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Des citoyens de Gatineau s'opposent à la vente d’un terrain abritant plusieurs chênes

Un boisé de chênes dont le sol est recouvert de feuilles mortes.

Les chênaies sont devenues rares au Québec en raison de leur exploitation massive pour alimenter toutes sortes d’industries.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

De nombreux citoyens allèguent qu'un boisé mis en vente par la Ville de Gatineau a une valeur écologique non négligeable, notamment en raison de la présence possible de chênes blancs, une espèce rare.

La Municipalité a lancé, il y a quelques semaines, un appel d’offres pour ce terrain situé à l’angle du boulevard de Lucerne et du chemin Fraser, dans le district de Deschênes. La Ville a pris cette décision afin de combler un manque à gagner dans ses coffres. L’argent de la vente doit servir à remplacer les fonds utilisés pour l’achat du terrain qui doit accueillir un nouveau complexe multiglace dans le secteur du Plateau

Les membres du conseil municipal affirment qu’ils n’avaient pas été mis au courant de la présence de la chênaie sur le terrain de 53 343,3 mètres carrés lorsqu’ils ont approuvé à l’unanimité la publication de l’appel d’offres.

C'est dommage qu'on n'ait pas pu empêcher le départ du train, mais le train est en marche et là il faut revenir en arrière un peu, soutient France Gagnon, une résidente du quartier avoisinant.

France Gagnon pose dans la forêt.

France Gagnon habite le district de Deschênes depuis 28 ans.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

Mme Gagnon fait partie des citoyens du quartier qui ont contacté les conseillers municipaux de l’ouest de Gatineau afin de leur faire part de leurs inquiétudes.

Je trouve ça pertinent de m'attarder à ce dossier-là, parce qu'il y a une valeur écologique alléguée, répond la conseillère du district d’Aylmer, Audrey Bureau.

Une étude réalisée par le Club des ornithologues de l’Outaouais en 2012 conclut notamment que cette forêt représente un habitat critique pour les espèces menacées présentes dans le quartier en raison de sa combinaison de milieux humide et forestier.

Une autre étude complétée par la firme GRAO Consultants en archéologie la même année évalue le potentiel archéologique de la forêt de « moyen à élevé ».

Une pancarte de la Ville de Gatineau invite les citoyens à protéger la riche biodiversité du terrain.

Une pancarte en bordure de la forêt témoigne de la valeur écologique du terrain.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

Des pancartes de la Ville en bordure du terrain préviennent les passants de son importance écologique. Ces milieux naturels font partie d’une zone importante pour la conservation de près de 270 espèces d’oiseaux. Plus de 930 espèces d’amphibiens, reptiles et mammifères, ainsi que plusieurs essences de plantes en péril, ont été observées dans les écosystèmes du quartier Deschênes, est-il écrit.

Le processus suivra son cours jusqu’à nouvel ordre

La Ville de Gatineau laissera tout de même son appel d’offres affiché pour les cinq prochaines semaines avant de prendre une décision sur la vente du terrain.

Le terrain est situé dans une zone de protection des boisés et dans un corridor vert. La personne qui va s'en porter acquéreur devrait respecter ces dispositions-là qui sont plus contraignantes, parce qu'on doit garder un couvert végétal de 25 % de la superficie, souligne Mme Bureau.

L’éventuel promoteur devrait également laisser une zone tampon de 30 mètres autour des zones humides et se plier à un processus de consultations publiques pour aider à assurer la meilleure intégration possible.

Le conseiller du district de Deschênes, Mike Duggan, affirme pour sa part que l’objectif est aussi de protéger d’autres milieux avec une valeur écologique plus élevée, qui pourraient faire les frais du besoin grandissant de nouveaux projets immobiliers.

On veut contrôler l'étalement urbain, donc ça veut dire de la densification dans un milieu urbain comme celui-là, même si c'est malheureux, reconnaît le conseiller municipal.

Ce boisé n'est pas n'importe quel boisé, c'est un écosystème fragile et stratégique à l'entrée d'un corridor de biodiversité.

France Gagnon, résidente du district de Deschênes

M. Duggan, qui avoue lui-même profiter des sentiers dans le boisé, estime qu’il est de son devoir d’écouter toutes les parties prenantes afin de prendre une décision équilibrée.

Je vois qu'il y a un boisé de chênes blancs qui mérite notre attention, mais en même temps, il faut que je cherche une source de financement pour financer le terrain au Plateau, conclut-il.

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