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Les désavantages du confinement des enfants dépassent les avantages, selon des pédiatres

Des chaises sont retournées sur les pupitres d'une classe

La salle de classe d'une école primaire

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Radio-Canada

L'Association des pédiatres du Québec est en faveur du retour à l'école progressif des enfants. Selon l'organisation, il est souhaitable d'entamer le déconfinement des enfants pour protéger ceux qui viennent de milieux moins nantis.

Le premier ministre François Legault a annoncé qu'il dévoilera dès la semaine prochaine son plan pour le déconfinement graduel dans les écoles et les entreprises.

Des moins nantis écopent

Pour la pédiatre au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Marie-Claude Roy, le confinement a été très utile pour empêcher une vague de contamination de frapper le Québec de plein fouet.

Elle croit toutefois que maintenant que la situation s'est stabilisée, les dommages collatéraux sur la santé des enfants qui demeurent confinés pourraient s'accroître.

Plus les semaines avancent plus on est inquiets pour la santé de nos enfants, fait valoir Marie-Claude Roy. On le sait, ils sont très très peu à risque par rapport à la COVID. La plupart vont avoir presque pas de symptômes, voire aucun.

L'attente d'un vaccin pour immuniser la population contre la COVID-19 pourrait être trop longue pour les enfants issus de familles plus vulnérables, croit-elle.

Soit on garde nos enfants confinés un an, deux ans, ce qui est impensable, soit on affronte graduellement, de façon prudente l'infection et on vise une immunité collective, tôt ou tard, il faudrait y arriver.

Marie-Claude Roy, pédiatre au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Elle explique que la fermeture des écoles peut être dommageable pour la population plus vulnérable qui perd le support notamment offert dans les écoles et les milieux de garde.

C'est plus de 240 000 enfants qui chaque matin déjeunent à l'école avec le club des petits déjeuners, fait-elle valoir.

Également, le report de la vaccination et des suivis médicaux chez certains enfants pourrait aussi provoquer des effets néfastes à moyen terme, à son avis.

Inquiétante diminution des signalements à la DPJ

Depuis les six dernières semaines de confinement, les signalements au Directeur de la protection de la jeunesse sont en baisse, un autre signe inquiétant selon Marie-Claude Roy.

On risque que ces enfants-là passent sous le radar et qu'il y ait des conséquences irréversibles pour eux.

Marie-Claude Roy, pédiatre au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

La pédiatre croit que la violence et la négligence n'ont pas été mises sur pause au même moment que l'économie du Québec, bien au contraire. « Le stress ambiant fait en sorte que tout le monde est sous pression et on s'attend à voir une hausse des cas de violence domestique», signale-t-elle.

Selon elle, toutefois, le fait de ne pas obliger les parents à envoyer les enfants à l'école est la bonne stratégie. Les parents qui ont des conditons médicales, les parents qui s'occupent de grands-parents à la maison, il y a plusieurs situations particulières, rappelle la pédiatre.

Un retour facultatif qui inciterait au décrochage

Le directeur du Collège Mont Notre-Dame et président de l'Association des écoles privées de l'Estrie, Éric Faucher, croit quant à lui que ce retour à l'école facultatif nuira à la motivation des élèves, tout particulièrement au secondaire.

Qu'il y ait une présence physique ou pas, on souhaiterait qu'il y ait une ligne de conduite qui va faire que nos jeunes vont persévérer jusqu'à la fin de l'année scolaire, indique Éric Faucher.

Éric Faucher souhaiterait que le gouvernement envoie un signal clair pour inciter les jeunes à poursuivre leurs cours que ce soit entre les murs des écoles ou à partir de la maison. Sans une telle directive, il déplore que beaucoup de jeunes soient à risque de décrocher ou d'arriver en classe mal préparés à affronter l'année scolaire l'automne prochain.

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