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Des chefs autochtones veulent savoir où sont les cas de COVID-19 dans leurs communautés

Une personne debout sur le pont d'un traversier regarde une côte où se trouvent plusieurs maisons adossées à une forêt dense.

La communauté d'Alert Bay est située sur l'île Cormorant au nord-est de l'île de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellrichard

Radio-Canada

Certains chefs autochtones de la Colombie-Britannique affirment que de ne pas divulguer dans quelles communautés autochtones vivent les 22 personnes atteintes de la COVID-19 entrave leurs efforts pour tracer l’origine des éclosions afin de limiter les cas d'infection.

Les autorités sanitaires de la province donnent uniquement les régions où il y a des cas et des éclosions, sans donner plus de détails.

La médecin hygiéniste en chef Bonnie Henry affirme que cette discrétion a pour but d'éviter de stigmatiser les personnes infectées. Cette stigmatisation pourrait les empêcher de rapporter leurs symptômes aux autorités, dit-elle.

Manque de communication

Un manque de communication et d’informations spécifiques empêche les communautés de mettre en place les ressources médicales, sécuritaires et financières nécessaires, soutient Kim van der Woerd, professeure de à l'Université Simonm Fraser et leader dans la communauté autochtone.

Si nous n’avons pas de données de qualité sur l’emplacement des éclosions, nos communautés ne seront pas équipées avec les informations nécessaires pour assurer leur sécurité, explique-t-elle.

Plan épaule de Kim van der Woerd accotée à un mur de béton.

Kim van der Woard rappelle que des milliers d'Autochtones ont perdus la vie au cours des ans victimes de virus importés par les nouveaux arrivants.

Photo : Soumise par Kim van der Woerd

Les peuples autochtones ont survécu aux éclosions d’autres virus dans le passé, mais des centaines de milliers de membres de leurs communautés ont perdu la vie, rappelle-t-elle.

Nous avons maintenant les technologies qui permettent de recueillir et de comprendre ces données, dit-elle.

Les demandes pour les données géographiques de ceux qui souffrent de la COVID-19 sont survenues après l’annonce d’une éclosion à Alert Bay une communauté située sur l'île Cormorant près des côtes nord-est de l’île de Vancouver. Le maire de la communauté a annoncé qu’il avait été infecté par le SRAS-CoV-2, sans avoir quitté l’île depuis le début de la pandémie.

Lundi, la Dre Henry a confirmé qu’il y avait entre six et huit cas de COVID-19 à Alert Bay. Une communauté avec une population de 1500 personnes.

Mesures de confinement dans les communautés

La communauté Heiltsuk de Bella Bella a implémenté un état de confinement cette semaine qui comprend une interdiction de voyage et des directives empêchant les rassemblements de plusieurs personnes.

La chef Heiltsuk Marilyn Slett est d’accord que les autorités sanitaires devraient publier plus d’informations sur l’emplacement des personnes déclarées positives.

Je comprends tout à fait le risque de stigmatisation et que les gens ont droit au respect de leurs informations personnelles, dit-elle, mais notre communauté doit comprendre où surgissent ces cas et comment nous pouvons nous protéger.

Cependant, l’autorité de la santé pour les Premières Nations de la Colombie-Britannique reste ferme sur sa politique de non-divulgation des informations personnelles.

C’est une bonne idée pour les communautés autochtones d’implémenter leurs propres mesures pour répondre à la pandémie, croit la médecin en chef adjointe de l’autorité Shannon McDonald. Toutefois, dit-elle, les communautés n’ont pas le pouvoir d’imposer des pénalités aux personnes qui violent les consignes de confinement ou les interdictions de voyage.

De telles limites méprisent les droits autochtones, soutient la directrice du Centre de dialogue sur l’histoire des écoles résidentielles à l’Université de la Colombie-Britannique.

Le système colonial existe toujours et restreint notre capacité à répondre à cette pandémie, affirme Mary Ellen Turpel-Lafond.

Avec les informations d'Angela Sterritt

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