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Le double confinement des Atikamekw en milieu urbain au temps de la COVID-19

Un dessin d'arc-en-ciel dans une vitrine

Pisimwapi signifie « arc-en-ciel » en langue atikamekw.

Photo : courtoisie : Centre d'amitié autochtone de La Tuque

Les Atikamekw de Manawan, d'Opitciwan et de Wemotaci qui avaient décidé d’étudier ou de trouver un emploi en milieu urbain subissent un double confinement. Non seulement leurs déplacements sont limités en ville, mais leur territoire d’origine leur est inaccessible.

Eva Coon-Boivin a décidé de quitter Wemotaci il y a deux ans en raison de la pénurie de logements dans sa communauté. Elle voulait offrir un toit à sa petite famille à La Tuque. Jusqu’à tout récemment, elle visitait ses proches à Wemotaci plusieurs fois par semaine, ce qu’elle ne peut plus faire.

Une mère porte son enfant dans les bras et ils sourient.

Plus de 75 % des Autochtones qui habitent à La Tuque ont des enfants.

Photo : Courtoisie : Eva Coon-Boivin

« Le plus difficile c’est qu’on soit barrés de nos communautés, parce que nos familles sont là-bas. Déjà qu’on habitait ici et qu’on s’ennuyait de notre famille. Maintenant ça fait des longues périodes. »

— Une citation de  Eva Coon-Boivin, Atikamekw de Wemotaci

Avant la crise, Eva Coon-Boivin participait aux activités organisées par le Centre d’amitié autochtone de La Tuque. Ce milieu de vie lui permettait de rencontrer d’autres Autochtones et de se sentir plus proche de sa communauté. Cependant, le centre a dû fermer temporairement ses portes.

Mme Coon-Boivin habite dans un logement avec son conjoint et son fils. Elle tente tant bien que mal de subvenir aux besoins de sa famille malgré le fait qu’elle n’ait pas de voiture pour faire son épicerie. Elle reçoit de l’aide de ses parents et du Centre d’amitié autochtone de La Tuque.

Laurianne Petiquay, directrice du Centre d’amitié autochtone de La Tuque, est consciente que les activités offertes étaient importantes pour la population autochtone en milieu urbain. Son équipe maintient désormais un lien à distance avec sa clientèle. Le contact se fait par téléphone et par Facebook pour s’assurer que leurs besoins soient comblés.

« On travaille fort sur la sécurité alimentaire parce que c’est ce qui est le plus difficile en ce moment, c’est le problème que notre clientèle nous nomme le plus en ce moment. »

— Une citation de  Laurianne Petiquay, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque

Le soutien aux familles est également fondamental, précise Laurianne Petiquay. Elle réitère l’importance d'être présents pour les mères monoparentales et de s’assurer que les enfants ont tout ce dont ils ont besoin pour maintenir leur concentration dans leurs études. Des trousses d’aide aux devoirs ont été offertes aux familles.

Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, précise que la situation des Autochtones en milieu urbain est particulière, le provincial finance hors communauté et le fédéral finance sur communauté.

Le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish

Le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

« Nous sommes Atikamekw, peu importe notre lieu de résidence, nous sommes Atikamekw pas seulement dans les réserves, nous sommes Atikamekw partout. »

— Une citation de  Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

Pour la situation de la COVID-19, le gouvernement fédéral a annoncé un financement de 15 millions de dollars pour soutenir la population autochtone en milieu urbain. M. Awashish ne sait pas si ce sera suffisant, mais il est persuadé que certains besoins pourront être comblés.

Du soutien psychologique

Chaque communauté atikamekw a mis en place un service d’aide psychologique. Puis le Conseil de la Nation Atikamekw offre une ligne téléphonique d’aide psychosociale. Des intervenants atikamekw sont prêts à répondre aux gens qui habitent dans la communauté ou à l’extérieur qui ont des problématiques ou qui ont besoin de parler.

Plus de 80 % des Autochtones qui habitent à Trois-Rivières sont Atikamekw. À La Tuque, ce chiffre monte à 95 %.

Constant Awashish met également de l’avant la problématique de gens sans domicile fixe qui ne sont pas admissibles à retourner dans leur communauté compte tenu de la fermeture de leur territoire à tous ceux qui reviennent d’un milieu urbain. Ces personnes se retrouvent sans abri. Le Conseil de la Nation Atikamekw, avec l’aide des gouvernements, a mis en place un programme de centre d’hébergement temporaire pour ces personnes, pour le temps de la crise de la COVID-19.

À Shawinigan, l’Espace Culturel Onikam, qui a dû fermer ses portes pour une période indéterminée, développe présentement des activités de sensibilisation à la réalité des Premières Nations sur les réseaux sociaux. Karine Awashish, conseillère culturelle pour l’Espace Culturel Onikam, croit en l’importance de continuer à partager la culture autochtone pendant le confinement.

Une personne marche vers un bloc-appartements.

Selon une étude du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec, environ 70 % des ménages autochtones à Trois-Rivières et La Tuque gagnent moins de 20 000 $ annuellement.

Photo : Courtoisie : Centre d'amitié autochtone de Trois-Rivières

Paméla Dubé, intervenante en milieu de vie au Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières, s’implique depuis le début du confinement. Elle apporte du soutien moral à sa clientèle par le biais des réseaux sociaux. Par contre, elle mentionne que le contact humain avec les Autochtones qui viennent habituellement au milieu de vie lui manque beaucoup. Ce n’est pas pareil par messenger, on ne voit pas leur expression, leurs émotions, ajoute Paméla Dubé.

Pendant la crise, le problème le plus important pour les Autochtones à Trois-Rivières est la sécurité alimentaire. Paméla Dubé et ses collègues travaillent donc depuis le début de la crise pour aider les familles qui en ont le plus besoin. Elle se dit touchée de voir la reconnaissance des gens lorsqu’elle leur apporte leur panier de nourriture.

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