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L’intérêt du suspect de Portapique pour les fausses autopatrouilles était connu

Une voiture de police avec une flèche qui montre le faux numéro d'identification du véhicule.

La voiture du suspect portait tous les identifiants d'un vrai véhicule de patrouille, sauf le numéro d'identification.

Photo : Gracieuseté - GRC

Radio-Canada

L’homme qui aurait tué 22 personnes lors d’une cavale de 13 heures le week-end dernier en Nouvelle-Écosse ne cachait pas qu’il possédait de fausses voitures de police, ont confirmé à CBC des gens à qui il en parlait ouvertement.

La plupart d'entre nous pensaient que c’était une sorte de passe-temps, et non quelque chose qui conduirait à ce genre de situation, explique toutefois Donald Walker, un ancien employeur. À ce qu’il en sait, le suspect achetait d’anciennes voitures de police lors d'enchères publiques pour en récupérer les pièces et les rebâtir. Quant aux insignes et autres autocollants, il les faisait imprimer sur mesure par une entreprise spécialisée.

Donald Walker, qui entretenait de bons rapports avec son ancien employé, se souvient que ce dernier lui a montré avec fierté – vers la fin de l’été ou le début de l’automne dernier – des photos d’une réplique complète d’un véhicule de patrouille de la GRC.

La GRC progresse dans son enquête sur la tuerie des 18 et 19 avril, mais demande l’aide du public pour l’aider à reconstituer entièrement le fil des événements.

Tout témoin qui disposerait de photos, de vidéos ou d’informations pertinentes à l’enquête est invité par les autorités à contacter la GRC au 1(902) 270-5959.

Ce passe-temps était notoire, estime-t-il, et le suspect lui aurait même dit en avoir discuté avec la police. Ils lui ont suggéré, s'il allait l'emmener [le véhicule contrefait] dans des salons automobiles, de ne pas le conduire sur la route, de le transporter sur une remorque.

On ne sait pas si cette information a été portée à l’attention de la GRC, s'il s'agissait d'un mensonge ou si cela s’est limité à une simple conversation entre le suspect et un agent. On sait toutefois que ce n'est que le lendemain matin que la GRC a eu la confirmation que l’homme conduisait une telle réplique, grâce au témoignage de son ex-petite amie.

La CBC a aussi pu parler à Bernard Cain, un homme qui avait mis en vente un ancien véhicule de patrouille et qui a été approché par le présumé tireur à l’hiver 2017-2018. Cet hiver-là, le suspect lui a fait croire qu’il était un policier retraité de la GRC et qu’il voulait stationner le véhicule sur son parterre pour se protéger contre des voleurs potentiels. La vente n’a toutefois jamais été conclue, car les deux hommes ne s’entendaient pas sur le prix exigé par Cain.

Une copie presque parfaite

Deux mécaniciens qui travaillent régulièrement avec la Gendarmerie royale sont formels : la réplique de l’autopatrouille de la GRC conduite par le suspect était presque parfaite. Si convaincante, en fait, qu’ils croient que les autocollants ont été fournis par quelqu’un qui a l’habitude de faire ce travail.

Le professeur de criminologie Michael Arntfield, un ancien détective qui enseigne à l’Université Western en Ontario, abonde dans le même sens.

Ces ensembles de bandes [sur les portières] sont mesurés au laser. Ils sont réalisés par des fournisseurs privés qui ont en leur possession toutes les spécifications, a-t-il déclaré à CBC en affirmant qu’il devait s’agir du travail d’un professionnel.

Quelles questions ont été posées pour savoir pourquoi il faisait cela? Quel était le but de cette opération? S'est-il présenté comme un agent de police quand il a fait faire cela?, se demande le professeur Arntfield. Ce sont des questions, je pense, auxquelles il faudra répondre le plus tôt possible.

Avec les informations de CBC

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