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La pandémie force le crime organisé à changer ses tactiques

Deux policiers de Vancouver au centre-ville. L'un d'eux porte un masque.

Le service de police de Vancouver tente de comprendre comment les gangs de la ville parviennent à contourner les frontières fermées.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

La Presse canadienne

La pandémie de COVID-19 a des effets sur la gestion des activités illégales menées par les groupes du crime organisé en Colombie-Britannique, observent les policiers.

Les prix des drogues illicites dans la province ont augmenté depuis l'implantation des mesures de distanciation sociale, confirme l’unité mixte d'enquête sur le crime organisé de la Colombie-Britannique.

La drogue est plus difficile à obtenir en raison de la fermeture des frontières et du resserrement du contrôle sur le commerce et la circulation des biens et des gens.

Cela entraîne un problème d'approvisionnement, affirme la sergente Brenda Winpenny, la porte-parole de l'unité antigang de la province, qui note par ailleurs que les drogues sont ainsi davantage coupées avec d'autres ingrédients.

Gros plan sur des mains sales qui utilisent une seringue pour extraire de la drogue d'un petit contenant.

La fermeture des frontières crée des problèmes d'approvisionnement, mais les groupes du crime organisé trouvent toujours le moyen de contourner cet obstacle, indiquent les policiers.

Photo : Spencer Platt/Getty Images

Or, les membres du crime organisé parviennent encore à contourner les frontières fermées, et les enquêteurs du service de police de Vancouver tentent de comprendre comment ils s'y prennent.

Ils continuent de s'approvisionner, à moins qu’ils aient des stocks accumulés, mais nous ne pensons pas que cela soit le cas.

Aaron Roed, sergent de police à Vancouver
Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Passer à la vente en ligne

Les mesures de distanciation sociale poussent les gangs vers le commerce en ligne.

Faire le commerce de la drogue dans la rue est un grand défi, étant donné que la visibilité de ce type d'activité augmente lorsqu'il y a moins de personnes et de voitures dans les rues, dit le chercheur spécialisé dans le crime organisé Benoit Gomis.

Cela les oblige à penser à d'autres moyens de distribution au détail, y compris la vente en ligne et la livraison par courrier.

Benoit Gomis, chercheur spécialisé dans le crime organisé
Une voiture de police dans une ruelle du quartier Downtown Eastside de Vancouver, connu pour sa population itinérante et son épidémie de surdose.

Les policiers craignent que des groupes de personnes vulnérables, celles qui ont perdu leur emploi notamment, ne soient pris pour cibles.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Groupes vulnérables

L’unité mixte d'enquête sur le crime organisé de la Colombie-Britannique craint que des groupes de personnes vulnérables, celles qui ont perdu leur emploi, notamment, ne soient pris pour cibles.

Le professeur en criminalité à l'Université Queen's, en Ontario, Antonio Nicaso, est du même avis. Le prêt de crédit est l'un des moyens les plus faciles de gagner de l'argent, dit-il.

Avec une crise majeure, ils ont l'occasion d'en profiter. Ils peuvent reprendre des entreprises en faillite ou prêter de l'argent à leurs propriétaires.

Antonio Nicaso, professeur en criminalité à l'Université Queen's

Benoit Gomis croit que la pandémie et ses conséquences sur les groupes du crime organisé offrent aux gouvernements l'occasion de changer l'approche du Canada en matière de drogue.

Avec les informations de Nick Wells

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Colombie-Britannique et Yukon

Crime organisé