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Corruption dans l’industrie des dépanneuses : trois policiers d’Ottawa inculpés

Les policiers auraient fourni de l'information sur des accidents de véhicules contre une rémunération.

Montage photo montrant des portraits des trois agents.

Les agents Hussein Assaad, 44 ans, Kevin Putinski, 32 ans, et Andrew Chronopoulos, 38 ans, ont été accusés.

Photo : CBC/Facebook/Gracieuseté

Après une enquête de 10 mois, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé, jeudi, que trois policiers d’Ottawa ont été inculpés relativement à une affaire de corruption dans l’industrie des dépanneuses.

Les policiers auraient agi de concert avec des exploitants particuliers de l'industrie des dépanneuses de la région d'Ottawa et fourni de l'information sur les accidents de véhicules contre rémunération, peut-on lire dans le communiqué de la GRC.

Les agents Hussein Assaad, Kevin Putinski et Andrew Chronopoulos font face à des accusations d’abus de confiance et de commissions secrètes. L'agent Putinski devra également faire face à une accusation de fraude.

Pour sa part, l’agent Assaad a aussi été accusé d’entrave à la justice, d’avoir fourni un accès non autorisé aux bases de données policières confidentielles et de complot en vue de commettre une introduction par effraction et un vol, selon la GRC.

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Le chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly, a affirmé avoir été mis au fait de cette enquête le jour de son assermentation.

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Par courriel, le chef du Service de police d’Ottawa (SPO), Peter Sloly, a affirmé avoir été mis au fait de cette enquête le jour de son assermentation en octobre dernier. À ses yeux, cette affaire pourrait ébranler la confiance de la communauté envers ses policiers.

La confiance du public est essentielle à la capacité d'un service de police de s'acquitter de son mandat de base et le SPO devra donc [être] encore plus résolu [dans] son amélioration constante sur les plans de la culture de travail et de l'éthique professionnelle.

Ces accusations sont très graves, mais ne reflètent pas l'intégrité générale des membres du SPO et ne représentent aucunement ce que nous défendons en tant que service de police.

Peter Sloly, chef du Service de police d'Ottawa

3 résidents également accusés

Trois résidents d’Ottawa, dont un propriétaire d'une compagnie de dépannage automobile, ont aussi été accusés dans cette affaire. Jason Ishraki, un propriétaire de la compagnie Ottawa United Towing, fait face à des accusations de commissions secrètes, de fraude de moins de 5000 $ et d’avoir obtenu l'accès aux bases de données policières confidentielles.

CBC avait déjà révélé, en mars 2019, des pratiques de la compagnie Ottawa United Towing, jugées douteuses par certains clients. Une dépanneuse de la compagnie serait arrivée sur les lieux d'un accident avant même que la police n'arrive, selon une cliente.

Cette dernière a affirmé que le conducteur aurait offert d'amener son véhicule utilitaire sport (VUS) à un atelier de carrosserie, même si la loi ontarienne interdit aux entreprises de dépannage de faire de la sollicitation à moins de 100 mètres d'un accident.

Un véhicule de l'entreprise Ottawa United Towing.

Une femme accuse Ottawa United Towing de ne pas avoir répondu aux appels au sujet de son véhicule endommagé.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Par ailleurs, Veronika Ishraki est aussi accusée de commissions secrètes et Marwan Sablani fait face à un chef d'accusation de complot en vue de commettre une introduction par effraction et un vol. La GRC poursuit son enquête.

Une association demande l'imposition de licences en Ontario

Le président de l'Association des professionnels du dépannage de l'Ontario, Mark Graves, estime que cette affaire démontre une fois de plus un manque de réglementation provincial au niveau de l’industrie.

Certaines compagnies [de dépannage] n’attendent pas d’obtenir des appels de clients et préfèrent aller sur la route pour trouver de potentiels clients qu’elles pourraient intercepter, affirme-t-il. Ces entreprises mettraient parfois beaucoup de pression sur les clients, qui n’ont pas nécessairement le temps de faire un choix éclairé avant de faire remorquer leur véhicule.

Selon M. Graves, la mise en place de normes provinciale pourrait protéger à la fois les conducteurs de dépanneuses et les automobilistes, en plus d’éviter une situation comme celle mise au jour par la GRC à Ottawa. L'octroi de licences garantit que le consommateur obtient un travail de qualité et fait comprendre à tout le monde que nous sommes sur un pied d'égalité, conclut M. Graves.

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