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COVID-19 : le défi des petites entreprises en Outaouais

Un écriteau sur une porte indiquant que le commerce est fermé.

L’effet de la COVID-19 sur le commerce au détail au Canada est catastrophique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La pandémie a un impact important sur les commerces qui ont dû suspendre leurs activités. Des commerçants de la région envisagent maintenant des changements importants et permanents dans leurs opérations après le début du déconfinement attendu dans les prochaines semaines au Québec.

Ces changements sont nécessaires pour bon nombre d'entreprises en raison de l'ouverture des magasins de grandes surfaces qui vendent des biens essentiels, mais aussi des biens non essentiels que ne peuvent vendre les petites et moyennes entreprises obligées de fermer leurs portes en mars.

Selon des regroupements de gens d'affaires, comme Vision Centre-Ville Gatineau, il s'agit ni plus ni moins de concurrence déloyale de la part de ces géants.

Chez Sports Échanges Outaouais, une boutique qui vend des articles de sports neufs et usagés, on attend toujours le retour d’articles de sports d’hiver des clients habituels, ce qui est interdit en ce moment.

Le président de l’entreprise, Éric Corcoran, soutient que c’est la saison de la vente de vélos, mais que contrairement aux magasins de grande surface, il ne peut en vendre.

C’est du jamais vu, c’est un mélange d’anxiété et de peur, soutient M. Corcoran. On va se rendre compte qu’il y a du positif dans tout ça après, coup parce que ça nous force à nous réinventer actuellement, on se force à repenser nos opérations et toutes les choses qu’on effectue actuellement devraient normalement être bénéfique dans le futur dans nos façons d’opérer.

En mars, ses 30 employés ont été mis à pied de façon temporaire. Et depuis, il est en mode solution.

Contrairement à d'autres PME, il n'avait pas l'infrastructure nécessaire pour prendre des commandes en ligne. L’entreprise compte d'ailleurs lancer un service de livraison dans les prochaines semaines. 

Initiative Le Panier bleu

Au début du mois d’avril, l’initiative Le Panier bleu a été lancée par le ministre de l’Économie du Québec, Pierre Fitzgibbon. Il s’agit d’un répertoire, où on y redirige les gens vers le site des producteurs québécois pour y faire un achat. La plateforme ne permet pas d’acheter des produits directement.

Le panier bleu a plus de 11 000 commerces enregistrés, dont 205 en Outaouais.

Vers une réouverture des PME ?

Parallèlement à cela la province laisse seulement les magasins de grande surface accueillir des clients sans délimiter les sections à l’intérieur.

Le Conseil canadien du commerce de détail évalue que dans la semaine du 21 mars 2020, les détaillants canadiens ont connu des ventes de plus de 3 milliards de dollars, un record.

Les gens ont dépensé dans le commerce de détail, mais bon nombre d'entrepreneurs se demandent où cet argent a été dépensé.

Stefan Psenak, directeur général de Vision Centre-Ville de Gatineau, croit qu’il faut lancer un appel à la mobilisation.

Faut que le client qui sait qu’il va devoir acheter un vélo pour son enfant, si son premier choix c’est une entreprise bien de chez nous, une petite boutique, pignon sur rue avec un service hors pair, évidemment on leur demande d'attendre, martèle M. Psenak.

Stefan Psenak, devant une maison placardée du Vieux-Hull.

Stefan Psenak, directeur général de Vision Centre-Ville de Gatineau, croit qu’il faut lancer un appel à la mobilisation.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

L’achat local, c’est un concept qui peut charrier beaucoup de vide s’il n’ya pas une adhésion des gens, donc une sorte de fierté locale et régionale.

Stefan Psenak, directeur général de Vision Centre-Ville de Gatineau

Selon la professeure Martine Spence de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa,  aller en ligne, c’est la façon de faire et les petites entreprises doivent emboîter le pas aux plus grandes. 

D’autre part, les commerçants qui n'ont pas les moyens ou le temps de se transporter en ligne devraient continuer à garder une communication avec leur clientèle, explique Mme Spence.

Généralement ce sont des clients qui sont loyaux, qui ont des besoins spécifiques, ce sont des clients attachés à ces commerçants, et donc garder une communication constante, leur demandant comment ils vont, comment ils peuvent anticiper leurs besoins, ajoute-t-elle.

Ambiance morose?

Selon Vision Centre-Ville de Gatineau, les gens d’affaires sont optimistes. La moitié des commerces membres sont fermés, mais on anticipe peu de faillites à court terme, en particulier dans le milieu de la restauration.

Les entrepreneurs d’ici se tournent vers la Chambre de commerce de Gatineau notamment. Selon le président Pierre Samson, la chambre est exclusivement en mode accompagnement.

Pierre Samson en entrevue devant une bannière comportant le logo de l'organisme.

Pierre Samson est président de la Chambre de commerce de Gatineau.

Photo : Radio-Canada

On essaie d'aider les gens de toutes les façons qu’on peut, mais ça ne sera pas facile.

Pierre Samson, président de laChambre de commerce de Gatineau

On travaille beaucoup sur la relance, ça va être d'aider les compagnies à reprendre et se remettre sur pied et aller chercher l’aide qu’ils ont besoin pour repartir leurs affaires, conclut-il.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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