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Services en psychologie : le virage vers la télépratique

Une jeune femme travaille sur son ordinateur à la maison.

De nombreuses personnes font, pour la première fois, des séances par vidéo avec leur psychologue.

Photo : iStock

Le confinement a amené beaucoup de gens à revoir leur façon de travailler et c'est notamment le cas des psychologues.

Selon l’Ordre des psychologues du Québec, 90 % des psychologues en pratique privée offrent présentement des services de télépratique, par téléphone ou vidéoconférence, alors qu'ils étaient bien peu à le faire avant la mi-mars.

Les psychologues sont considérés comme un service essentiel. Plusieurs ont toutefois cessé de recevoir des clients à leur bureau, sauf en cas d’urgence. Les séances se font donc à distance.

La doctorante en psychologie, Sarah Chassé, du Centre psychologique de Trois-Rivières (CP3R) affirme que certains clients ont délaissé les séances en raison de l’insécurité financière ou parce qu’ils se sentaient inconfortables de continuer à distance. Un des défis est notamment d’avoir un espace suffisamment privé pour pouvoir se confier.

La plupart ont quand même voulu l’essayer et c’est là où ça a ouvert une fenêtre sur une pratique qui est complètement différente. Les gens ont été surpris de voir à quel point ça pouvait être agréable, plus agréable que ce qu’ils auraient cru, souligne Sarah Chassé.

Elle constate qu’il y a parfois certains désagréments qui entraînent de nouvelles façons de faire.

L‘écran qui se brouille un peu, le décalage des fois dans la parole, la connexion qui se perd, ce genre de choses, ça peut arriver, dit-elle. C’est sûr que ça peut complexifier un peu le suivi par moment, mais en même temps, on s’adapte, on va questionner davantage pour s’assurer qu’on a bien compris l’information.

Sarah Chassé constate que certains préfèrent même les rendez-vous à distance. Certaines personnes apprécient le fait de pouvoir me consulter dans le confort et l'espace sécurisant de leur foyer. Également, ça peut demander moins d'organisation, notamment en ce qui concerne les déplacements, souligne-t-elle.

Elle constate que les défis que des gens avaient déjà ressortent en cette période de confinement, notamment les problèmes relationnels. Être confiné avec sa famille ou ses amis, ça ramène à certaines difficultés qui étaient là et qui sont exacerbés par le contexte de confinement.

Anne-Marie Cotnoir-Lacroix, qui habite à Trois-Rivières, fait aussi partie des psychologues qui ont adopté la vidéoconférence.

Cela lui permet d'offrir des consultations aux gens de sa région natale de l’Abitibi-Témiscamingue où l’offre en psychologie est moins grande qu’ici. 

Pour l’instant, j’offre du soutien davantage. Je parle à des gens, je leur donne quelques conseils, explique-t-elle.

Anne-Marie Cotnoir-Lacroix affirme que l’isolement est la principale source de problèmes des gens qui l’ont contactée.

Ce qui est difficile comme psychologue, c’est d’être loin de la personne et de moins percevoir ses émotions, affirme-t-elle. Lorsqu’elle constate qu'un client vit une émotion et qu’elle ne peut complètement le comprendre à travers l’écran, elle demande des précisions à la personne.

Elle croit que la télépratique est très utile, notamment pour offrir des services à des endroits où il y a moins de psychologues.

Une pratique à perfectionner

Actuellement, le sujet de la télépratique n’est pas été abordé durant la formation de psychologue à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), mais la profession s’adapte.

L’Ordre des psychologues du Québec a récemment mis en ligne une formation sur la télépratique. Il y a aussi de la documentation à ce sujet sur son site Internet.

C'est sûr que cette expérience-là va aider tout le monde à perfectionner l’usage de la télépratique dans les suivis psychologiques, souligne le vice-président de l’Association des psychologues du Québec, Gaëtan Roussy.

Toutes les formes de thérapies ne sont pas conseillées à distance.

Gaëtan Roussy voit lui-même encore beaucoup de gens à son bureau, avec les précautions nécessaires, surtout la clientèle avec des problèmes de santé mentale plus sévères.

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