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La pandémie, un défi pour les influenceurs

Une femme sous une chute d'eau et une femme accroupie sur un trottoir.

La pandémie de COVID-19 pose un défi pour de nombreux influenceurs.

Photo : Danica Nelson (à gauche), Rania Bajo (à droite)

Mugoli Samba

Restaurants placardés, boutiques fermées, vols annulés : l’arrêt presque complet des loisirs les plus « instagram-ables » en raison de la pandémie de COVID-19 pose de nouveaux défis pour l’industrie des influenceurs.

Les influenceurs les plus touchés sont entre autres ceux du secteur du tourisme, puisque leur vie c’est littéralement de voyager, explique Kambiz Ahmadi, un consultant en marketing de Vancouver qui est aussi propriétaire de comptes Instagram liés au voyage et à l’immobilier.

Ça a eu un effet majeur pour tout le monde, des pigistes aux vidéastes, aux vlogueurs, aux blogueurs, décrit-il.

Ils sont tous en train de paniquer à cause de la situation.

Kambiz Ahmadi, consultant en marketing de Vancouver et propriétaire de comptes Instagram d'influenceurs liés au voyage et à l’immobilier

Les influenceurs auxquels il offre des contrats voyagent habituellement autour du monde pour capter des images envoûtantes de propriétés. Aujourd’hui, certains sont incapables de créer du contenu et songent même à reprendre un emploi 9 à 5. L’avenir étant, selon eux, trop incertain.

Quitter l'Asie en pleine pandémie

Une femme tient la trompe d'un éléphant.

Danica Nelson a pris un congé sabbatique de 6 mois pour explorer l'Asie et partageait son expérience sur Instagram et son blogue.

Photo : Courtoisie : Danica Nelson

En octobre dernier, Danica Nelson prenait l’avion pour découvrir plusieurs pays de l’Asie. La gestionnaire principale du marketing chez Telus, à Toronto, débutait son congé sabbatique de six mois et documentait le tout grâce à son compte Instagram.

Le but du compte était d’inspirer les gens, de les motiver à explorer de différentes choses, de prendre une pause de leur vie quotidienne et de penser à leur prochaine étape, explique-t-elle.

Elle voulait aussi découvrir le style de vie des « nomades numériques » : un nombre grandissant de gens qui travaillent à distance et choisissent d’habiter dans des pays où le coût de la vie est moins cher, dit-elle.

Les trois derniers mois de son voyage ont eu lieu pendant que la pandémie s’aggravait. Il fut un peu plus court que prévu, raconte Danica Nelson, qui est de retour à Toronto.

Elle s'est tournée vers la publication d'histoires racontant les expériences de personnes qui ont choisi de faire de grands changements dans leurs vies, qu'il s'agisse de voyages, ou de changement d'emploi.

Adapter son message à la pandémie

Rania Bajo dans un restaurant.

Rania Bajo est une influenceuse de Vancouver.

Photo : Capture d'écran, avec courtoisie de Rania Bajo

Les influenceurs de mode, de beauté et de bien-être, qui ne dépendent pas de voyages pour leur emploi, arrivent toujours à créer du contenu, mais ils doivent adapter leurs messages à de nouvelles conditions.

Je promeus des vêtements de gala ou de sortie. [Les fabricants] vendent l’image de gens qui sortent, qui passent du bon temps, comme une soirée entre filles ou un rendez-vous amoureux, décrit Rania Bajo, une micro-influenceuse de Vancouver.

Maintenant, nous devons changer notre manière de vendre. Si vous voulez toujours être beaux, il faut prendre soin de soi, même si c’est à la maison. Ça aide pour la confiance en soi, dit-elle, en décrivant les messages qui sont maintenant populaires chez les influenceurs.

Malgré les nouveaux défis, la portée des publications Instagram de l’influenceuse est passée de 300 000 à 2 millions de pages vues en l’espace de quelques jours, puisque plus de gens ont plus de temps à passer devant leurs écrans, dit-elle. Cette attention lui a même permis d’obtenir de nouveaux contrats.

[Les entreprises] ne veulent pas payer des milliers de dollars à un grand compte Instagram pour une seule publication, puisqu’ils ne sont pas capables de payer autant, dit-elle.

Ces derniers se tournent alors vers des micro-influenceurs, ayant moins d’abonnés, mais une bonne portée, offrant l’occasion à des influenceurs nouveaux ou émergents de se tailler une place dans le monde des réseaux sociaux, ajoute Rania Bajo.

Un lien authentique

Il se pourrait que les consommateurs réalisent qu’il existe une telle séparation entre [l’influenceur] et le consommateur que la personne ne trouve plus le contenu intéressant ou que ce contenu ne lui parle comme il le faisait auparavant, croit la professeure de marketing spécialisée en l’impact des réseaux sociaux et du numérique sur la société Jenna Jacobson, de l’université Ryerson.

La clé pour la survie de tout influenceur pendant la pandémie sera d’adapter son message clé au moment présent.

Elle note, par exemple, que de nombreux influenceurs font aujourd’hui la promotion des consignes des autorités sanitaires, établissant un lien plus authentique avec leur public, tout en prêtant main-forte aux efforts de sensibilisation des autorités.

Il y a toujours eu une demande d’authenticité, de communauté et de connectivité et je crois que ce besoin est particulièrement élevé en ce moment, ajoute-t-elle.

Les influenceurs offrent du contenu divertissant et les gens sont toujours en quête de ce genre de contenu.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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