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Un écriteau sur une porte indiquant que le commerce est fermé.

Plusieurs commerces ont fermé leurs portes en raison de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des commerçants québécois craignent que le Panier bleu créé par Québec ne leur nuise plutôt qu'il ne les aide à attirer des consommateurs. L'objectif du gouvernement Legault est de favoriser l'achat auprès d'entreprises québécoises, mais le Panier amplifie aussi la concurrence entre les commerces d'un même secteur.

Des confitures aux petits fruits Tiguidou de l'île d'Orléans aux portes de garage GL à Laval, le consommateur québécois a le choix parmi plus de 13 000 commerces répertoriés sur le site du Panier bleu, mais ce répertoire à la croissance fulgurante depuis son lancement, le 5 avril, ne fait pas l'unanimité.

On ne veut pas avoir l'air des gros méchants qui ferment les commerces de détail, mais c'est la pire action pour aider les commerces à rester ouverts parce qu'on vient de leur créer une nouvelle concurrence comme jamais, souligne Richard Darveau, directeur général de l'Association québécoise des détaillants en quincaillerie et en matériaux de construction.

M. Darveau précise que le Panier bleu permet notamment aux consommateurs d'acheter directement de fabricants de peinture ou d'autres produits et d'éviter ainsi les plus petits commerces de distribution. Il a d'ailleurs signé deux textes à ce sujet sur le site web de l'Association.

Sans exiger d’autres critères que d’être une entreprise enregistrée au Québec, on est en train de donner de l’exposition à Pierre, Jean et Jacques plutôt que de s’en tenir à faire connaître les commerces qui existent pour vrai, écrit-il. Ceux-là qui bordent les rues principales de nos municipalités et meublent les centres commerciaux, ceux qu’on doit aider à prendre le virage numérique, ceux qui souffrent durant cette pandémie, mais, dans la durée, qui sont justement victimes des grands Amazon, comme des intrus opportunistes.

Un répertoire parmi tant d'autres

Le Panier bleu a au moins bénéficié de quelques retouches et corrections dans les derniers jours. Une épicerie fine spécialisée en olives à Vaudreuil-Dorion n'est par exemple plus inscrite comme concessionnaire automobile.

Nouvellement arrivée sur le site, la designer Karine Demers de la boutique Espace Flo à Montréal ne constate toujours pas d'impact positif sur ses ventes et s'interroge sur la multiplication de répertoires en ligne.

Des répertoires, ça existe déjà depuis plusieurs années. Je pense à Signé Local qui faisait vraiment un gros travail sur ce qui est conçu et fabriqué au Québec. C'est sûr que ça peut être vraiment mélangeant pour le consommateur.

Ce ne sont pas tous des produits québécois qui sont vendus [par le Panier bleu], reconnaît le ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon en entrevue. C'est correct, on a des commerçants qui, eux, vont vivre de cette vente-là. Ultimement, ils vont promouvoir aussi des produits du Québec.

Capture d'écran du site du Panier bleu.

Plus de 13 000 commerces se sont déjà inscrits sur la plateforme web.

Photo : Capture d’écran - Panier bleu

Le ministre assure que des commerçants ont augmenté leurs ventes grâce au Panier bleu et dit se faire souvent demander s'il deviendra un Amazon québécois.

Peut-être, mais ça va toujours demeurer un OBNL et, fondamentalement, on n'est pas en compétition avec personne.

Il assure que le site va s'améliorer rapidement. Faire un Amazon Québec, ça va prendre des mois, des années. Si on regarde ce qu'Amazon a fait, ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. Alors, je pense qu'il faut y aller étape par étape, et accepter que ce ne soit pas parfait.

Le Conseil québécois du commerce du détail voit d'un bon œil l'avenir du Panier bleu.

C'est très positif dans le contexte où cela a été lancé et ce vers quoi la plateforme se développe, indique le directeur général Stéphane Drouin. Je pense que ça va avoir un impact important à court terme, mais il faut viser surtout la continuité et l'impact à moyen et long terme. C'est l'après-crise, aussi, qui va être importante.

L'après-crise pourrait cependant survenir trop tardivement pour plusieurs commerçants gravement éprouvés par la pandémie de coronavirus.

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