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L'éducation à distance compromise par les difficultés d'accès à Internet

Une fillette fait des devoirs

Les élèves ontariens doivent poursuivre leur éducation de manière virtuelle en raison de la pandémie de coronavirus qui a forcé la fermeture des écoles.

Photo : getty images/istockphoto / hedgehog94

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’éducation à distance pose de grands défis pour des élèves issus de régions n’ayant pas facilement accès à Internet haute vitesse. L’opposition officielle ontarienne appelle le gouvernement à agir rapidement pour s’assurer que les élèves ne soient pas victimes des circonstances créées par la pandémie de coronavirus.

Les trois dernières semaines n’ont pas été de tout repos pour Julie Cheff. 

La résidente de Lac-Sainte-Thérèse, au nord de Hearst, travaille désormais de chez elle en raison de la pandémie, et doit utiliser Internet en même temps que ses trois enfants ainsi qu’une autre élève qu’elle héberge temporairement. 

Je suis un petit peu à l’extérieur des limites [de Hearst], alors je n’ai pas nécessairement les mêmes services Internet, c’est un peu plus compliqué, explique-t-elle, précisant qu’elle se sert d’une connexion DSL qui emploie les lignes téléphoniques.  

« Il y a beaucoup plus de congestion, surtout en semaine, quand les enfants doivent compléter leurs travaux. Ils sont aussi appelés à avoir des rencontres avec leurs professeurs, leurs amis, alors ça rend la chose vraiment compliquée. »

— Une citation de  Julie Cheff, résidente de Lac-Sainte-Thérèse

Elle ajoute que l’expérience l’a forcée à évaluer d’autres options de service Internet, mais celles qu’elle a trouvées ne pourront être testées que dans trois à quatre semaines par un fournisseur local.

J’espère bien qu’on va pouvoir faire ce changement-là pour que le système puisse répondre à nos besoins. À chaque fois que je dois faire [une visioconférence] par exemple, je dois demander à tout le monde de fermer leurs appareils pour embarquer moi-même sur la rencontre et encore là, ça coupe énormément, note-t-elle. 

D’ici là, Julie Cheff dit miser sur la coordination entre les membres de son foyer pour éviter que davantage de mésaventures. 

J’ai appris que l’élève qui habite chez nous a dû manquer une de ses présentations parce que mois j’étais déjà sur le signal, en vidéoconférence et elle n’a pas été capable de faire la connexion qu’elle voulait pour faire sa présentation, fait savoir Mme Cheff. 

Dans un récent rapport, l'Institut des politiques du Nord évaluait à 15,5 % le taux de Nord-Ontariens ayant accès aux vitesses de téléchargement et de téléversement visées par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Une injustice pour le Nord

Dans une lettre qu’ils ont écrite vendredi au premier ministre ontarien Doug Ford, les députés néodémocrates du Nord de l'Ontario exigent un investissement de la province d’un milliard de dollars pour s’assurer que toutes les communautés rurales et du Nord aient accès à des services Internet de qualité. 

« Quand on est dans une situation de pandémie comme c’est le cas actuellement, qu’on travaille à la maison, que les enfants sont obligés de faire leurs études sur Internet, quand on a un système désuet et qui n’est pas comparable à ce qu’il y a dans le Sud, je pense que c’est une injustice envers le Nord et les communautés rurales. »

— Une citation de  Guy Bourgouin, député provincial de Mushkegowuk-Baie James
Gilles Bisson et Guy Bourgouin se donnent une poignée de main.

Les députés néodémocrates nord-ontariens, dont Gilles Bisson et Guy Bourgouin, demandent au gouvernement Ford d'investir rapidement dans l'élargissement de l'accès à Internet à haut débit dans le nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Guy Bourgouin estime que les circonstances créées par la crise de la COVID-19 démontrent l’urgence d’améliorer les infrastructures de télécommunications, d’autant plus que même pour faire les demandes pour les programmes d’aide des gouvernements, on n’a pas le choix d’avoir Internet

Dans une déclaration envoyée par courriel à Radio-Canada, une porte-parole du ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce, indique que le gouvernement reconnaît que le manque d'accès à Internet et à la technologie pose des défis à certaines familles pendant cette pandémie.

Nous travaillons sans relâche avec les conseils scolaires pour développer des plans afin de mettre la technologie des écoles au service des élèves. Les conseils scolaires trouvent aussi de nouvelles solutions pour fournir du matériel imprimé directement aux élèves, écrit Alexandra Adamo.

Le 17 avril, le gouvernement a signalé son intention de distribuer 21 000 tablettes numériques et de fournir l’accès à Internet à haut débit aux élèves qui ne disposent pas de la technologie ou d'un accès à Internet nécessaires.

Le programme est issu d’un partenariat avec les entreprises Apple et Rogers.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Des bornes Internet distribuées par les conseils scolaires du Nord

Plusieurs conseils scolaires francophones du Nord de l’Ontario indiquent ne pas avoir encore reçu d’équipement par le biais dudit partenariat mais disent faire de leur mieux pour répondre aux besoins des élèves en équipement technologique. 

Tous les élèves du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO) ont reçu un appareil Chromebook, et une trentaine de bornes Internet portatives HotSpot ont été fournies aux familles qui n’étaient pas connectées, selon la directrice des communications Carole Dubé. 

Le Conseil scolaire catholique du district des Grandes Rivières attend, pour sa part, sa commande de bornes MyFi qui seront, par la suite, livrées aux familles sans accès à Internet à la maison, fait savoir le directeur des communications Richard Loiselle. 

Après avoir déployé un ordinateur portable par famille à toutes celles qui en ont exprimé le besoin, le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales se penche maintenant sur les besoins particuliers incluant l’accès à Internet qui est problématique pour certaines familles, indique par courriel la porte-parole Carol-Ann van Rassel.

Plus de 560 élèves du Conseil scolaire catholique Nouvelon bénéficient d’une technologie d’aide prêtée, selon le porte-parole Paul de la Riva.

Il ajoute que le conseil scolaire a aussi fait don de plus de 522 outils technologiques additionnels - des ordinateurs portables Dell et iPad ayant déjà servi entre trois et cinq ans - à des élèves qui en avaient besoin.

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