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Pandémie : des conséquences importantes sur le projet de GNL Québec

Une carte indiquant l'emplacement projetée de l'usine Énergie Saguenay.

La carte montre l'emplacement projeté du projet de l'usine Énergie Saguenay.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'effondrement des prix du gaz naturel et celui des marchés en raison de la pandémie mondiale de COVID-19 risque de rendre encore plus difficile le recrutement de nouveaux investisseurs pour le projet de GNL Québec à Saguenay.

L'entreprise souhaite construire une usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse, à La Baie, un projet évalué à 14 milliards de dollars.

Le gaz naturel se vend maintenant sous la barre des 2 $ américains pour 1000 pieds cubes de gaz, une dégringolade amorcée en janvier et qui plombe l’intérêt pour l’extraction du gaz naturel dans l’Ouest du pays.

Ce qui va arriver, c’est qu’on pourrait voir un ralentissement dans l’exploration et l’ouverture des gisements au Canada, qui sont les gisements sur lesquels on mise pour pouvoir approvisionner l’usine de Saguenay, explique Éric Pineault, économiste et spécialiste des marchés du gaz et du pétrole.

À cela s’ajoute le ralentissement économique à l’échelle planétaire, qui réduit les chances de dénicher de nouveaux investisseurs pour le projet de Saguenay.

L’un des principaux bailleurs de fonds, Berkshire Hathaway, propriété du milliardaire américain Warren Buffet, a d’ailleurs annoncé qu’il se retirait du projet de GNL Québec en mars dernier, dans la foulée des blocages ferroviaires qui ont paralysé une partie du pays.

La situation est que la demande, à cause de la COVID-19, va être très longue à reprendre au niveau que ça prendrait pour rendre un projet comme GNL Québec rentable. Un investisseur qui regarde ça se dit que ce n’est pas le temps d’investir dans un projet qu’on n’a même pas encore commencé à construire.

Éric Pineault, économiste et spécialiste du gaz et du pétrole

Éric Pineault a cosigné deux lettres publiques sur GNL Québec. Dans la première, 40 économistes soulevaient des doutes sur le projet. Dans la seconde, 17 professeurs d'université s'opposaient à ce que des universités acceptent du financement de la part de GNL Québec.

Un climat incertain, admet GNL Québec

Chez GNL Québec, on compte sur un rétablissement des marchés, autour de 2025, l’année où l’entreprise prévoyait la mise en service de l’usine de liquéfaction de La Baie, laquelle serait assortie d’un gazoduc pour faire cheminer du gaz naturel de l’ouest jusqu’à Saguenay. Le gazoduc projeté relierait le port de Grande-Anse à un réseau national qui se rend actuellement jusque dans le nord-est de l'Ontario.

Il y a de l’incertitude, c’est entendu. Maintenant, les investisseurs que nous avons depuis le début sont toujours là. Les recherches se poursuivent et les discussions aussi, mais c’est sûr qu’actuellement on le voit, et ça ne touche pas juste notre projet, il y a de l’incertitude, admet la porte-parole de GNL Québec, Stéphanie Fortin.

L’entreprise se donne jusqu’en 2021 pour statuer au sujet de l’avenir de son projet.

Des voix ont aussi été entendues pour que les gouvernements donnent un coup de pouce réglementaire accéléré pour de tels projets.

Dans une lettre d'opinion datée du 2 avril publiée dans le Financial Post, le député conservateur Pierre Poilievre invitait Ottawa à accepter rapidement des grands projets en énergie, dont celui de GNL Québec. Il demandait au gouvernement de presser l'Agence d'évaluation d'impact du Canada de lui donner le feu vert en lui imposant notamment une limite de temps pour lui permettre de dénicher des investisseurs.

Avec les informations de Michel Gaudreau

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Saguenay–Lac-St-Jean

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