•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des ordinateurs gratuits pour les élèves en Ontario, une idée qui inspire Québec

Une jeune garçon montre quelque chose sur un ordinateur portable à une femme.

Le reportage de Jean-Philippe Robillard.

Photo : Radio-Canada

Alors que le gouvernement du Québec songe à rouvrir graduellement les établissements scolaires en région et que le retour en classe sera volontaire, des conseils scolaires de l’Ontario obligent plutôt les enseignants et les élèves à poursuivre l’enseignement en ligne. Des visions bien différentes de prime abord, mais Québec étudie également l’option de fournir des équipements informatiques aux élèves.

Dans le stationnement de l’école primaire Gabrielle-Roy de Gloucester, en banlieue d’Ottawa, des voitures font la file et un important dispositif de sécurité et d’hygiène a été mis en place. Confinés dans leur voiture pour des raisons de santé publique, des parents viennent chercher les ordinateurs que l’école prête aux familles des élèves qui en ont besoin.

Avec trois enfants et le télétravail, Aimen Farrah avait besoin d’un autre ordinateur à la maison. J’ai trois enfants qui étudient régulièrement. C’est de façon journalière qu’ils doivent avoir un appareil électronique. J’ai à la maison un ordinateur et une tablette, donc j’ai besoin d’un troisième appareil.

Depuis le début de la pandémie, les directions des conseils scolaires ontariens ne sont pas restées les bras croisés. Elles ont prêté des milliers de tablettes et d’ordinateurs à des élèves. Elles ont aussi fourni des connexions Internet aux familles pour que les élèves puissent poursuivre et terminer leur année scolaire malgré la crise.

À l’école Gabrielle-Roy, qui compte 540 élèves, 115 ordinateurs ont été mis à la disposition des familles. Selon la directrice de l’établissement, Nimo Ahmed, ça va permettre aux élèves de pouvoir être connectés et de suivre régulièrement l’enseignement qui se fait à distance […] L’enfant n’accumulera pas de retard.

Avec l’ordinateur que lui a prêté son école, Adem Boudriga, qui est âgé de 11 ans, va pouvoir terminer sa cinquième année à distance.

Ses yeux brillaient quand ses parents lui ont remis l’appareil. Des fois, ma grande sœur prend l’ordinateur, mon frère prend la tablette et moi je ne peux pas travailler, explique-t-il.

En Ontario, contrairement au Québec, les enseignants sont tenus de transmettre leur savoir aux élèves pendant la pandémie. Selon la directrice Nimo Ahmed, la tâche est obligatoire, donc tous les enseignants sont en ligne durant les heures de travail pour pouvoir accommoder les familles. Elle ajoute que tous les enseignants sont équipés d’ordinateurs fournis par le conseil scolaire.

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario a permis aux enseignants d'aller chercher du matériel dans les écoles. Pour le moment, les enseignants font surtout de la révision de la matière déjà transmise aux élèves, selon Bianca Girard, la directrice du volet pédagogique des services éducatifs au sein de ce conseil. On fait de la consolidation d’acquis. On revoit des apprentissages essentiels.

Elle affirme que les enseignants vont éventuellement aborder de la nouvelle matière si les établissements scolaires demeurent fermés. Ils vont devoir, vraiment, donner une continuité à l’apprentissage.

Une question d'équité

Mme Girard s’interroge sur le fait que le Québec n’oblige pas la poursuite des cours pendant la période de confinement. Mon inquiétude par rapport au volontariat, c’est l’équité, l’équité pour les élèves. C’est-à-dire que chaque élève a droit d’avoir un enseignement, dit-elle.

C’est l’obligation et la responsabilité [du réseau scolaire] d’offrir des services aux élèves, ajoute-t-elle.

Les élèves ontariens doivent consacrer plusieurs heures à leurs études chaque semaine. En plus des cours en ligne, ils doivent faire des travaux et des évaluations.

Au niveau primaire, les enfants doivent faire cinq heures de travail par semaine. Au niveau secondaire, on leur demande de consacrer de dix à douze heures par semaine, selon Bianca Girard.

Les travaux qui sont demandés sont souvent à la suite d’une courte vidéo ou d’un cours où l’enseignant a préparé ses leçons et les a mises sur YouTube. L’élève consulte la vidéo et répond à quelques questions pour démontrer qu’il a bien compris. Elle affirme que la majorité des jeunes participent. Nos élèves sont présents et sont en train de travailler pour l’obtention de crédits, surtout au secondaire.

Avant la pandémie, les conservateurs de Doug Ford cherchaient déjà à mettre en place davantage de cours en ligne pour les élèves.

Par courriel, le ministère de l’Éducation du Québec a fait savoir qu’il étudiait aussi les options pouvant permettre une distribution d’équipements informatiques. Le ministère a étudié différents scénarios. Cette réflexion se poursuit et les mesures pourraient être adaptées en fonction de l’évolution de la situation.

Dans ses réflexions, [le ministère] doit tenir compte de la formation nécessaire aux enseignants, des infrastructures disponibles, de la disponibilité des équipements et de l’accès à Internet dans les familles et de la capacité des organisations à soutenir tous les élèves du Québec. Ceci dans un but d’équité entre les élèves, pour lesquels il faut mettre en place un plan de poursuite des apprentissages à distance qui serait plus formel et équitable.

Une citation de :Extrait de la réponse du ministère de l'Éducation du Québec

Quel que soit le fruit de ces réflexions, le gouvernement Legault doit annoncer en début de semaine prochaine un plan de réouverture graduelle des établissements scolaires à l’extérieur de la région de Montréal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !