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Les propriétaires de cinémas farouchement opposés au projet de ciné-parcs gratuits

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Une des nouvelles salles du cinéma Le Clap.

Le reportage d'Olivier Lemieux

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Des propriétaires de salles de cinéma de la région de Québec sont en colère. Ils demandent à la Ville de Québec de reconsidérer son projet d'ouvrir, cet été, trois ciné-parcs gratuits.

Le directeur général et propriétaire du cinéma Le Clap, Robin Plamondon, rappelle qu'il a investi 13 millions de dollars dans le déménagement du cinéma de la Pyramide et l'aménagement d'un deuxième cinéma à Loretteville.

Son entreprise paie depuis 35 ans des centaines de milliers de dollars par année en taxes municipales.

Robin Plamondon dans une salle de cinéma.

Le directeur général des cinémas Le Clap, Robin Plamondon, assis dans l'un des fauteuils ajustables.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Concurrence déloyale

Robin Plamondon souligne que les pertes financières sont majeures depuis le début de la pandémie. Il affirme que le projet de la Ville équivaut à de la concurrence déloyale.

Si ce sont des lieux ouverts par la Ville avec nos taxes et qui sont dans le même secteur d'activités que nous et gratuits, on ne peut pas faire autrement que d’y voir de la concurrence déloyale, affirme-t-il.

Sylvain Gilbert, le propriétaire des cinémas Lido et des Chutes, à Lévis, est aussi contre l’ouverture de ciné-parcs gratuits, d’autant plus que l’administration Lehouillier songe à faire la même chose.

La façade extérieure du cinéma Lido

La façade du cinéma Lido

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Pertes majeures

Sylvain Gilbert estime que son entreprise enregistre des pertes financières de 500 000 $ par mois depuis le début de la crise.

Quand on va repartir, on ne va pas [être capable de] payer le loyer à 100 % comme avant. On ne partira pas à 100 %. On parle de 15 % de l'achalandage pour les 6 premiers mois à cause de la distanciation, mentionne-t-il.

Les ciné-parcs gratuits de Québec seraient en opération de la fin juin jusqu'au mois de septembre, ce qui correspond à la période la plus achalandée de l'année dans les salles de cinéma.

Même si les ciné-parcs choisissent de présenter des films moins récents, les propriétaires de cinéma sont convaincus qu’ils vont nuire à leurs activités.

Quand nous allons pouvoir rouvrir nos salles, les nouveaux films ne seront possiblement pas disponibles pour nous immédiatement. Les ciné-parcs vont peut-être diffuser des films qui vont entrer en compétition directe avec nous, affirme le propriétaire du cinéma Cartier, Yvan Fontaine.

Nous, c'est la gratuité qui va nous faire mal, ajoute Sylvain Gilbert.

D'avoir de nouveaux concurrents de ce type-là peut nécessairement que nuire à la relance de nos salles de cinéma. C'est un peu comme si on ouvrait des cafés gratuits dans tous les secteurs de la ville où il y a des bancs de parc.

Robin Plamondon, directeur général et propriétaire du cinéma Le Clap
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Jean-François Gosselin, chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Réaction de l'opposition

Le chef de l'opposition à l'hôtel de Ville de Québec estime que le projet de ciné-parcs est une bonne idée. Jean-François Gosselin voudrait toutefois que les propriétaires de salles de cinéma puissent en faire partie.

Ce sont des partenaires importants depuis plusieurs années. Ils paient leurs taxes municipales. En les impliquant, en leur permettant aussi peut-être certains revenus, ça leur permettrait peut-être de sortir de la crise un peu plus facilement, soutient-il.

Pas officiel à Lévis

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, a discuté jeudi après-midi avec Sylvain Gilbert. Il assure qu’il n’y aura pas de ciné-parc gratuit dans sa ville sans l'accord et la collaboration du propriétaire des cinémas Lido et Des Chutes.

On n'a pas de décision de prise. Les idées qui peuvent venir d'autres villes et qui semblent intéressantes, on les analyse. C'est sûr que ces éléments-là, on va les regarder, mentionne Gilles Lehouillier.

Les propriétaires de salles de cinéma auraient souhaité être consultés par l’administration Labeaume avant que le projet ne soit présenté.

Ils affirment qu’ils auraient pu y contribuer et faire en sorte d’être complémentaires, plutôt que concurrents.

La Ville de Québec n'a pas voulu commenter.

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