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Plongé dans le coma pendant deux semaines, il survit à la COVID-19

La famille s'enlace près du canal Lachine.

Pablo Gray, maintenant en santé, est accompagné de son épouse et de sa fille.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Radio-Canada

Pablo Gray revient de loin. De retour de voyage en mars, il est infecté par le nouveau coronavirus et, quand sa situation se détériore, il est admis aux soins intensifs de l’Hôpital général juif.

L’homme de 53 ans, qui n'a pour toute situation aggravante qu’un début de diabète et un taux de cholestérol élevé, est alors plongé dans un coma artificiel.

S’ensuit une période difficile peuplée d’hallucinations, durant laquelle il a l’impression de vivre entre deux mondes.

Une des premières hallucinations que j'ai eues, qui s'est répétée, c'était d'avoir des serpents qui couraient autour de mon lit, a témoigné M. Gray à Radio-Canada.

Il croit aussi que des loups vont l’attaquer.

Là je sentais qu'il y avait une infirmière qui me touchait, qui me disait : "Il faut se calmer, vous êtes intubé. Si vous bougez, vous mettez votre vie en péril", poursuit-il.

À son réveil deux semaines plus tard, le patient doit encore lutter pour survivre. Il a toujours de la difficulté à respirer par lui-même; il a des pertes de mémoire et plusieurs incapacités physiques.

Le plus difficile a été de constater après, lorsque je me suis réveillé, que je vivais encore dans un autre monde. J'étais désespéré parce que je ne me rappelais plus des noms de mes enfants, j'essayais de marcher je ne pouvais pas marcher. J'ai perdu 20 kilos.

Pablo Gray

Son médecin doit l'encourager à rester en vie.

Il m’a dit : "Écoute, si tu n’arrives pas à respirer tout seul, on ne peut rien faire, alors il faut lutter". […] C'était toute une discussion envers moi-même, si je voulais continuer ou non, parce que j'étais vraiment fatigué, avoue-t-il.

M. Gray est couché dans son lit et a un masque pour respirer.

Pablo Gray le jour de son départ de l'hôpital

Photo : Gracieuseté de Pablo Gray

M. Gray est finalement retourné chez lui trois semaines après son départ pour l'hôpital. Il était encore confus.

Il avait peur de notre chien, en rit maintenant sa conjointe, Marie-Claude. Notre chien, elle a 15 ans, ce n'est pas un nouveau chien. Et il était terrorisé.

L'un des premiers patients à être hospitalisés pour le coronavirus au Québec, Pablo Gray est reconnaissant d’en être sorti vivant, même s’il a encore quelques problèmes respiratoires.

Moi, je veux donner un message positif. La vie est tellement belle après tout ça. Vraiment, je suis en train de reconsidérer, puis de réapprendre à vivre la vie d'une façon plus saine.

Pablo Gray

Son épouse et son fils attrapent aussi le virus

Durant ces semaines, la famille de Pablo Gray vit un véritable cauchemar, bien sûr parce qu'elle a peur de le perdre, mais aussi parce que tous, sauf leur fille de 18 ans, Maïté, sont infectés par le virus.

Marie-Claude, sa conjointe, évite de peu l'hospitalisation.

Leur fils Thomas est contaminé lui aussi et passe quelques mauvaises journées.

On a trouvé là-dedans des forces qu'on n'avait pas anticipées, lance Marie-Claude, laquelle dit maintenant penser à ceux qui vivent une situation similaire, mais croit tout de même que le déconfinement est nécessaire.

D’après un reportage de Jean-Sébastien Cloutier

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