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Des employeurs de la santé exigent des expertises médicales malgré la crise

Un médecin remet un billet à une patiente.

Des employés du réseau de la santé continuent d'être convoqués à des expertises médicales durant la pandémie.

Photo : iStock / SARINYAPINNGAM

Des employeurs du réseau de la santé continuent d’obliger certains travailleurs victimes de lésions professionnelles à se soumettre à une expertise médicale malgré la pandémie de COVID-19. Même si le nombre d’évaluations a été « considérablement réduit », la CSN y voit une utilisation malavisée des ressources médicales dans le contexte de la crise sanitaire.

Pour déterminer si un travailleur ayant subi une lésion professionnelle (accident ou maladie) est apte à retourner au travail ou doit continuer à recevoir des prestations, l’employeur et la CNESST peuvent lui demander de se soumettre à une expertise médicale d’un médecin spécialiste.

Afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus, la CNESST a reporté l’ensemble de ses rendez-vous en expertises médicales jusqu’à nouvel ordre. Elle encourage les employeurs à faire de même en reportant les expertises non urgentes.

Le Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN) a constaté que ce mot d’ordre a été respecté chez la plupart des employeurs situés sur son territoire, mais à l’exception notable des établissements de santé.

La présidente du Conseil central, Ann Gingras, rapporte que des employés du CIUSSS de la Capitale-Nationale, du CHU de Québec-Université Laval et du CISSS de Chaudière-Appalaches, entre autres, ont été convoqués à des évaluations ou des expertises médicales.

La COVID-19 dans la grande région de Québec

« On trouve ça inconcevable »

Elle reproche à ces employeurs d’exposer inutilement leurs travailleurs à la COVID-19 en plus de mobiliser des ressources médicales qui font grandement défaut actuellement dans le réseau de la santé.

L’employeur, qui est l’établissement de santé, les amène à se promener sur le territoire pour voir d’autres médecins qui, eux, semblent très disponibles pendant cette pandémie-là, confie Mme Gingras en entrevue à Radio-Canada.

On trouve ça inconcevable qu’on puisse utiliser des ressources de cette façon-là et qu’on puisse continuer à malmener le personnel dans le réseau de la santé de cette façon.

Ann Gingras, présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

Les employeurs identifiés par la CSN reconnaissent que des suivis et des évaluations ont eu lieu depuis le début de la crise sanitaire. Ils assurent toutefois que leur nombre a considérablement diminué. Le CHU de Québec-Université Laval et le CISSS de Chaudière-Appalaches parlent d’un nombre marginal, mais sans donner d’ordre de grandeur.

Activités essentielles et prioritaires

De son côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale soutient que les directives du gouvernement et du Collège des médecins permettent le maintien des activités médicales jugées essentielles et prioritaires, ce qui peut inclure les expertises médicales.

Le Collège des médecins a statué que les évaluations et expertises médicales nécessaires pour assurer le maintien et le bon fonctionnement du système de la santé sont permises et qu’il appartient au médecin expert de déterminer si ces évaluations et expertises médicales respectent ces directives, affirme Mathieu Boivin, agent d’information aux relations médias du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Il ajoute que les expertises peuvent s’effectuer en télémédecine. Dans les cas où elles ont lieu en personne, M. Boivin précise que toutes les mesures sont mises en place pour assurer la sécurité du patient et du médecin.

Peu importe le mode d’évaluation choisi par le médecin expert [...] l’ensemble des mesures de prévention et les recommandations de la santé publique sont appliquées et dûment respectées, insiste le porte-parole.

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