•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'effet de la pandémie jusque dans les chenils du Yukon

Un attelage de chiens en été en montagne.

Plusieurs propriétaires de chenils de chiens de traîneaux exploitent en été des excursions qui rentabilisent leurs activités d'hiver au Yukon comme en Alaska.

Photo : Tutshi Sleddog Tours

Radio-Canada

La meneuse de chiens de renom Michelle Phillips a pris la difficile décision de mettre en vente une dizaine de ses chiens après que la saison des croisières en Alaska ait été en bonne partie annulée.

Nous avons besoin de réduire nos coûts. [...] C’est difficile. On a un lien spécial avec chacun des chiens.

Michelle Phillips, meneuse d'attelages

En été, Michelle Phillips et son mari Ed Hopkins - lui aussi bien connu du milieu - offrent des tours d’attelage aux passagers des croisières et aux touristes le long de la route Klondike Sud. Pour ce faire, ils embauchent cinq personnes.

En plus d’une boutique de souvenirs, l’endroit accueille des « employés canins », les chiens d’autres meneurs d’attelages qui profitent de l’été pour travailler sans avoir à nourrir tout leur chenil.

Des chiens sont couchés sur une plateforme de bois et regardent au loin.

Le chenil de Michelle Phillips à Tagish au Yukon exploite en été des excursions près de la frontière avec l'Alaska.

Photo : Tagish Lake Kennel

« Ça représente probablement 90 % de notre revenu annuel. C’est vraiment énorme », explique Michelle Phillips.

Le couple affirme que tant du côté du Yukon que du côté de l’Alaska le monde du traîneau à chien est durement touché par les conséquences de la pandémie.

« Cette situation sera très difficile pour l'industrie du traîneau à chien et je suis inquiète pour les courses : [il faudra voir] si les participants pourront trouver le financement et de quoi les commandites auront l’air, ajoute-t-elle. Beaucoup de questions ».

Une situation dangereuse pour certains chenils

Le vétéran et incontournable du chien de traîneau au Yukon, Frank Turner, s'inquiète lui aussi. C’est lui qui, au lendemain de la tragédie de Whistler en Colombie-Britannique, a participé à l’élaboration d’un code de pratiques pour cette province.

Ce ne sont pas des bicyclettes ou des canoës, les chiens doivent être entretenus tous les jours, être nourris, vaccinés - ce qui peut coûter plus de 2000 $ selon le nombre de chiens - et on ne peut pas dire on va s’en passer.

Frank Turner, meneur d'attelages

Si certains comme Michelle Phillips disposent d’une réputation solide pour vendre des chiens, d’autres pourraient avoir recours, craint Frank Turner, au refuge d’animaux, voire à l'abattage lance-t-il en admettant « le dire tout haut ».

Frank Turner devant une rivière en hiver.

Le meneur d'attelages de renommée Frank Turner milite depuis plusieurs années pour la mise en place de standards pour l'industrie.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

« Les gens feront face à tant de pression qu’ils devront réduire le nombre de chiens de leur chenil, ou réduire la qualité de la nourriture. S'il n’est pas possible de générer de revenus, il faut réduire les coûts c’est évident. »

Des solutions?

Frank Turner aimerait voir les gens se porter volontaires pour abriter des chiens à la maison le temps de la crise. Peut-être serait-il même possible rêve-t-il que des refuges d’animaux des provinces du Sud souhaitent offrir des chiens du Yukon en adoption.

Michelle Phillips de son côté envisage d'encourager la visite des Yukonnais à son chenil d’été voire même créer des camps de vacances pour les jeunes si les mesures de santé publique le permettent.

Michelle Phillips sourit en hiver alors que la fourrure de son manteau et ses cheveux sont gelés.

Michelle Phillips est une habituée des courses de traîneaux à chiens Yukon Quest et Iditarod en Alaska.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Entre-temps, son mari et elle ont postulé à certains programmes d’aide offerts par les gouvernements.

Frank Turner de son côté se prépare à annuler l’exploitation touristique de son chenil l’hiver prochain en cas d’autres vagues de contamination.

L'évolution de la COVID-19 d'heure en heure

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !