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Le concept d'immunité collective ne fait pas consensus au pays

Le reportage de Louis Blouin

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Alors que l'Organisation mondiale de la santé avertit les États qu'il n'y a pas de preuve que les personnes qui ont développé des anticorps à la COVID-19 étaient immunisées, il appert que le concept d'immunité collective ne fait pas l’unanimité au Canada.

Le premier ministre du Québec présentera son plan de déconfinement de la province la semaine prochaine. Il assure que son plan de réouverture du Québec sera graduel.

François Legault mise sur le développement d’une immunité individuelle pour graduellement former une immunité collective.

Questionnée sur cette approche lors de son point de presse quotidien, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, a répondu que ce n'est pas un concept qui devrait être soutenu.

L'idée de générer une sorte d'immunité naturelle n'est en fait pas quelque chose qui devrait être entrepris.

La Dre Theresa Tam

La Dre Tam souligne qu’une partie du travail du groupe d’experts sur le nouveau coronavirus consiste à « examiner le niveau d'immunité de la population canadienne ».

D’abord, elle considère que le nombre de cas déclarés ne reflète pas la réalité : Je pense, comme nous le savons tous, que le nombre de cas signalés est une sous-estimation du nombre de personnes infectées.

D’autre part, elle estime que le respect des mesures de distanciation sociale par les citoyens se traduit par peu d’immunité naturelle.

Je pense qu'étant donné l'incroyable réaction de la santé publique et la réaction des Canadiens à l'éloignement physique, il est possible que le niveau d'immunité soit assez faible, affirme-t-elle.

La spécialiste reconnaît que le virus peut avoir un impact dévastateur sur les personnes âgées et ceux qui ont des problèmes médicaux sous-jacents.

Maladie dangereuse

Cependant, elle prévient qu’il peut également frapper durement les autres Canadiens. Il peut en fait avoir des conséquences assez graves, même pour les jeunes et pour le reste de la population, ajoute-t-elle.

D’ailleurs, elle lance un appel aux diverses directions de la santé publique : Nous demandons aux médecins en chef : Nous serions extrêmement prudents sur ce genre d'approche [si nous étions à votre place].

C'est ce même appel à la prudence qu'a lancé le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien, samedi avant-midi.

Je ne crois pas qu’il y a un plan de relance économique qui dépend de l’immunité de certaines personnes à la COVID-19, a-t-il déclaréNous devons avoir des réponses claires sur cette question et, entre-temps, nous préférons pencher du côté de la prudence.

Respecter les recommandations

Pour Québec, qui s'apprête à entamer le déconfinement, le concept d'immunité repose sur les recommandations de la santé publique.

Toutes nos décisions sont prises sur recommandation de notre Santé publique, au Québec. La réalité, c’est que le virus fera partie de notre quotidien pour de nombreux mois à venir. Il faut que la vie reprenne graduellement, il y aurait des risques importants à garder les Québécois confinés trop longtemps, en santé mentale notamment. Le Québec est rendu à une autre étape, mentionne une déclaration transmise au nom du Cabinet du premier ministre François Legault.

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