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L'Arabie saoudite abolit la peine de flagellation

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane

Photo : Reuters / Handout .

Agence France-Presse

L'Arabie saoudite a supprimé la flagellation de son système pénal, une peine très critiquée comme le bilan en matière de droits de la personne de ce pays par les ONG internationales, ont indiqué un responsable et des médias progouvernementaux.

Le royaume ultraconservateur est régulièrement accusé de violations des droits de la personne par les ONG qui dénoncent entre autres la peine de flagellation applicable en cas de meurtre, d'atteinte à l'ordre public ou même de relations extraconjugales.

La Commission des droits de la personne se félicite de la récente décision de la Cour suprême d'éliminer la flagellation comme peine potentielle, a déclaré dans un communiqué vendredi soir, Awad Al-Awad, le président de cette commission, un organisme gouvernemental.

Selon les termes de cette décision, les précédentes condamnations à la flagellation seront remplacées par des peines de prison et des amendes, a-t-il ajouté. Cette réforme est un pas en avant considérable en matière des droits de l'homme, selon lui.

La date exacte de la décision d'abolir la flagellation n'a pas été précisée.

Elle n'a pas été rendue publique, mais a été rapportée par plusieurs médias locaux, dont le journal gouvernemental Okaz, citant des sources haut placées.

Selon Okaz, la Cour suprême a imposé aux tribunaux de n'appliquer la peine de flagellation en aucun cas et de se contenter d'autres peines, tels l'emprisonnement ou les amendes.

Depuis que Mohammed ben Salmane est devenu prince héritier en 2017, l'Arabie saoudite est particulièrement pointée du doigt par les organisations de défense des droits de l'homme. L'ouverture économique et sociale promue par le prince Mohammed s'est accompagnée d'une répression accrue contre les voix discordantes, au sein de la famille royale comme dans le milieu des intellectuels et militants.

Son image de réformateur a été grandement ternie par le meurtre du journaliste saoudien et critique du pouvoir, Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Ce crime avait provoqué un tollé international.

Vendredi, des ONG ont annoncé la mort en prison en Arabie saoudite, des suites d'un AVC, d'un important militant saoudien des droits de l'homme, Abdallah al-Hamid, qui purgeait une peine de 11 ans pour avoir rompu l'allégeance au roi, incité au désordre et cherché à déstabiliser la sécurité de l'État.

Le cas du blogueur saoudien Raif Badawi a été ces dernières années le plus emblématique. Défenseur de la liberté d'expression, il a été condamné en 2014 à 1000 coups de fouet et 10 ans de prison pour insulte à l'islam.

Au-delà des coups de fouet, le recours massif à la peine de mort en Arabie saoudite est également dénoncé par les ONG.

L'Arabie saoudite a exécuté un nombre record de personnes en 2019, malgré une baisse générale des exécutions dans le monde, a regretté Amnesty dans son rapport sur la peine capitale dans le monde, publié cette semaine.

Les autorités saoudiennes ont mis à mort 184 personnes l'année dernière, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré par Amnesty en une seule année dans le pays, a-t-elle précisé.

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