•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des coups de feu tirés par la GRC alors que le tueur n'était pas dans le secteur

La caserne de pompiers d'Onslow Belmont.

La caserne de pompiers d'Onslow Belmont a été la cible de coups de feu dimanche.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Selon « la police de la police » en Nouvelle-Écosse, deux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont ouvert le feu sur une caserne de pompiers dimanche dernier, mais le tireur actif recherché n'était pas dans le secteur à ce moment-là.

La caserne des pompiers d'Onslow Belmont, une ville voisine de Portapique, accueillait des résidents de Portapique qui avaient dû être évacués par les policiers après qu’un périmètre de sécurité eut été établi à proximité de leur résidence, dimanche, à cause de la présence d’un tireur en liberté.

Les gens qui se trouvaient à l’intérieur de la caserne ont craint pour leur vie, persuadés qu’il s’agissait en fait du tireur contre qui la GRC les mettait en garde. L’auteur du massacre qui a fait au moins 22 victimes en Nouvelle-Écosse était vêtu d’un uniforme de gendarme et conduisait une voiture identique à celles de la GRC.

Joy McCabe, qui habite à côté de la caserne des pompiers, dit avoir vu deux agents sortir d'une voiture de police, dimanche. Ils ont sorti leurs armes et ont commencé à tirer en direction du bâtiment, relate-t-elle.

Joy McCabe, dans le cadre d'une fenêtre.

Joy McCabe habite à côté de la caserne de pompiers d'Onslow Belmont. Elle a vu des hommes qui ressemblaient à des agents de la GRC ouvrir le feu sur le bâtiment le dimanche.

Photo : Radio-Canada / Paul Palmeter

Je me suis baissée et j'ai crié à mon mari de faire la même chose, raconte Mme McCabe, encore effrayée aujourd'hui.

Elle dit avoir entendu six coups de feu. Quand elle a levé les yeux, elle a vu un homme accroupi entre deux voitures. Peu après que les coups de feu eurent retenti, les deux hommes en uniforme de la GRC et l'homme entre les voitures ont quitté les lieux.

Les tirs ont causé des dommages considérables à la propriété et ont même mis un des camions hors service.

Pour Joy McCabe, trop de questions sont en suspens.

J'aimerais savoir qui était cette personne qui s'est cachée [entre les deux voitures], pourquoi la police tirait sur le bâtiment et pourquoi elle a commencé à tirer tout de suite, s'interroge Mme McCabe.

Je pense que si j'avais quelques réponses, ça m'aiderait à surmonter ce qui s'est passé, ajoute-t-elle.

Il n'est pas possible de voir sur la vidéo de surveillance de la caserne de pompiers qui a tiré. La vidéo montre toutefois que deux personnes ressemblant à des agents de la GRC sont entrées dans la propriété. Personne à l'intérieur de la caserne ne leur a parlé, et les hommes ne se sont pas identifiés comme appartenant à la GRC.

Le service d’incendie a décliné les demandes d’entrevue de CBC pour clarifier ces faits.

Une enquête en cours du SiRT

La GRC a quant à elle déclaré qu'elle ne fournirait aucun détail sur l'incident, car celui-ci faisait l'objet d'une enquête de l'Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse (SiRT).

Le SiRT, qui est chargé d'enquêter sur les actions de la police susceptibles d'avoir entraîné des blessures graves ou la mort, ou qui suscitent un intérêt public important, enquête également sur la mort du tireur.

Pat Curran, le directeur intérimaire du SiRT, a dit mercredi que l’enquête en cours ne permet pas encore de déterminer les intentions des agents de la GRC qui ont ouvert le feu à la caserne de pompiers d'Onslow Belmont vers 10 h 30.

À ce stade, nous ne savons pas sur quoi ils tiraient, indique-t-il.

Un des trous causés par les coups de feu sur le côté de la caserne de pompiers d'Onslow Belmont.

Un des trous causés par les coups de feu sur le côté de la caserne de pompiers d'Onslow Belmont. Certaines des balles ont même endommagé un des camions des pompiers.

Photo : Radio-Canada / Paul Palmeter

Il a ajouté que l'enquêteur principal du SiRT a interrogé des témoins et recueilli des pièces à conviction avec l'aide de la police régionale d'Halifax. Personne n'a été blessé à la caserne des pompiers.

Ce n’est pas la première fois que le travail de la GRC dans cette chasse à l’homme soulève des questions. Plus tôt cette semaine, certains se sont demandé pourquoi aucune alerte d'urgence n'avait été transmise via les téléphones portables et les téléviseurs des Néo-Écossais alors qu'une cavale meurtrière était en cours.

La GRC a expliqué en conférence de presse mercredi qu’elle a bien reçu l’offre d’utiliser le système d’alerte provincial de la part du Bureau de gestion des urgences de la Nouvelle-Écosse, et qu’une alerte était en préparation lorsque le tireur a été abattu.

Un manque d'effectifs en cause, selon un expert

Selon un expert de la police, le drame de la fin de semaine dernière a été aggravé par un manque d’effectifs et d'informations, alors que les choses évoluaient très rapidement.

Christian Leuprecht, professeur au Collège militaire royal et à l'École des études politiques de l'Université Queen's à Kingston, a rédigé un rapport en 2017 sur les problèmes de gouvernance de la GRC.

Il soutient que les petits détachements de la GRC dans les zones rurales manquent souvent de personnel, surtout le week-end.

Un portrait de Christian Leuprecht.

Christian Leuprecht, professeur au Collège militaire royal et à l'École des études politiques de l'Université Queen's à Kingston, en Ontario, est un expert en matière de gouvernance de la GRC.

Photo : Gracieuseté : Christian Leuprecht

Ils n'avaient pas beaucoup d'informations à transmettre et les personnes qu'ils avaient sous la main étaient déjà concentrées à essayer de comprendre ce qui se passait afin d’alerter le public sur ce qu'il fallait faire, croit M. Leuprecht.

Il a ajouté que pour envoyer une alerte de ce type, le commandant du détachement devait contacter l'officier des opérations criminelles à Halifax pour discuter de la manière d'alerter le public.

Christian Leuprecht suppose que les agents ont choisi Twitter comme mode de communication, comme ils le font souvent pour informer les gens sur les incidents, et qu'ils n'avaient tout simplement pas conscience de l’ampleur des événements qui étaient en train de se dérouler.

Avec les informations de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Justice et faits divers