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S’approvisionner à la ferme plutôt que faire la queue à l’épicerie

Un assortiment de produits locaux disposé sur une table pour être ramassé par des clients.

L'achat de produits de la ferme directement auprès de producteurs a la cote alors que les services de livraison des magasins à grande surface peinent à livrer tout le monde à temps.

Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Les mesures de distanciation physique ont complexifié des tâches simples du quotidien comme faire son épicerie. Plusieurs Canadiens se tournent vers d’autres façons de remplir leur garde-manger, comme l'achat direct chez les producteurs locaux.

En raison de la COVID-19, de l’anxiété envers le risque de contamination et à la lourdeur des mesures d’hygiène qui ralentissent leur expérience dans les magasins, plusieurs Canadiens ont choisi la voie de la livraison à domicile.

Selon une enquête participative de Statistique Canada en avril, 20 % des participants ont déclaré avoir eu recours à un service de livraison dans la semaine précédant leur réponse. Cette réalité est encore plus marquée chez les 65 ans et plus.

L’engouement pour la livraison entraîne par contre un embouteillage et les délais qui tendent à s’allonger poussent certains consommateurs à prendre un chemin plus direct vers les champs pour s’approvisionner.

Marnie Feeleus gère l'entreprise de distribution de produits de fermiers locaux Direct Fresh Option Delivery à Winnipeg.

Elle explique que plusieurs personnes avaient des temps d’attente de deux semaines pour leur commande [dans les épiceries conventionnelles] et elles nous ont demandé si on pouvait les servir plus vite.

De plus, elle souligne que le bouche-à-oreille de ses clients de longue date a augmenté la demande pour ses services.

Si Marnie Feeleus s’en réjouit, cela s’accompagne d’un côté négatif : l’entreprise n’est plus en mesure de livrer tout le monde avec ses deux véhicules.

Marnie Feeleus apporte un carton de produits.

Marnie Feeleus assure que ses paniers de produits biologiques en provenance directe des producteurs remportent plus de succès depuis le début des règles d'isolation sociales.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

Les clients doivent dorénavant récupérer leur commande au dépôt.

On n’a pas observé de baisse d’achalandage. Les gens sont engagés à récupérer leur commande, assure-t-elle.

De la ferme à l’assiette

Si la formule est vendeuse, elle n’est pas simple à mettre en place pour tous les producteurs.

À la ferme Aurora dans le sud de Winnipeg, on propose des paniers de produits qui peuvent être récupérés sur place ou livrés.

La propriétaire Louise May a choisi d’y ajouter des produits d’une vingtaine d’autres fermiers pour les aider alors que ces derniers n’ont pas les mêmes infrastructures commerciales qu’elle.

Ils sont trop loin de la ville. Il faut aussi être capable de se tourner vite si on n’a pas de site web, si on n’a pas de mécanisme pour vendre, explique-t-elle.

La ferme Aurora jouit en effet déjà d’une clientèle habituée à venir sur place pour des animations pédagogiques et dispose d’une boutique.

On a toujours des gens qui viennent. On leur demande de ne pas toucher les animaux, mais ils stationnent leur voiture et peuvent les voir de là, remarque-t-elle.

Un alpaga dans un enclot en plein air.

À la ferme Aurora, les clients aiment encore pouvoir observer les animaux lorsqu'ils viennent récupérer leur panier.

Photo : Radio-Canada / Julien Sahuquillo

Louise May ajoute que la décision de proposer des paniers est avant tout une nécessité économique pour celle qui a fait le choix de conserver tous ses employés, y compris les étudiants pour l’été.

On avait fait les embauches avant la crise, je ne voulais pas les laisser sans emploi pour l’été, explique-t-elle.

En deux semaines, la vente de paniers a atteint un pic de 30 commandes par jour. Louise May est prête à étendre ce service au maximum des capacités de son entreprise.

Des consommateurs investis

Pour certains, la décision de vendre des produits directement est venue des clients.

C’est notamment le cas pour Trevor Kristjanson qui est pêcheur à Gimli au nord de Winnipeg. Sa compagne Marie-Eve Sabourin est venue lui prêter main-forte pour mettre en place une offre de livraison de poisson.

Les gens ressentent beaucoup d’anxiété. Même moi je n’aime pas aller à l’épicerie parce qu’il faut porter un masque, les gants, s’assurer de bien tout nettoyer quand ça arrive à la maison, témoigne-t-elle.

C’est par son entourage et ses amis que les premières demandes ont commencé afin d'obtenir de la marchandise directement, mais très vite le mot s’est passé.

Une boîte remplie de poissons prêts à être livrés.

Selon Marie-Eve Sabourin, le doré fumé de son compagnon est l'un des poissons les plus demandés par la communauté.

Photo : Marie-Eve Sabourin

Moi je pensais que c'est pour être plus simple, mais vraiment il y a beaucoup de gestion, c'est beaucoup de conversation entre les gens, beaucoup de questions à répondre. Notre première expérience, on a fait trop dans une journée, puis là on essaie de limiter les commandes, juste pour que ce soit plus gérable pour nous, reconnaît Marie-Ève Sabourin.

Le couple a atteint des volumes de près de 70 commandes en une seule journée. C’est une charge de travail supplémentaire à la livraison habituelle des commerces, mais Marie-Ève Sabourin voit cela comme une façon d’aider sa communauté et de permettre à chacun de rester en sécurité chez soi.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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