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Le projet Deux mètres : des sourires en temps de confinement

Une photographe propose une série de portraits de Montréalais sur le seuil de leur porte, en témoignage de cette période de confinement.

Un couple souriant est assis sur des marches devant leur maison.

La photographe Cassandra Cacheiro capture des images de Montréalais en confinement pour son projet intitulé Deux mètres.

Photo : Cassandra Cacheiro

Radio-Canada

Elle s’était fait connaître en 2017 avec ses photos-portraits intimistes intitulées The Womanhood Project. Cassandra Cacheiro présente désormais un nouveau projet bien au goût du jour : Deux Mètres, une série de photographies de Montréalais devant chez eux, en ces temps de confinement.

L'annonce de la pandémie de COVID-19 et les débuts du confinement ont été difficiles pour la travailleuse autonome montréalaise qui, dans un premier temps, dit avoir paniqué à la suite de ce brusque changement dans le quotidien.

Ça n’allait pas bien à ce moment-là, comme pour la plupart des gens, c'était ne pas vraiment savoir ce qui allait se passer dans l'avenir qui inquiétait. [...] Le changement de vie commençait, se rappelle-t-elle.

Pour se sortir de cette morosité ambiante et repousser l'angoisse, Cassandra Cacheiro a alors eu l’envie de replonger dans la création et de témoigner de cette période toute particulière. C'est ainsi qu'est né le projet Deux mètres.

Celle qui exerce la photographie depuis bientôt cinq ans a aussi trouvé un moyen de rompre avec l'isolement en allant à la rencontre de Montréalais, tout en renouant avec la pratique de son art.

Avec son projet, malgré la distanciation imposée de deux mètres, Cassandra Cacheiro se promène donc à travers les rues de Montréal pour photographier ses modèles sur le pas de leur porte.

Un couple et un enfant posent devant leur maison.

Anne-Marie, Mathieu et Roméo - Rosemont

Photo : Cassandra Cacheiro

Apporter un peu de joie de vivre

À deux mètres de mes sujets, je pratique la distanciation physique, mais pas sociale, peut-on lire sur le compte Instagram de la photographe, où elle a déjà publié ses premières photos.

Disposant d’un vaste carnet d’adresses sur ses réseaux sociaux, elle demande à des inconnus, des amis et des familles de se prêter au jeu.

Je prends des marches dans différents quartiers de la ville et je vais à la rencontre de ceux qui le veulent. Ça fait du bien aussi juste de parler aux autres.

Cassandra Cacheiro

La photographe s'est déjà arrêtée devant une cinquantaine d'adresses. Et si la séance photo ne dure que quelques minutes, ce bref instant suffit pour briser l'isolement.

Ça arrive souvent que les gens me disent, "Tu es la première personne à qui je parle depuis trois semaines". Et c'est vrai que ça fait du bien. Pour moi, comme pour eux, relate-t-elle.

Catherine Dionne fait partie de ces personnes qui ont répondu à l'appel de Cassandra Cacheiro.

J'habite seule et les journées sont longues. J'avais envie de participer à ce projet de portraits avec des gens qui vivent la même chose que moi en fait, explique la jeune femme, qui suivait le travail de Cassandra depuis plusieurs années.

Selon Catherine Dionne, ancienne agente d'artistes et sans emploi depuis le 13 mars, la photographe a su apporter un peu de joie de vivre avec cette initiative.

Le témoignage d'une époque

Un sourire, un brin de causette, et la photographe repart avec, sur sa pellicule, des images d'un moment que tous espèrent passager. Cassandra Cacheiro croit d'ailleurs que dans quelques années ces photos seront le témoignage d'une époque marquante.

Ces photos-là veulent dire quelque chose aujourd'hui, mais diront quelque chose de complètement différent dans 10 ou 20 ans, assure la photographe, qui espère des jours meilleurs.

Deux femmes et des bouteilles de vin sur le pas de leur porte.

Andréane et Sarah-Maude - Plateau Mont-Royal

Photo : Cassandra Cacheiro

Toujours en respectant la distanciation physique, l'artiste souhaite parvenir à réaliser une centaine de portraits. Le site web qui devra répertorier ces photos sera lancé dans quelques semaines. Pour le moment, les clichés sont publiés au compte-goutte sur la page Instagram de la photographe.

Malgré ces temps économiquement difficiles pour la jeune femme, elle assure que ces photos sont proposées gratuitement. Elle souligne toutefois qu'une participation est laissée à la discrétion de chacun.

Avec les informations de Carla Oliveira

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