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La confiance envers les fonds de pension publics ébranlée en Alberta

L'Assemblée législative de l'Alberta vue de l'extérieur.

Des représentants de la fonction publique s'inquiètent de la sous-performance d'AIMCo, la société d'État qui gère leurs fonds de pension.

Photo : Radio-Canada / Mirna Djukic

Radio-Canada

Le gestionnaire des fonds de pension publics en Alberta, la société AIMCo, aurait perdu 4 milliards de dollars dans un mauvais investissement, selon des sources du Globe and Mail. Un coup dur qui réveille le mécontentement qui grondait déjà à son égard dans certaines tranches de la fonction publique.

AIMCo est une société d'État qui a un portefeuille de 119 milliards de dollars. Elle gère les fonds de pension d’environ 375 000 personnes en Alberta, qui travaillaient principalement dans la fonction publique municipale, provinciale et fédérale.

Le Globe and Mail a affirmé mardi qu’elle a perdu plus de 4 milliards de dollars dans une stratégie d’investissement basée sur la volatilité. L’auteur de l'article dit avoir tiré cette information de sources qui sont au fait de la situation, mais qui ne sont pas autorisées à s’exprimer publiquement.

La publication new-yorkaise spécialisée Institutional Investor a publié la même nouvelle un peu plus tôt, mais en chiffrant la perte à 3 milliards de dollars.

Radio-Canada n’a pas confirmé ces informations de façon indépendante.

AIMCo ne souhaite pas commenter la performance de ses stratégies d’investissement toujours actives devant d’autres personnes que ses clients, selon son directeur des communications, Dénes Németh.

Dans un courriel, ce dernier précise que « le niveau de volatilité [des marchés] a grimpé plus rapidement et de façon plus constante qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire » au cours du mois de mars 2020, en raison de la COVID-19.

« AIMCo investit dans un portefeuille vaste et diversifié de stratégies et d’actifs. Jusqu’à maintenant en 2020, certains d’entre eux ont bien performé, et d’autres non. En tant qu’investisseur à long terme, AIMCo est bien positionné pour survivre aux fluctuations à court terme », écrit Dénes Németh.

Le Fonds de pension pour les forces spéciales (SFPP), un des trois principaux régimes gérés par AIMCo, a subi « des pertes importantes durant le premier trimestre de 2020 », même s’il est trop tôt pour les chiffrer, selon sa directrice, Liz Doughty.

« C’est un moment difficile pour les agents de police , qui sont plus à risque [d’attraper la COVID-19], et ceci peut être une cause supplémentaire d’inquiétude pour eux », dit-elle.

Tout comme le porte-parole d’AIMCo, elle a toutefois bon espoir que ces fluctuations se corrigent à long terme.

Inquiétudes dans la fonction publique

« C’est profondément troublant pour nous, et ça devrait l’être pour tous les Albertains», dit le président de la Fédération du travail de l’Alberta, Gil McGowan.

Il admet que tout le monde s’attend à des pertes boursières en ces temps incertains : « Mais ce qui arrive ici, c’est qu’un gestionnaire d’investissement a investi dans une stratégie controversée qui ajoute des pertes à ces pertes. »

La stratégie d’investissement basée sur la volatilité d'AIMCo n’est rentable que si le marché demeure relativement stable, selon M. McGowan.

Cette attitude le choque d’autant plus que les Fonds de pension publics de l’Alberta sont maintenant obligés de se laisser gérer par AIMCo.

Le gouvernement albertain a passé une loi en automne dernier pour leur interdire de changer de gestionnaire. Cette loi implique aussi que AIMCo prendra bientôt le contrôle de plusieurs fonds de pension publics présentement gérés indépendamment, dont celui des enseignants. Cette transition n’est cependant pas encore terminée.

Ce changement avait provoqué une onde de protestations au sein de la fonction publique et, selon le président de l’Association des enseignants de l’Alberta, Jason Schilling, les événements récents montrent pourquoi.

« Si quelque chose du genre arrivait à l'ATRF (le Conseil des fonds de pension des enseignants), les enseignants auraient une voix pour faire part de leurs inquiétudes. Avec AIMco, on n’en aura pas », dit-il.

Ce mois-ci, AIMCo a annoncé que ses investissements ont sous-performé en 2019. Les retours totaux générés au cours de l’année étaient inférieurs de 5 % à ce qui était attendu.

Avec des informations de Janet French et Kyle Bakx

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