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Des entrepreneurs dénoncent les critères d'admissibilité à l'aide aux loyers d'Ottawa

Des affiches dans la vitrine d'un petit commerce indiquent qu'il est fermé.

Bien des entreprises ont dû cesser ou réduire temporairement leurs activités en raison des directives de la Santé publique destinées à enrayer l'épidémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Après l’annonce d'une aide au loyer des PME par le premier ministre Justin Trudeau, certains entrepreneurs affirment être mis à l’écart. Selon eux, le critère limitant l'aide aux seules entreprises ayant interrompu leurs activités ou dont les revenus ont diminué d'au moins 70 % depuis le début de la pandémie de COVID-19 laisse plusieurs entrepreneurs dans le besoin.

La directrice artistique et propriétaire de l’école de danse Encore Studios à Saint-Boniface, Tobi Léveillé, explique avoir perdu environ 60 % de ses revenus par rapport à la même période l’an dernier en raison de la pandémie, ce qui n'est pas suffisant pour bénéficier de la nouvelle aide du gouvernement fédéral.

Afin de respecter les mesures de sécurité prescrites par les autorités, Mme Léveillé indique avoir demandé à ses 16 employés de dispenser des cours en ligne.

Malgré tous les efforts consentis par ces derniers, les revenus ne permettent pas de couvrir toutes les dépenses de l’entreprise, particulièrement le loyer qui est de 8000 $ par mois, déplore-t-elle.

« Nous avons travaillé deux fois plus dur que nous le ferions normalement, mais nous savons que nous donnons de l’espoir aux étudiants parce que tout se ferme autour d’eux », dit-elle.

Une femme debout près d'un comptoir sur lequel est posé un bouquet de fleurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice artistique et propriétaire de l’école de danse Encore Studios à Saint-Boniface, Tobi Léveillé.

Photo : Fournie par / Tobi Léveillé

La propriétaire aurait aimé que l’aide du gouvernement fédéral soit plus inclusive afin que les entrepreneurs qui sont dans la même situation qu’elle puissent également en profiter.

Je pense que la barre est trop raide, déplore-t-elle.

Les critères devraient avoir une sorte d’options afin de soutenir tous les entrepreneurs, quel que soit le volume d’affaires qu’ils ont perdu, parce que lorsque vous vous battez pour rester ouvert, vous ne vous développez pas. Et si une entreprise ne se développe pas, votre potentiel d’échec est beaucoup plus grand, dit-elle.

L’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) réduira de 75 % les loyers de moins de 50 000 $ par mois.

Ainsi, le locataire ne paiera que 25 % de son loyer, alors que le propriétaire en absorbera 25 % et le fédéral et les provinces paieront les 50 % restants.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante salue l’initiative gouvernementale, mais affirme également que les critères d’admissibilité sont rigides.

De nombreuses petites entreprises qui ont besoin d'un allègement du loyer peuvent ne pas être admissibles, souligne le directeur des affaires provinciales pour la branche manitobaine de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Jonathan Alward.

De plus, il déplore quelque peu l’inclusion des propriétaires dans cette nouvelle mesure.

D’après M. Alward, les locataires peuvent avoir grandement besoin d'un allègement du loyer, mais les propriétaires peuvent décider de ne pas participer au programme ou de l’ignorer.

Dans l’ensemble, de nombreux propriétaires sont bons pour leurs locataires et il est logique de le faire sur le plan commercial, déclare-t-il, mais les exigences seront une préoccupation pour certains.

Cette crainte est partagée par Mme Léveillé.

Je comprends pourquoi ils veulent inclure le propriétaire dans la solution. Mais c’est le propriétaire qui détient toutes les cartes dans cette situation, dit-elle.

C’est difficile pour les propriétaires d’entreprise d’espérer que le propriétaire obtiendra cette aide pour eux, ajoute-t-elle.

Les deux sont cependant optimistes et espèrent que les choses s’amélioreront pour les entrepreneurs.

Avec les informations de Marianne Klowak

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