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Ramadan 2020 : les musulmans veulent rester généreux en respectant la distanciation

Trois hommes debout dans une salle sur le sol des paquets d'aliments.

Selon le vice-président de l’association islamique du Manitoba, Cheikh Moulaye, de nombreux fidèles qui fréquentent habituellement les lieux de cultes craignaient de faillir à leur devoir de bonté et de générosité en ce temps de ramadan.

Photo : Fournie par / Cheikh Moulaye

Des millions de musulmans du monde entament le mois du ramadan consacré à la prière, à la solidarité et à la découverte de l’autre. En cette période de pandémie de COVID-19 les communautés musulmanes multiplient les efforts pour suivre les recommandations du Coran tout en respectant les mesures de sécurité prescrites par les autorités sanitaires.

Service au volant devant les cuisine des mosquées, livraison des paniers préfinancés par les croyants et transfert d’argent aux personnes dans le besoin : les responsables des communautés musulmanes ont mis en place une série d’options pour permettre aux membres de s’entraider et de partager, comme le demande leur religion.

Selon le vice-président de l’association islamique du Manitoba, Cheikh Moulaye, de nombreux fidèles qui fréquentent habituellement les lieux de culte craignaient de faillir à leur devoir de bonté et de générosité en ce temps de ramadan.

Il souligne que, chaque année beaucoup de musulmans attendent impatiemment le mois de ramadan : « C’est le moment où ils pratiquent le plus leur foi, c’est le moment où ils passent du temps avec leur famille et leurs voisins. »

Il est fortement conseillé pendant le mois du ramadan de partager son plat avec ceux qui en ont besoin. Dans notre communauté, les gens ont besoin de donner, c’est un devoir pour plusieurs, dit-il.

En centralisant et en coordonnant le partage de dons, les leaders veulent permettre aux fidèles de respecter les recommandations du Coran tout en évitant la propagation de la COVID-19, explique M. Moulaye.

Des aliments sur une table.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Si un fidèle donne 50 $ à l’association par exemple un panier d’aliments de première nécessité est remis à une famille démunie au nom de du fidèle », dit le vice-président de l’association islamique du Manitoba.

Photo : Fournie par / Cheikh Moulaye

On prépare les repas de façon professionnelle. Il y a des restaurateurs qui le font et c’est livré sans contact, ajoute-t-il.

Ces responsables ont également organisé des formations à distance pour donner les directives à suivre aux membres de la communauté qui tiennent absolument à cuisiner eux-mêmes pour leurs proches malades ou en difficulté.

Puisque nous connaissons notre communauté [ça fait déjà] deux ou trois semaines [que] nous avons commencé à préparer les gens. Nous savons que nous avons des cultures très différentes. Nous savons qu’on accueille le ramadan avec beaucoup de festivités, dit M. Moulaye.

Nous avons dit à nos membres que, le plus important, c’est la santé d’abord. Ils doivent suivre ce que disent les spécialistes de la santé, se protéger, et protéger les autres, car pour l’islam, la vie humaine passe avant tout.

Cheikh Moulaye, vice-président de l’association islamique du Manitoba

Un des volets importants du plan d’aide des communautés est destiné à l’accompagnement des étudiants.

M. Moulaye dit que, non seulement ils doivent respecter le confinement, mais certains jeunes doivent passer ce mois loin de leur famille.

« Les programmes ont été mis en place avec les étudiants en tête, parce que, dans les années précédentes, c’était la majorité de nos clients dans nos programmes de soutien. »

Un homme musulman assis dans un studio de radio.

Cheikh Moulaye, vice-président de l'Association musulmane du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Serigne Diouf est originaire du Sénégal et étudie à l’Université de Saint-Boniface depuis environ quatre ans. Il reconnaît que le ramadan en ce temps de pandémie représente plus de défis.

Les années précédentes, M. Diouf et ses camarades se rassemblaient chaque jour à la fin du jeûne pour manger en groupe, ce qui ne sera pas possible cette année. Pour éviter la solitude, il dit qu’ils prévoient avoir des rencontres virtuelles.

À travers les réseaux sociaux, on va garder le lien et se soutenir mutuellement pour faire face aux difficultés de ce mois-ci, dit-il.

Une main d'homme se sert de la nourriture parmi plusieurs plats disposés sur une table colorée.

Plusieurs musulmans marquent la fin du ramadan en fêtant Aid el-Fitr.

Photo : Radio-Canada

Cette initiative est fortement encouragée par l’association islamique. Le vice-président rappelle d’ailleurs qu’il est possible de participer à des séances de prières à distance grâce au programme de mosquées virtuelles.

Les lieux de culte avaient déjà fermé leurs portes au grand public au début de la pandémie afin d’éviter la propagation du virus.

Le ramadan a débuté à la tombée du jour le 23 avril et prendra fin le soir du 23 mai.

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