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COVID-19 : des abribus désertés utilisés pour s'injecter

Une personne s'injecte de la drogue dans un abribus.

Un homme a été aperçu dans un abribus devant l'Université de Winnipeg mardi, alors qu'il s'injectait de la drogue.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Alors que les cours sont suspendus et que l’achalandage dans les transports en commun a diminué, certains abribus désertés de Winnipeg deviennent des lieux d’injection très fréquentés par les consommateurs de drogues. 

Devant l’Université de Winnipeg, l'abribus généralement rempli d’étudiants et d'autres utilisateurs de transports en commun est beaucoup moins fréquenté. Selon Winnipeg Transit, le taux d’utilisation des autobus a baissé de 72 % depuis le début de la pandémie. 

En plein jour, au cours des dernières semaines, une femme y a été vue en train de s'injecter de la drogue et d'en injecter à une autre personne. Mardi, un homme balayait le sol devant cet abri avant d’y entrer pour s’injecter de la drogue lui aussi. 

Ces activités illégales sont peu communes dans le centre-ville de Winnipeg, mais ont augmenté dans les abribus depuis le début de la pandémie, dit Keith Bellamy, de la Winnipeg Association of Public Service Officers (WAPSO), le syndicat qui représente environ 75 superviseurs de la Winnipeg Transit. 

80 000 seringues usagées retrouvées

Rue Main, devant la salle du Centenaire, des seringues ont également été retrouvées sur le sol dans un autre lieu d’attente de la Winnipeg Transit mardi. 

Une seringue jetée par terre.

Les membres de la patrouille communautaire Bear Clan craignent que le nombre de seringues retrouvées cette année dans les rues de Winnipeg ne double par rapport à l'an dernier.

Photo : Stacey Janzer/CBC

De janvier à mars, les bénévoles de la patrouille communautaire Bear Clan ont récupéré plus de 80 000 seringues usagées à Winnipeg, alors que ce nombre était de 145 000 pour toute l’année 2019.

Le pire endroit, selon le directeur général du Bear Clan, James Favel, se situe dans la rue McMicken, entre les avenues Sargent et Ellice. Tous les soirs, la patrouille récupère de 20 à 500 seringues utilisées. 

Peu d'endroits où aller

James Favel dit qu'ils voient souvent des groupes de personnes sous l’effet de la drogue dans les abribus. C’est là où elles restent la nuit, dit-il. 

Même en face de l’hôpital de Saint-Boniface, ils sont là, avec leurs vêtements, toute leur nourriture, ils ont leur campement, ajoute James Favel.

Les centres commerciaux, les bibliothèques et les autres lieux où les personnes sans domicile ont l'habitude de se rencontrer sont fermés à cause de la pandémie, souligne James Favel.

Il n’y a pas beaucoup de ressources disponibles pour les sans-abri en ce moment. Ils se rassemblent où ils le peuvent et consomment des drogues intraveineuses dans les rues.

Il y a un parc pour enfants près d’ici, vous savez. C’est dangereux. L'Université de Winnipeg est à deux pâtés de maisons.

James Favel, cofondateur du Bear Clan

James Favel ne sait pas quelle est la solution pour régler la situation, mais soutient qu'il faut faire quelque chose dès maintenant, pendant la pandémie.

Si la situation se poursuit pendant 12 semaines de plus, on doit fournir un endroit à ces personnes pour qu’elles puissent se rassembler, laver leurs vêtements, avoir de la nourriture, des choses comme ça, dit James Favel. Un endroit chauffé pour dormir.

Selon un porte-parole de la Ville de Winnipeg, des inspecteurs de Winnipeg Transit continueront à surveiller les abribus pour assurer la sécurité du public. 

Si une personne est sous l’influence de la drogue, les inspecteurs alertent le Service d’incendie ou le Service de police.

Avec les informations de Austin Grabish

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