•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : les absences menacent tout le réseau de la santé, dit Legault

Quelque 9500 travailleurs sont portés manquants dans les CISSS et les CIUSSS du Québec.

MM. Legault et Arruda en conférence de presse.

Les travailleurs de la santé sont de plus en plus absents, non seulement dans les CHSLD, mais dans tout le réseau public, déplorent le premier ministre Legault et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

L'insuffisance de main-d'œuvre ne se limite plus qu'aux établissements pour personnes âgées. Une rupture de services qui pourrait s'étendre à tout le système se profile à l'horizon, selon François Legault.

Déjà préoccupé par la difficulté de trouver du personnel pour œuvrer dans les CHSLD en pleine pandémie de coronavirus, le premier ministre s'est montré inquiet lors de sa conférence de presse quotidienne, jeudi, révélant que le taux d'absentéisme dans l'ensemble du réseau public de la santé avait bondi de 800 travailleurs en 24 heures.

Ainsi, ce sont 9500 employés qui doivent actuellement être remplacés dans les CISSS et les CIUSSS du Québec, a-t-il indiqué. De ce nombre, 4000 ont contracté la COVID-19. Les 5500 autres sont absents pour différentes raisons, notamment parce qu'ils craignent d'être infectés.

Un tel taux d'absentéisme, c'est énorme, a commenté le premier ministre, qualifiant la situation de très tendue dans le réseau de la santé.

Disant ne pas vouloir porter de jugement sur les personnes qui préfèrent demeurer à la maison, François Legault leur a néanmoins lancé un appel on ne peut plus clair : On a besoin de vous.

Le réseau ne peut pas fonctionner avec 9500 personnes absentes.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

En lançant cet appel, M. Legault a déclaré que le Québec possédait tout l'équipement de protection individuelle nécessaire et que des directives claires avaient été envoyées pour ne prendre aucun risque et assurer la sécurité des travailleurs.

En guise d'incitatif, son gouvernement a décidé de prolonger du 30 avril au 31 mai les primes de 4 % et 8 % accordées au personnel de première ligne.

Radio-Canada a également appris que l'Ordre des infirmières et infirmiers a conclu une entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux pour permettre à ceux qui ont obtenu leur diplôme à l'étranger ou hors du Québec de grossir les rangs du personnel soignant.

Au Québec, le réseau de la santé (public ou conventionné) compte environ 275 000 employés (cadres et soignants). Ainsi, le taux d'absentéisme oscille actuellement autour de 3,5 %.

Cela dit, la priorité du gouvernement Legault est encore de trouver du personnel pour venir prêter main-forte spécifiquement dans les CHSLD, où la situation est problématique, au point où le Conseil des malades a porté plainte à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Pour tenter de juguler la crise, le fédéral a confirmé jeudi matin qu'il allait accepter d'envoyer l'armée dans les foyers pour personnes âgées du Québec. François Legault, qui avait réclamé mercredi l'appui de 1000 militaires, a déclaré jeudi qu'il s'attendait à ce que ces troupes soient déployées au cours des prochains jours.

Devant l'étendue de la pénurie dans les CHSLD, Québec a également revu ses critères de sélection. Une formation dans une discipline de la santé n'est désormais plus nécessaire pour œuvrer dans les CHSLD, a fait savoir le premier ministre jeudi.

Interpellé pour savoir s'il allait commander la tenue d'une commission d'enquête publique sur la gestion de ces établissements et sur le sort réservé aux aînés qui y résident, M. Legault n'a pas exclu ce scénario, sans pour autant prendre un engagement spécifique à ce sujet.

Déconfiner en misant sur l'« immunité naturelle »

Pendant ce temps, le premier ministre Legault prépare son calendrier de déconfinement pour les régions du Québec, qui sera rendu public la semaine prochaine.

L'objectif de ce plan, a-t-il expliqué, est de permettre aux gens moins à risque de développer des anticorps afin de se protéger de la COVID-19, dans un contexte où il se pourrait qu'un vaccin ne soit pas disponible avant un an, voire deux ans.

Selon lui, la pire chose à faire serait de déconfiner tout le monde en même temps à l'automne, ce qui pourrait causer une vague de contamination plus grande encore que celle des dernières semaines.

L'Association des pédiatres du Québec est d'accord. Dans un communiqué transmis jeudi après-midi, elle recommande au gouvernement d'agir plus tôt que tard dans ce dossier, notamment pour aider les enfants qui proviennent de milieux moins bien nantis et qui bénéficiaient d'une aide à l'école.

Le Dr Arruda en conférence de presse.

Horacio Arruda croit qu'au mieux, 10 % des Québécois sont maintenant immunisés contre la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Présent aux côtés de M. Legault, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a estimé que la proportion d'immunisation se situe actuellement entre 5 à 10 %, en précisant qu'elle est probablement plus élevée dans la région métropolitaine et à Laval qu'elle l'est au Bas-Saint-Laurent, par exemple, où le virus n'a presque pas circulé.

Or, il faudrait idéalement atteindre une proportion allant de 60 % à 80 % pour éviter l'éclosion d'une nouvelle épidémie et assurer une certaine immunité de groupe, a-t-il observé.

Questionné sur le port du masque artisanal, le Dr Arruda a expliqué que cette mesure de protection fera l'objet d'une forte recommandation lorsque Québec présentera son plan de déconfinement, la semaine prochaine. Surtout dans les transports en commun, où il sera en pratique difficile de respecter la consigne des deux mètres de distance.

Le port du masque ne sera toutefois pas obligatoire compte tenu de son niveau d'efficacité. En termes juridiques, ce serait excessivement contestable, a-t-il expliqué.

Le bilan

Le Québec recense désormais 21 838 cas de COVID-19.

Quelque 1243 personnes en sont mortes, soit 109 de plus que mercredi.

Selon la santé publique, 97,2 % des décès ont été enregistrés chez les personnes de 60 ans et plus, même si elles ne représentent que 41,6 % des malades.

On retrouve à l'heure actuelle 1411 personnes hospitalisées, dont 207 en soins intensifs.

Le bilan présenté jeudi évoque en outre 180 833 tests effectués, 3007 Québécois en attente de leurs résultats et 4484 rétablis.

Quant au nombre d'établissements pour personnes âgées qui doivent composer avec la présence du nouveau coronavirus, il est passé de 446 à 467 depuis mercredi. En nombres absolus, il y a désormais plus de résidences privées pour aînés (158) touchées par la COVID-19 que de CHSLD (157).

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !