•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Ville de Montréal procède à des compressions de 123 millions de dollars

Gros plan de Valérie Plante.

La mairesse Valérie Plante

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Ville de Montréal annonce des compressions de 123 millions de dollars et un gel salarial à ses employés.

La Municipalité fait face à une importante baisse de revenus en raison de la pandémie de COVID-19.

Ainsi, la Ville prévoit une perte de revenus d'au moins 93 millions de dollars, selon sa projection la plus optimiste, et d'au plus 281 millions, d'après son scénario le plus pessimiste.

Le plan de redressement que nous annonçons aujourd’hui vise à minimiser les impacts sur les services aux citoyens. Toutefois, nous devons faire une révision des projets que nous entreprendrons dans les prochaines semaines. Une pause est nécessaire pour redémarrer en fonction de la nouvelle réalité, a déclaré la mairesse Valérie Plante.

Ce n’est qu’un début, un premier pas dans la bonne direction pour assurer que les dépenses de la Ville de Montréal restent saines malgré la crise, a-t-elle poursuivi.

Le ralentissement des transactions immobilières risque de diminuer considérablement nos entrées en matière de droits de mutation, la "taxe de bienvenue", souligne Benoit Dorais, président du comité exécutif et responsable des finances.

Le choc économique prive également la Municipalité de revenus provenant des permis et des frais de stationnement.

Les dépenses liées directement à la crise, comme l’achat de matériel sanitaire et les heures supplémentaires du personnel en première ligne, s’ajoutent aux pertes de revenus.

Le plan financier que nous présentons constitue un effort significatif pour limiter les impacts de la pandémie sur les finances de la Ville de Montréal.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Dès le début de cette crise, nous avons été clairs à l’effet qu’il n’est pas question de refiler la facture aux Montréalaises et aux Montréalais, déjà éprouvés par la situation.

Resserrer les dépenses

Le plan de redressement budgétaire de la Ville vise donc à économiser 123 millions de dollars. Les services centraux retrancheront 85,7 millions de leurs dépenses au cours du présent exercice financier.

Quant aux arrondissements, ceux-ci devront soustraire 3,1 % aux dépenses qu’ils avaient inscrites à leur budget. Ces mesures doivent entraîner des économies totales de 28,7 millions de dollars.

Dans les prochaines semaines, chaque service, chaque arrondissement, va composer son propre plan complet pour expliquer comment ils vont arriver à ces économies.

Benoit Dorais, président du comité exécutif et responsable des finances

De surcroît, la Ville impose des mesures de contrôle pour freiner les dépenses, comme un gel des embauches, un gel des honoraires professionnels, un gel général des achats et le gel de 9 millions de dollars des dépenses contingentes prévues par l’administration municipale.

Néanmoins, la Ville de Montréal n’a pas indiqué quels grands projets seront retardés ou annulés en raison de la crise. Elle s’affaire actuellement à en réaliser l’analyse.

M. Dorais semble plongé dans ses pensées.

Benoit Dorais, président du comité exécutif de la Ville de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maintenir les emplois

L'administration montréalaise n'envisage pas de réductions d'emplois dans un avenir rapproché.

On a maintenu tous nos employés, tous nos auxiliaires. Il n’est pas dans notre plan en ce moment de faire en sorte que cela se traduise dans des mises à pied massives. L’ensemble des unités administratives, l’ensemble des arrondissements, va faire une planification du déconfinement; voir également les employés qui vont devoir travailler, les auxiliaires également qui seront nécessaires, affirme M. Dorais.

Cependant, puisque des activités estivales ont été annulées, forcément la Ville ne procédera pas au rappel de nombreux employés, ce qui entraînera des économies. Il en va de même du non-renouvellement de postes.

Benoit Dorais a promis de ne pas augmenter l'impôt foncier : Notre engagement de ne pas taxer les citoyens au-delà de l’inflation sera maintenu. Il n’est pas question d’aller piger davantage dans leurs poches pour combler le trou pour l’année actuelle ni non plus de diminuer les services qui leur sont offerts.

Par ailleurs, il existe un manque à gagner lié à la baisse de l’achalandage dans les transports collectifs, dont l’impact pour l’agglomération de Montréal pourrait être de 154 M$ à 244 M$, indique la Ville par voie de communiqué.

Toutes les grandes villes de la région métropolitaine vont composer avec cette crise. On s’attend à ce que nos partenaires gouvernementaux participent activement à régler la situation pour le bien de l’ensemble de la couronne montréalaise, a dit le président du comité exécutif lors de son point de presse.

« L'effet anticipé de la crise de la COVID-19 sur les finances de la Ville de Montréal pourrait donc se situer entre 258,9 M$ et 538,5 M$ lorsqu’on comptabilise à la fois les impacts sur le budget de la Ville, ainsi que les pertes de revenus anticipées de l’ARTM », conclut la Ville.

De timides coupures

Le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, Lionel Perez, se dit surpris par la timidité avec laquelle l’administration Plante a présenté son plan financier pour réduire les dépenses.

Lionel Perez dans son bureau.

Lionel Perez est chef de l’opposition officielle.

Photo : Radio-Canada

M. Perez est d’avis que l’impact de la COVID-19 risque d’être davantage de l’ordre de 500 millions de dollars, puisque Montréal est l’épicentre de l’épidémie au Québec et au Canada. Selon lui, son impact se fera sentir plus longtemps qu'ailleurs au pays.

Ainsi, il s’explique mal pourquoi la Ville n’a pris des mesures que pour contrer une perte de 123 millions de dollars, soit le quart du coût prévu de l’épidémie sur les finances de la Municipalité. Il souligne également la possibilité que la pandémie se poursuive en 2021.

Il faut prendre les mesures nécessaires, même si cela fait mal. Il ne faut pas attendre en septembre au moment de la deuxième vague pour faire des coupures.

Lionel Perez, chef de l’opposition officielle

C’est le moment de le faire. Dans six ou sept mois, on aura moins de marge de manœuvre. Il faut faire le maximum cette année pour ne pas que la situation empire financièrement, déclare-t-il.

Lionel Perez accuse la Ville de trop compter sur l’aide des autres ordres de gouvernement pour équilibrer son budget. La Ville se dirige vers un déficit. […] Il faut tout faire pour éviter un déficit, tranche-t-il.

Le leader de l’opposition demande à l’administration Plante plus de transparence en ventilant ses projections au chapitre des pertes de revenus anticipées.

De plus, il réclame qu’elle rende publiques ses orientations, ses priorités, les services jugés essentiels et les niveaux de service qu’elle souhaite maintenir.

Les cols blancs ont fourni leur part d'efforts

Le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal, qui regroupe environ 10 000 membres (cols blancs), accueille mal la demande de gel salarial de l’administration Plante.

La présidente du syndicat, Francine Bouliane, fait remarquer que les cols blancs font l’objet d’un gel salarial depuis 2018.

On est sans convention collective depuis le 31 décembre 2018. Les augmentations salariales en 2019 et en 2020, on n’en a pas eues.

Francine Bouliane, présidente du syndicat

Elle ajoute : On nous dit qu’il y aurait des rencontres virtuelles de discussions où on pourrait avoir des chiffres et des justifications.

De plus, elle affirme que l’administration municipale a décidé en date du 6 avril de cesser de rémunérer les auxiliaires qui ont une rémunération de moins de 500 $ par semaine.

Elle explique cette décision par la mise en place de la Prestation canadienne d’urgence par le gouvernement fédéral. Pour nous, cela représente beaucoup de monde. Ce sont 1725 employés auxiliaires affectés, affirme-t-elle.

Francine Bouliane estime que les cols blancs ont fourni leur part d'efforts : On considère, à l’heure actuelle, qu’on a déjà fait une bonne part du travail.

Un train de mesures depuis la crise

La mairesse a annoncé le 14 avril dernier qu'elle dévoilerait bientôt un plan de relance, qui s'échelonnera sur un horizon de 12 à 18 mois. Elle indiquait que les projets en transport collectif et habitation feraient partie des priorités de ce plan de relance.

Le lendemain, l’administration Plante annonçait que les petites et moyennes entreprises montréalaises peuvent à présent bénéficier d’un fonds d'aide de 40 millions de dollars pour se maintenir à flot en attendant la fin de la crise sanitaire.

Ce programme de prêts d'une valeur maximale de 50 000 $ doit en principe soutenir au moins 800 entreprises montréalaises si toutes les demandes obtiennent le montant maximal.

De plus, Valérie Plante annonçait le 19 mars que la Ville reportait d'un mois la date d'échéance du dernier versement d'impôt foncier de l'année.

Cette mesure avait pour but de permettre aux entreprises de souffler financièrement pendant la pandémie. Les propriétaires et les entreprises auront ainsi jusqu'au 2 juillet pour effectuer leur paiement, et non jusqu'au 1er juin.

Selon un rapport financier présenté le 15 avril dernier, la Ville de Montréal a enregistré un surplus de 251 millions de dollars l'an dernier, soit 38 millions de plus que l'année précédente. Mais c'était avant que ne survienne la crise du coronavirus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !