•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Un croissant de lune symbolique de l'Islam légèrement rouillé devant un arbre.

Les Mosquées ne peuvent plus accueillir de fidèles, mais la communauté trouve d'autres façons de se rassembler.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

Radio-Canada

Pas le droit de se rassembler ni d’aller à la Mosquée : c’est un ramadan bien particulier qui débute ce soir pour les musulmans de l’Alberta. La communauté est toutefois décidée à ne pas laisser les restrictions gâcher les célébrations.

Installé dans son jardin avec son ordinateur, l’Imam Fayaz Tilly entonne un verset familier du Coran.

Pandémie oblige, c'est ici qu'il célébrera le mois du ramadan cette année, en ligne avec les fidèles depuis son domicile de Calgary. C’est la première fois depuis 1994 qu’il ne sera pas à leurs côtés pour la prière nocturne quotidienne.

« Je ne m’attendais jamais à vivre un moment si inhabituel », reconnaît-il. « [...] Mais je sais que Dieu va accepter ce ramadan de nous tous, et qu’on en parlera aux générations futures pendant des années ».

Il explique que le ramadan, ce n’est pas seulement jeûner pendant la journée, c’est aussi manger ensemble au coucher du soleil, aider les moins fortunés et se rassembler pour prier. Fayaz Tilly refuse de laisser les circonstances briser l’esprit de la fête.

« On ne se rassemblera pas dans notre Mosquée, mais on va se rassembler d’abord spirituellement et dans nos coeurs, et ensuite virtuellement à travers Zoom, Facebook et Instagram », dit-il.

Il parle avec enthousiasme des leçons d’interprétation et des séances de lecture du Coran qu’il animera sur les réseaux sociaux.

Fayaz Tilly assis sur une terrasse, un ordinateur portable devant lui. Il lit le Coran.

Pour la première fois, l'Imam Fayaz Tilly s'adressera aux fidèles en ligne pendant le mois du ramadan.

Photo : Radio-Canada / Vincent Bonnay

« Et puis on aura une prière avant le coucher du soleil pour notre monde, pour que la pandémie se termine, et pour que tous nos frères et soeurs soient saufs et qu’ils guérissent de la COVID-19 », dit-il.

À Edmonton, Rabea Essendoubi se prépare aussi à un Ramadan bien différent de celui qu’elle espérait.

« Ça va nous faire sentir un peu tristes. C’est un mois qu’on attendait toute l’année », dit-elle.

L’idée de ne pas pouvoir se rassembler à la Mosquée, surtout, lui serre le coeur.

« La dernière prière de la journée, on appelle ça Tarawih, c’est une prière qu’on ne peut pas faire individuellement [...]. On va pouvoir le faire à la maison avec la famille, ce n’est pas comme aller à la Mosquée avec beaucoup plus de gens », dit-elle.

Avec tous les magasins fermés, elle remarque par ailleurs que c’est difficile de trouver les tenues traditionnelles du ramadan. Les épiceries, même si elles sont ouvertes, semblent manquer de certains ingrédients qu’elle utilise d’habitude pour les repas nocturnes.

« Ça fait deux jours que je cherche des grains de fenouil. Je ne les ai pas trouvés alors qu’ils sont disponibles toutes les années. Les grains de sésame [aussi], ce sont des ingrédients qu’on utilise pour les plats principaux du ramadan », dit-elle.

Malgré cela, elle voit au moins un avantage au confinement : une occasion de vivre sa foi plus pleinement et de se concentrer sur ses pratiques religieuses.

Elle souligne que, pour une fois, les célébrations religieuses nocturnes qui s’étendent parfois jusqu’à 3 h du matin ne seront pas suivies par un réveil à   h du matin.

« Les enfants n’ont pas à aller à l’école, et on n’a pas à se lever tôt pour aller au travail. Ça peut nous donner des avantages pour pratiquer nos pratiques religieuses », dit-elle.

L’Imam Fayaz Tilly, souhaite lui aussi voir les choses du bon côté.

« C’est certainement difficile », reconnaît-il. « Mais l’Islam nous enseigne qu’il n’y a pas de moment parfait. On prend un moment et on le rend parfait ».

Avec des informations de Geneviève Tardif et Vincent Bonnay

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !