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La COVID-19 a eu un effet brutal sur les travailleuses du sexe, dit un organisme

La silhouette d'une femme qui porte des talons hauts et qui se trouve près d'une voiture.

L'organisme Sex Workers of Winnipeg Action Coalition souligne que les travailleuses du sexe ne peuvent pas recevoir d'aide gouvernementale pendant cette crise sanitaire.

Photo : iStock

L’organisme Sex Workers of Winnipeg Action Coalition (SWWAC) a lancé une collecte de fonds pour aider les travailleuses du sexe qui sont doublement touchées par la crise de la COVID-19, n’ayant pas accès aux aides gouvernementales.

La pandémie et les restrictions d'éloignement physique ont eu un effet brutal sur les travailleuses du sexe, affirme Claudyne Chevrier, membre fondatrice de la SWWAC.

L’emploi au féminin de travailleuse du sexe est utilisé sans discrimination dans le but d’alléger le texte. Il inclut les travailleurs de genre masculin et personnes non genrées.

Dans l’industrie, une proportion importante des travailleuses ne déclarent pas leurs revenus, de peur d’être stigmatisées ou pour protéger leurs clients qui sont criminalisés par la loi, dit-elle.

Ces personnes ne peuvent donc pas prétendre aux aides gouvernementales comme la Prestation canadienne d’urgence, explique Claudyne Chevrier, qui est également étudiante au doctorat à la faculté des sciences de la santé de l’Université du Manitoba, spécialisée dans l’accès aux services sociaux et de santé des travailleuses du sexe.

S’il y a des traces écrites, ça pourrait les mettre dans des situations compliquées, ou leurs clients, qui sont leur source de revenus, dit Claudyne Chevrier.

Du jour au lendemain, beaucoup de gens se sont retrouvés sans revenu, ajoute-t-elle.

Continuer à travailler coûte que coûte

Les travailleuses du sexe qui n’ont pas d’autre source de rémunération doivent trouver des manières de poursuivre leurs activités, ce qui peut les mettre en danger, selon Claudyne Chevrier.

Certaines ont décidé d’offrir leurs services en ligne, mais cette reconversion nécessite un apprentissage, et le marché se sature rapidement. De moins en moins de gens peuvent dépenser de l’argent là-dedans, explique la porte-parole de la SWWAC.

À cause du manque de clients en raison de la pandémie, celles qui poursuivent leurs activités habituelles peuvent notamment se retrouver obligées d’accepter d’offrir certains services qu’elles n’offrent pas habituellement. Les négociations de pratiques sexuelles sans danger, comme le port d'un préservatif, peuvent également être plus difficiles, dit Claudyne Chevrier.

Dénoncer les violences des mauvais clients était déjà difficile avant la crise, soutient la porte-parole de la SWWAC, et la situation s’est exacerbée avec la pandémie.

Au Canada, la loi criminalise l’achat de services sexuels ainsi que la publicité et d’autres formes de communication en lien avec leurs ventes, tout en assurant une certaine immunité pour les travailleuses du sexe. Selon le gouvernement fédéral, cela leur garantit des conditions de travail plus sûres. Claudyne Chevrier estime pour sa part que la réalité est tout autre.

C’est difficile de porter plainte [en cas de violences] parce que cela voudrait dire parler de ses clients ou admettre que l’on fait quelque chose de partiellement criminalisé.

Claudyne Chevrier, membre fondatrice, Sex Workers of Winnipeg Action Coalition

Soutenir les organismes

La SWWAC n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme sur la situation des travailleuses du sexe pendant la crise sanitaire.

En Ontario, les organismes Maggie’s Toronto Sex Workers Action Project et Butterfly - Asian and Migrant Sex Workers Support Network se sont ralliés pour lever des fonds, accumulant plus de 70 000 $ pour soutenir les travailleuses du sexe.

Claudyne Chevrier souligne qu’il est important d'encourager ces organismes, car ils aident les membres de l'industrie du sexe à obtenir du matériel de protection, que ce soit du désinfectant pour les mains ou des préservatifs.

Les travailleuses du sexe n’ont pas d’aide gouvernementale. Alors on aimerait que quelque chose soit développé pour tout le monde. Il faut leur donner accès à quelque chose, conclut Claudyne Chevrier.

Avec les informations de Chantallya Louis

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