

Le texte de Tunis et Paris est la fusion de deux projets négociés en parallèle pendant des semaines, l'un sous la houlette de la Tunisie uniquement entre les dix membres élus et non permanents du Conseil de sécurité (appelés E10), l'autre sous la direction de la France entre les seuls cinq membres permanents (dénommés P5).

Cette dualité, qui a laissé dubitatifs nombre de diplomates, n'entrait pas dans une logique de concurrence mais dans celle d'un partage des rôles, expliquent des négociateurs.

Aucun des deux textes, au même objectif d'une meilleure coopération et d'un soutien à un cessez-le-feu, n'a toutefois abouti à une entente totale dans chacun des deux blocs, selon des diplomates.

Le projet désormais commun aux 15 membres doit encore subir quelques amendements avant d'être mis au vote à une date encore à définir. Mais ce sera dans la semaine, selon plusieurs diplomates qui la qualifient de décisive.

Un point de blocage principal reste un paragraphe laissé en blanc dans le texte obtenu par l'AFP, dévolu à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vouée depuis peu aux gémonies par les États-Unis.

Il ne faut ni apologie ni la décrier et seul un arbitrage au plus haut niveau pourra résoudre le problème, indique un diplomate sous couvert d'anonymat, en évoquant une visioconférence à venir des dirigeants du « P5 » (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume Uni).

Ces derniers profiteront-ils de cette rencontre inédite pour dessiner un nouvel ordre mondial d'après-pandémie et par conséquent une nouvelle ONU?

Pour un ambassadeur, il revient à son secrétaire général, positionné au-dessus de la mêlée, de conduire la réflexion. Il doit définir un plan de guerre pour remporter cette guerre, affirme-t-il.

Jamais chacun des 7 milliards et demi d'humains n'ont autant ressenti, dans leur chair, un besoin urgent de politique globale, note Bertrand Badie, professeur à l'Institut d'Études Politiques de Paris.

Il y a donc un contexte nouveau qui pousse à la satisfaction de ce besoin urgent. En même temps, jamais le nationalisme n'a été aussi actif de par le monde. L'inconnue est donc la manière dont on arbitrera entre ces deux sollicitations contradictoires, selon lui.

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